Faculté Libre d'Astrologie de Paris (FLAP)

Le but de ce blog est lié à la création en 1975 du Mouvement Astrologique Universitaire (MAU) . Il sera donc question des passerelles entre Astrologie et Université mais aussi des tentatives de constituer des enseignements astrologiques.
Constatant les lacunes des astrologues dans le domaine des
sciences sociales (hommes et femmes, structures
nationales et supranationales etc), la FLAP assurera à ses
étudiants des connaissances de première main et les plus
récentes qui leur serviront de socle pour appréhender
l'astrologie et en repenser les contours.
L'enseignement par le biais de vidéos est notre priorité. Cela
rejoint le phénoméne actuel du MOOC pratiqué désormais
par un grand nombre d'enseignants et qui ne se limite nullement à l'enregistrement des cours mais constitue un genre spécifique.
La Faculté Libre d'Astrologie de Paris est née la même année autour de trois femmes, Catherine Aubier, Jacqueline Belluc et Marielle Clavel (Garrel) qui constituent par leurs initiales ABC. Pendant 20 ans, des dizaines d'enseignants en astrologie se sont succédé, surfant sur une période de forte demande. Malheureusement, ces enseignements n'ont pas fait l'objet d'enregistrement. Nous accueillons dans ce blog divers enseignants comme on le faisait dans la tradition de la FLAP, de tous horizons, comme Didier Geslain, Jacky Alaïz, Daniel Cobbi, qui nous ont autorisé à filmer leurs interventions. Nous y a ajoutons, à titre de cours magistraux les exposés données à Bordeaux, depuis 2008, dans le cadre de l'Atelier d'Astrologique d'Aquitaine dirigé par Josette Bétaiolle. Nous accueillons également divers cours d'astrologie à l'instar de la chaîne astrologique Valérie d'Armandy sur You Tube
NB Les vidéos antérieures à 2013 ne sont plus en ligne sur ce blog. Elles ont été transférées sur la chaîne Jacques Halbronn YOU TUBE ou sur les Archives Vidéo de Teleprovidence


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mercredi 11 octobre 2017

Loui-Jean Calvet Langue maternelle et matières scientifiques

Langue maternelle et matières scientifiques

Louis-Jean CALVET
Dans l’hebdomadaire Télérama (n°3148, 15-21 mai 2010), nous suivons le linguiste Louis-Jean Calvet dans la médina de Dakar, son « labo ». Rencontre passionnante au cours de laquelle on apprend que la langue officielle du Sénégal a beau être le français, 20% seulement des Sénégalais la parlent correctement. Troublant quand on sait que le français a fait son entrée sur le continent africain par le Sénégal. Dakar, rappelle Télérama, a longtemps été, après Saint-Louis, la capitale de l’AOF, l’Afrique occidentale française. Et Léopold Sédar Senghor – poète, grammairien et père de l’indépendance – lui a donné ses lettres de noblesse en terre africaine.
En réalité, la langue « véhiculaire » est le wolof, pas le français. Quatre-vingt dix pour cent des Sénégalais le parlent, même si seulement 40 à 50% d’entre eux se réclament de cette ethnie. Depuis une vingtaine d’années, il se propage à toute vitesse, dans la rue, à la radio et jusque dans les salles de classe. Une révolution! Car le wolof n’avait pas droit de cité dans les cours de récréation il y a seulement trente ans.
Bref, résume Télérama, le français est la langue officielle du Sénégal, mais 99% des enfants ne le parlent pas à la maison. L’enseignement est dispensé en français, mais les instituteurs n’ont pas le niveau. Et le wolof gagne du terrain tous les jours. D’où la « relative insécurité culturelle » (dixit le professeur Alioune Ndao, ancien  élève de Louis-Jean Calvet) dans laquelle vivent les Sénégalais.
Position de Louis-Jean Calvet face à cette situation: « Il vaut beaucoup mieux commencer par alphabétiser dans la langue maternelle. Et passer au français ensuite. Nous avons tenté l’expérience au Mali, avec des écoliers du primaire divisés en deux groupes. Le premier recevait dès son entrée à l’école un enseignement général dans notre langue. Pour le second, on démarrait dans la langue maternelle – en l’occurrence le bambara – et on introduisait le français progressivement. En fin de primaire, ceux qui avaient deux ans de français en moins étaient meilleurs dans toutes les matières. » Y compris… en français.
A rapprocher de cette expérience les propos de Mary Teuw Niane, professeur de mathématiques à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, Sénégal ( Afrique et Europe: néocolonialisme ou partenariat? Actes du colloque de la Fondation Gabriel Péri, janvier 2008): « C’est dans sa langue maternelle que l’on apprend le mieux les matières scientifiques. Il importe donc de développer l’enseignement des différentes disciplines dans nos langues nationales. Cependant, un écueil de taille reste à franchir: les transpositions de raisonnement dans les langues vernaculaires risquent d’être préjudiciables au développement de la science. Si la science est universelle, chaque peuple l’assimile avec son génie propre. La numération dans les langues nationales en est un exemple éloquent. »
C’est un fait: la question des langues et de leur place respective dans la société est au coeur des débats depuis la période coloniale. Or, rappelle Musanji Ngalasso-Mwatha, professeur de sociolinguistique et de linguistique africaine à l’université Michel de Montaigne-Bordeaux 3 (50 ans après, quelle indépendance pour l’Afrique?, Editions Philippe Rey, p.391 et 398), « les politiques linguistiques conduites par les Etats africains indépendants, toutes en faveur des langues européennes, se situent dans le prolongement direct des politiques coloniales. Mais elles sont revêtues d’un énorme manteau d’obscurité (…) Pour qu’une langue puisse servir au mieux le développement, il faut qu’elle soit elle-même développée: le développement par les langues suppose donc le développement des langues.« 
B.RUELLE
Vidéo: Extraits du discours du Professeur Cheikh Anta Diop, directeur du Laboratoire de l’IFAN de Dakar, lors de la séance de clôture à la Sorbonne de la 2ème Conférence internationale pour l’identité culturelle (Paris, 22 mai 1982) présidée par Dominique Gallet, secrétaire général de l’Institut France Tiers-Monde (directrice: Mona Makki).

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