Site de l'Association La Vie Astrologique (ex Mouvement Astrologique Universitaire). 8, rue de la Providence. 75013 Paris/ Une approche historico-critique de la littérature astrologique.
Faculté Libre d'Astrologie de Paris (FLAP)
Le but de ce blog est lié à la création en 1975 du Mouvement Astrologique Universitaire (MAU) . Il sera donc question des passerelles entre Astrologie et Université mais aussi des tentatives de constituer des enseignements astrologiques.
Constatant les lacunes des astrologues dans le domaine des
sciences sociales (hommes et femmes, structures
nationales et supranationales etc), la FLAP assurera à ses
étudiants des connaissances de première main et les plus
récentes qui leur serviront de socle pour appréhender
l'astrologie et en repenser les contours.
.
Soutenez nous en achetant à notre librairie en ligne sur priceminister/Rakuten VULCAINJH.
Constatant les lacunes des astrologues dans le domaine des
sciences sociales (hommes et femmes, structures
nationales et supranationales etc), la FLAP assurera à ses
étudiants des connaissances de première main et les plus
récentes qui leur serviront de socle pour appréhender
l'astrologie et en repenser les contours.
.
Soutenez nous en achetant à notre librairie en ligne sur priceminister/Rakuten VULCAINJH.
06 60 75 52 48 teleprovidence@yahoo.fr
samedi 4 décembre 2021
jeudi 2 décembre 2021
jacques halbronn Le mirage des connexions interstructurelles en Astrologie. Le piége du structuralisme
Jacques Halbronn Le mirage des connexions interstructurelles en Astrologie. le piége du structuralisme.
On nous parle de périodes s'étendant sur des siècles (889-1189-1489-1789)chez Albumasar ou Pierre d'Ailly voire sur deux millénaires avec Charles François Dupuis ou Paul Le Cour: grandes conjonctions de Jupiter et Saturne ou mouvement du point vernal à travers les constellations. Toute a question est de savoir sur des périodes aussi longues font sens au regard d'une anthropocosmologie . Avec Albumsar, il y a plus de 1000 ans de cela, on aura multiplié par 12 les 20 ans qui séparent une conjonction de Jupiter et de Saturne de la suivante, ce qui donne 240 ans que l'on va encore multiplier par 4, ce qui donne la maxima conjunction de 960 ans ou encore, l'on va nous parler d'écarts de 300 ans en 300 ans (cf supra) nous conduisant jusqu'en 1789! Est-ce bien raisonnable? On peut en douter. Et quid de ces planétes dont la révolution sidérale est près de 3 fois celle de Saturne pour Uranus, et de 6 fois celle de Saturne pour Neptune et tout à l'avenant? Astrologie surdimensionnée dans laquelle certains chercheurs en astrologie se complaisent. Tout cela interpelle la question de la R. A. (Recherche Astrologique). Pour notre part, nous sommes en faveur d'une astrologie plus sociologique qu'historique et qui n'a pas besoin de la longue durée pour exister. C'est pourquoi nous sommes un paritisan du cycle de 15 ans qui nous semble tout à fait approprié pour appréhender le fonctionnement des sociétés, quitte à proner un demi-cycle de Saturne et non comme Pierre d'Ailly et d'autres, dix cycles de Saturne, soit 300 ans.
Quand nous observons le systéme d'Albumasar, nous dirons que son principal défaut est de s'articuler sur les triplicités (les 4 Eléments, Feu, terre, air, eau) et non sur les quadruplicités (cardinaux, fixes, mutables). Or, si les quadruplicités correspondent aux axes équinoxiaux et solsiciaux, qui sont des données scientifiques, en revanche, la répartition des signes entre les Quatre Eléments n'a aucun fondement cosmographiques, sinon géométrique (le triangle). On nous rétorquera que les conjonctions de Jupiter et de Saturne mettent en évidence le cycles des Eléments. Mais il s'agit là d'"une tentative de conférer un cadre à ces conjonctions tout comme d'aucuns ont cru bon de relier les périodes de 300 ans aux grandes conjonctions Jupiter-Saturne, dans un souci de connexion entre les différentes structures connues en astrologie et/ou en astronomie. On notera aussi que la mode des 12 planétes (avec deux transplutonniennes) se fondait sur le fait qu'il y avait 12 signes/constellations, eux mêmes liés aux 12 conjonctions soli-lunaires. D'aucuns ont préconisé les conjonctions entre planétes mais dans ce cas, il n'y a plus assez d'interstructuralité: c'est ce qui s'est passé avec André Barbault tant avec le traitement du cycle Saturne-Neptune qu'avec l'indice cyclique qui ne comporte même pas de périodes égales et ne tient pas compte des axes équinoxiaux et solsticiaux comme vecteur de structuration. On passe d'une extreme à l'autre, de Charybde en Scylla!
Selon nous, l'astrologie n'a pas vocation à structurer l'Histoire de l'Humanité comme le prétendent les ères précessionnelles de 2160 ans ou les conjonctions selon Albumasar. Dans ces deux cas, l'Histoire des Religions est censée valider de tels dispositifs. On spécule alors sur les changements de religion. Jean Bodin, dans sa République, s'interrogeait à la fin du XVIe siècle sur la possibilité pour les astres de rendre compte de la mutation des royaumes.(cf aussi Richard Roussat, en 1550). Nous pensons que le Droit Constitutionnel nous fournit une bonne échelle de temps même si celle-ci ne s'appuie pas - ce qui n'est pas son moindre défaut- sur des données astronomiques en dehors du cadre annuel Le double septennat nous semble la bonne mesure, ce qui renvoie aux sept années de vaches grasses et aux sept années de vaches maigres (Livre de l'Exode)
JHB 02 12 21
Jacques Halbronn La dérive des astrologues vers Pierre d'Ailly et Nostradamus: Denis Labouré, Patrice Guinard et Yves Lenoble
La dérive des astrologues vers Pierre d’Ailly et Nostradamus: Denis Labouré, Yves Lenoble, Patrice Guinard par Jacques Halbronn
On s’efforcera ici de comprendre ce qui aura conduit certains chercheurs en astrologie à se référer à des oeuvres assez hybrides telles que celles associées à Pierre d’Ailly (XVe siècle) et à Nostradamus(XVIe siècle) Nous sommes d’autant plus à traiter de ce phénoméne que nos travaux universitaires (thèse d’Etat 1999 et post-doctorat, 2007) traitent du prophétisme alors que notre première thèse (1979) parut (en 1985) sous le titre « Le monde juif et l’astrologie »‘. Comment comprendre, interpréter un tel glissement?
Denis Labouré a publié récemment « Astrologie a Religion au Moyen Age » tout en s’y consacrant essebntiellement au cardinal Pierre d’Ailly comme indiqué sur la 4e de couvertur e qui ne mentionne que ce seul « rédigea au XIIIe siècle » alors qu’il appartient à la fin du XIVe siècle et au début du XVe! (1351-1420), ses textes principaux datant du XVe siècle et notamment ceux qui traitent de la fameuse année 1789 et qui datent de 1414!
Or l’astrologie de Pierre d’ailly n’est pas du meilleur aloi en ce qu’elle combine allégrement données astronomiques et computations numériques habillées allégrement d’astronomie. En effet, la série 889-1189-1489-1789 ne comporte aucun support astronomique valable car le fait d’observer que les 300 ans qui séparent ces différentes dates renverrait à Saturne est « tiré par les cheveux », si ce n’est que cela témoigne sociologiquement d’un certain intérêt pour cet astre dans la tradition astrologique avec ses environ 30 ans de cyclicité. C’est un peu prendre des vessies pour des lanternes. Yves Lenoble - pas trop regardant – met pour sa part en avant la « réussite » prévisionnelle de Pierre D’Ailly à mettre au crédit de l’Astrologie. » L’astrologie s’est en effet toujours voulu annonciatrice des grands événements de l’Histoire. Ainsi, le cardinal d’Ailly et Nostradamus avaient prévu très longtemps à l’avance la révolution de 1789. Et d’ores et déjà, les prochains rendez-vous planétaires du XXIè siècle sont annoncés » (Le Voyage etc) On instrumentalise donc Ailly au service de la cause astrologique. Il eut convenu, plus prudemment, de saluer la tentative assez vaine de la part du cardinal en faveur de l’astrologie, ce qui lui permettait de reporter les échéances prophétiques vers un futur lointain, en ces temps agités du début du XVe siècle. Au XVIe siècle, ces spéculations se retrouveront chez Richard Roussat mais aussi dans la pseudo épitre de Nostradamus adressée au Roi de France Valois Henri II , datée de 1558. »icelle année sera faicte plus grande persécution de l »église chrestienne que n’a esté faicte en Afrique & durera cette cy iusques l’an mil sept cens nonante deux que l’on cuydera estre renovation de siecle Après commencera le peuple Romain de se redresser & déchasser quelques obscures ténébres recevant quelque peu de leur pristine clarté non sans grande division et continuel changement »
Or selon nous, ce texte qui ouvre le second volet des Centuries est en phase avec l’inspiration réformée des trois dernières centuries, où l’on annonce la victoire contre les Lorrains, c’est à dire la maison de Guise, au coeur du camp ligueur. Autrement dit, il s’agit de l’annonce d’une victoire de l’Eglise Chrétienne, ce qui désigne ici les Protestants, les Catholiques devant à terme se « redresser » et renoncer à leurs errances. Patrice Guinard aura beaucoup investi, dans les 20 dernières années de sa vie, sur Nostradamus mais ce ne fut pas spécialement sur la partie proprement astrologique de l’oeuvre authéntique de cet auteur mais bien autour des Centuries dont le contenu astrologique se limite aux textes en prose -dédiés à César et à Henri II, pour l’essentiel; outre le fait que la mention de 1792, on l’a montré plus haut, ne comporte qu’artificiellement un contenu proprement astrologique. Mais qu’était allé faire le fondateur du CURA dans cette galère, comme si une fois soutenue sa thèse de doctorat sur l’astrologie, en 1993, il avait voulu passer à autre chose, ce qui peut se comprendre, d’un point de vue cyclique? Voilà donc Yves Lenoble se référant-on l’ a vu- à Pierre d’Ailly et à Nostradamus pour des textes qui n’ont d’astrologique que le nom..Notons que Lenoble s’est lui aussi beaucoup intéressé à Nostradamus, comme l’atteste en novembre 2004, sa participation active à la session Nostradamus que nous avions organisée et filmée. De même Guinard, en décembre 2000 avait il débattu sur le sujet lors d’un colloque co organisé MAU-CURA (également filmé).. On est donc là dans les marges de l’astrologie, de l’instrumentalisation de celle-ci à des fins politiques. Demandons-nous donc, à présent, quelles ont pu être les causes d’un tel glissement vers des formes douteuses de la production » astrologique » au cours des dernières décennies.
On notera que Lenoble et Guinard, nés à 10 ans d’intervalle (1947 et 1957), ont en commun d’avoir été marqués dans leur formation par l’enseignement de Jean-Pierre Nicola ‘(né en 1929) et de nous avoir fréquenté l’un et l’autre, l’un dans les années 70, l’autre dans les années 80 et au delà. Pourtant Guinard avait trouvé quelque intérêt dans l’Histoire de l’astrologie à la fin du XVIIe siècle, (et notamment de l’oeuvre d’Eustache Le Noble, 1697) du fait de la fréquentation assidue de notre Bibliotheca Astrologica, ce qui fut d’ailleurs aussi le cas de Denis Labouré, d’où la publication, chez Pardés, du traité d’astrologie horaire de Claude Dariot, contemporaine de Nostradamus, en 1990. A vrai dire, nous nous souvenons assez mal de ce qui a pu entrainer Patrice Guinard dans le champ nostradamique mais nous tendons à penser que ce fut peu ou prou à notre exemple. Il est vrai que l’HIstoire de l’astrologie a pu sembler moins excitante pour l’esprit que celle du prophétisme et singulièrement du personnage de Michel de Nostredame.(1503-1566) et Guinard ne se sera d’ailleurs pas privé de se lancer dans l’interprétation de certains quatrains centuriques, et dans une démarche hagiographique que nous avons pour notre part, entendu démystifier, ce qui nous aura souvent opposés, notre approche étant sensiblement plus critique. Cela nous fait penser à ces étudiants en médecine trouvant la matière par trop aride et obliquant vers la psychiatrie, voire vers la psychanalyse. Il est possible également que le débat autour de Nostradamus entre spécialistes avait une autre tenue que celui entre astrologues. Guinard a pu penser qu’il saurait mieux faire la preuve de ses talents parmi les uns que parmi les autres mais il dut se heurter à nos propres positions qui ne l auront pas toujours épargné et l’on est en droit de penser que cela aura pu le miner. Le probléme de Guinard aura tenu au fait qu’il se focalisait exclusivement sur le dossier Nostradamus et qu’il n’abordait pas le champ du prophétisme dont le dit dossier n’était qu’une manifestation parmi d’autres, trop centré sur la période d’activité de Nostradamus dans le temps comme dans l’espace, ce qui l’empecha probablement d’opérer certains recoupements intertextuels et de faire la part de l’imposture et de l’antidatation qui sont au coeur de tout le corpus prophétique et astrologique.
Pour en revenir à Yves Lenoble, lequel place André Barbault au même niveau que Nostradamus !
»Il y a trente ans André Barbault annonçait une pandémie mondiale pour 2020 après avoir prédit, entre autres, dès 1955 la chute de l’Empire soviétique en 1989! L’astrologie s’est en effet toujours voulu annonciatrice des grands événements de l’Histoire. Ainsi, le cardinal d’Ailly et Nostradamus avaient prévu très longtemps à l’avance la révolution de 1789. Et d’ores et déjà, les prochains rendez-vous planétaires du XIè siècle sont annoncés » (Le Voyage etc). Etrange erreur que de situer le texte de Barbault sur la pandémie « 30 ans en arrière alors qu’il parut en 2011: Mais que dire de l’annonce de la « chute de l’empire soviétique » mis sur le même pied que celle de la Révolution Française de 1789? Dans les deux cas, il y a abus: Barbault aura point certes 1989 mais aucunement dans le sens que décrit Lenoble. Tout prouve au contraire que Barbault voyait -du moins jusque ans le cours des années soixante, en 1989 la victoire finale de l’URSS. Quant à 1789, le contexte de l ‘EPitre à Henri II ne permet nullement d’affirmer que ce qui était annoncé aura en quoi que ce soit correspondu aux événements de la fin du XVIIIe siècle, comme nous l’avons montré plus haut. Saluons tout de même ce paralléle mis en exergue entre 1789 et 1989.
.
JHB 02 12 21
Libellés :
Denis Labouré,
Jacques Halbronn,
Patrice Guinard,
Yves Lenoble
Jacques Halbronn La pseudo astrologie saturnienne de Pierre d'Ailly
Jacques Halbronn La pseudo astrologie saturnienne de Pierre d'Ailly
On évoque volontiers la prédiction de Pierre D'ailly pour 1789, il s'agit en fait d'une extrapolation sur la base de dix révolutions de Saturne, qui va de 889 à 1189 puis à 1489, puis à 1789. Le fait d'avoir privilégié la cyclicité saturnienne montre toute l'importance qu'il convient d'accorder à cette planéte (cf notre Astrologie selon Saturne 1994 et l'Astrologie EQSOLS). On est là à la croisée entre astrologie et numérologie, au sens premier qui n' a pas de rapport avec ce qu'on entend de nos jours par ce terme. Une question se pose : quel est le point de départ d'une telle série et sur quelles bases ce point de départ est-il déterminé? Le lien entre cette série et la théorie des grandes conjonctions Jupiter-Saturne ne nous semble pas du tout évident. Selon notre astrologie saturnienne, le cycle de Saturne est structuré par ses conjonctions avec les axes équinoxiaux et solsticiaux et non par ses rapports avec d'autres planétes.
On trouve un écho à ce systéme dans la pseudo Epitre à Henri II, placée en tête du second volet des Centuries de Nostradamus, qui reprend l'intitulé de Pierre d'Ailly"sur les persécutions de l'Eglise Chrétienne (pour 1792)
Georges Dumézil:
"La date de 1792 se trouve dans l'Epître à Henri II, pourtant rédigée à Salon-de-Provence le 27 Juin 1558, où il est dit qu'il " sera faicte plus grande persécution à l'Eglise Chrestienne que n'a esté faicte en Afrique, et durera ceste-icy iusques à l'an mil sept cens nonante deux (...) "
En fait, selon nous, la venue de l'Antéchrist, selon les écrits de Nostradamus au début des années 1560- notamment ceux adressés au Pape Pie IV, fixaient la fin de cette décennie pour un tel avénement.
Que trouve-t-on chez Richard Roussat ( Livre de l'Estat et Mutation des Temps, Lyon, 1550), repris par Antoine du Pavillon dans ses "Prophéties" datées de 1556? A la quatriéme et dernière partie (pp. 155 er seq) on lit un exposé assez hybride se référant à Albumasar:
1"dix révolutions saturnales (..) enviro troys cens ans
2 "Aries, Cancer, Libra ou Capricorne
3 "Et la raison pourquoy environ ces dix révolutions saturnales se font diverses (...) mutations (...) c'est que lors, ou environ, se fait une tres grande conjonction des supérieures planètes"
A entendre Roussat recourant à une terminologie empruntée à Ibn Ezra dans son Liber Rationum, tous les 300 ans, on trouverait une "très grande conjonction"de Jupiter et de Saturne/.
Comme le note Juste David (cf notre bibliographie), Pierre d'Ailly aura cherché à mettre en corrélation le cycle de 300 ans qu'il associé de Saturne (de 30 ans environ) avec celui du cycle Jupiter-Saturne qui est de 240 ans. Auger Ferrier polémiquera avec Jean Bodin sur la durée de ce cycle (cf notre étude sur Ferrier, bibliographie). En fait, cette mise en avant d'un cycle de 300 ans est le seul résultat d'une observation empirique que Pierre d'Ailly associe au cycle de Saturne quant à sa durée. Mais le fait de mettre en avant dix révolutions de Saturne ne saurait constituer une donnée astronomique viable, dès lors qu'elle n'est pas associée au passage de Saturne sur les Signes cardinaux,(ou mobiles) dont parle Roussat (cf supra), à savoir le bélier, le cancer, la balance et le capricorne que cette planéte traverse successivement tous les 7 ans. Comme le note Labouré (p. 302, cf bibliographie), "au cours de la période de ces dix révolutions, il y a toujours au moins une conjonction majeure de Saturne et de Jupiter de 240 ans"
Selon nous on est là en plein dans la "cuisine'astrologique, consistant à tenter de mettre en corrélation des observations numériques, des intervalles de 300 ans entre certains événéments marquants et des observations astronomiques, à savoir le cycle des conjonctions Jupiter-Saturne. Mais au bout du compte, ce qui reste, ce sont les 300 Ans, quelle que soit la corrélation astronomique proposée, celle des conjonctions Jupiter Saturne et celle encore plus problématique de 10 révolutions de Saturne, sans aucune précision de repére fixe au niveau zodiacal dès lors que l'on ne se référe pas explicitement aux 4 signes "mobiles" liés aux axes équinoxiaux et solsticiaux. Autrement dit, 1789 est obtenu selon des observations qui n'ont aucun caractère proprement astronomique, jusqu'à preuve du contraire. En tant que spécialiste de la cyclologie saturnienne, nous ne pouvons que constater l'importance accordée au cycle de Saturne comme unité de mesure astrologico-astronomique mais faute de relier la série 889- 1189-1489 etc à un repére zodiacal valable, nous ne voyons là qu'une instrumentalisation pour les besoins de la cause du cycle de Saturne , d'autant que le multiplicateur 10 n'est guère pertinent, astrologiquement ou astronomiquement, en comparaison du multiplicateur 4 ou 12. On ne saurait donc, comme le propose Yves Lenoble, mettre la date de 1789 sur le compte de l'astrologie mais bien sur celui d'une numérologie laquelle n'a pas besoin d'un repére astronomique. Lenoble (Le grand voyage en soi et dans l'avenir) :
" L'astrologie s'est en effet toujours voulu annonciatrice des grands événements de l'Histoire. Ainsi, le cardinal d'Ailly et Nostradamus avaient prévu très longtemps à l'avance la révolution de 1789."
JHB 02 12 21
Bibliographie
Jacques Halbronn La traduction anglaise des "Jugements astronomiques sur les nativitez" d'Auger Ferrier", Mémoire de DEA, Departement Anglais, Université Lille ... 1981
Jacques Halbronn "Pierre d’Ailly : des conjonctions planétaires à l’antéchrist Société Historique de Compiégne, Bulletin n°B33), 1993, page(s) 49 à 77
Jacques Halbronn “Exégèse prophétique de la Révolution française”, Politica Hermetica, 1994.
Des obstacles épistémologiques en Astrologie Mondiale
par Jacques Halbronn site RAMKAT Encyclopaedia Hermetica 2004
Un ouvrage inédit de Pierre d'Ailly, le De Persecutionibus ecclesiæ
bookwiki Aiilly et Epitre à Henri II
sem-linkNoël Valois
Bibliothèque de l'École des chartes Année 1904 65 pp. 557-574
Astrologie et religion au Moyen Age
https://books.google.fr › books
Denis Labouré · 2019 · Astrologie & Religion au Moyen Age.
La séquence des dix révolutions de Saturne rythme l'exposé. ... Pierre d'Ailly ajoute un bloc de 300 ans. ... 300 ans. Nous parvenons en 1789. Saturne a ...
L’Astrologie: le grand voyage en soi et dans l’avenir
https://books.google.fr › books
Yves Lenoble · 2020 · Body, Mind & Spirit
événements ont eu lieu tous les 300 ans, les derniers en date étant en 889 et 1189. Il en conclut qu'il en sera de même en 1489 et surtout en 1789.
cf Richard Roussat. Le Livre de l'Estat et Mutation. Postface: J. P. Brach; Rééd. Gutenberg, 1981
Smoller (Laura Ackerman). History, Prophecy, and the Stars. The Christian Astrology of Pierre d'Ailly, 1350-1420. Compte-rendu par sem-linkJuste David, in
Revue belge de Philologie et d'Histoire, 1996 74-2 pp. 499-506
Inscription à :
Articles (Atom)