Site de l'Association La Vie Astrologique (ex Mouvement Astrologique Universitaire). 8, rue de la Providence. 75013 Paris/ Une approche historico-critique de la littérature astrologique.
Faculté Libre d'Astrologie de Paris (FLAP)
Le but de ce blog est lié à la création en 1975 du Mouvement Astrologique Universitaire (MAU) . Il sera donc question des passerelles entre Astrologie et Université mais aussi des tentatives de constituer des enseignements astrologiques.
Constatant les lacunes des astrologues dans le domaine des
sciences sociales (hommes et femmes, structures
nationales et supranationales etc), la FLAP assurera à ses
étudiants des connaissances de première main et les plus
récentes qui leur serviront de socle pour appréhender
l'astrologie et en repenser les contours.
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samedi 26 octobre 2024
Jacques Halbronn Epistémologie Théologie et Science chez Descartes
jacques halbronn Epistémologie. Théologie et Science chez Descartes
La Science est conditionnée par la Création divine, ce qui pose la question dite du" Dessein intelligent" derrière la Nature, thème que l'on retrouve chez Spinoza. Cela conduit Descartes à considérer qu'il y a de la logique en toute chose, ce en quoi il faut croire, ce qui sous tend le "Cogito" qui veut que rien n'ait lieu par hasard, sans raison. Cela nous fait penser à Leibniz, rendu par Voltaire (Candide) « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. » (Pangloss).
Discours de la Méthode
" Toutes nos idées ou notions doivent avoir quelque fondement de vérité car il ne serait pas possible que Dieu qui est tout parfait et tout véritable, les eut mis en nous sans cela"
Nous dirons que son épistémologie est indissociable de sa théologie. Mais Descartes ne fait pas, comme nous le faisons, de distinguo entre Nature et Surnature. Or, selon nous, une telle confusion va conduire Descartes à attribuer à la Nature ce qui reléve de la SurNature. Cette cohérence parfaite que Descartes veut décrire n'est pas première mais seconde (méta, post) Il y a là une facheuse ambiguité dès lors que l'on n'entreprend d'opérer une telle distinction dans le temps comme dans l'espace, projetant sur la Nature ce qui est de l'ordre de la Sur Nature, laquelle vient s'y super-poser. Ce que nous "pensons" n'est pas ce qui est Nature mais bien ce qui est SurNature, dont l'homme est l'émanation (cf la création d'Adam, Genése I)
Pourtant Descartes n'est pas étranger à l'idée de "réduction"; de passage d'une infinité de données à un nombre limité de types, de maximes.
Troisième Partie: 'je me formai une morale par provision qui ne consistait qu'en trois ou quatre maximes"
Sur le web
"Descartes explique qu'il faut commencer par réduire la difficulté en décomposant une question compliquée en des questions plus simples"
En fait, le passage de l'Infini au fini est celui de la Nature à la SurNature. On retombe sur la question de l'Astrologie que Descartes entend exclure de ses réflexions alors qu'il s'agit là du coeur même de la SurNature et du Surhomme. On en revient au premier verset du Pentateuque Dieu créa le Ciel et la Terre, mais cela signifie une "intervention" et non une création ex nihilo, un reformatage. Dans une lettre à Elisabeth de janvier 1646, Descartes déclare:" Avant qu'il nous ait envoyé en ce monde, Dieu a su exactement quelles seraient les inclinaisons de notre volonté, c'est lui-même qui les a mises à nous, c'est lui aussi qui a disposé toutes les autres choses qui sont hors de nous pour faire que tels ou tels objets se présentassent à nos sens à tel ou tel temps, à l'occasion desquels il a su que notre libre arbitre nous déterminerait à telle ou telle choses" En fait Descartes fait de l'astrologie sans le savoir, ce qui n'a rien d'étonnant vu qu'il ne l'a pas étudiée! Siignalons à propos de Descartes le compte rendu en 1999 d'Hervé Drévillon de l'ouvrage de Micheline Grenet - qui oublié de signaler notre ouvrage paru en 1993 sur le Centilogue de Nicolas Bourdin, alors même qu'il en avait repris des passages dans sa thèse de doctorat (1994) Drévillon attribue à Mersenne une traduction de Gassendi sur l'Astrologie (cf notre communication en 1992, Actes du Colloque de Digne) Par ailleurs, Drévillon ne semble pas avoir relevé de l'astrologie dans le Discours de la Méthode puisqu'il écrit, dans son article, que Descartes apporte de l'eau au moulin de l'Astrologie
Article de Drévillon au sujet de Micheline Grenet, La passion des astres au XVIIe siècle. De l'astrologie à l'astronomie
Revue d’Histoire Moderne & Contemporaine Année 1999 46-4 pp. 816-818
Archives:
Le divorce Astrologie Astronomie à la fin du XVIIe siècle 2021)
par Jacques Halbronn
En 2003 Hervé Drévillon résumait ainsi son ouvrage Lire et écrire l’avenir (1996) ainsi : cela ‘permettait de « comprendre pour quelles raisons culturelles et politiqsues – et non pas scientifiqies( l’astrologie a été disqualifiée au XVIIe siècle » (Nostradamusq, l’éternel retour, Gallimard 2003, p. 119)
Or, le débat autour des signes du Zodiaque, de la précession des équinoxes, ne reléve pas, à proprement parler, de « raisons culturelles et politiques » et la façon dont la pratique de l’astrologie fait probléme , contrairement à ce qu’écrit Patrice Guinard, à propos d’Eustache Lenoble, n’est pas davantage la clef du problème, vieux cheval de bataille chez les astrologtues eux mêmes, qui consiste à stigmatiser une astrologie « populaire », de presse, face à une astrologie « savante », « scientifique », informatique, capable d’appréhender la personnalité de chacun dans toute sa spécificité..
Il convient d’abord de signaler que l’astronomie de l’époque aura connu bien des soubresauts, des remousn qui auront pu déstabiliser les astrologtues ; Les astronomes sont devenus en quelque sorte imprévisibles avec Copernic, Galilée et Kepler et à partir du XVIIIIe siècle, le systéme solaire va s’enrichir de nouvelles planétes, à commencer, en 1781, par un astre au delà de Saturne qui sera bientôt baptisé Uranus, après que l’on ait proposé Herschell, le nom de son « inventeur », d’où le H qui forme le glyphe de cette planéte..
Par ailleurs, lles astrologues sont interpellés au sujet de la précession des équinoxes et là encore l’astronomie est sur la sellette puisque cela met en évidence que l’on ne peut se fier à ses données. Comme le note le professeur d’astrologie Antoine de Villon (Usage des éphémérides ) en 1624, l’on se trouve en face de deux zodiaques, lequel est le bon ?
Enfin, il esr reproché à l’astronomie un « méta-langage » , certes pittoresque à base de dieux (pour les planétes) et d’animaux (pour les constellations) qui excuitent l’imagination du profane.(cf Eustache Lenoble, Uraniesn 1697). alors qu’ile ne sont que de simple convenance et tout à fait arbitraires, au demeurant. Le fait que par la suite, comme on ll’a noté plus haut, les astronomes se soient complus, par la suite, à conférer des nnoms de dieux de la mythologie à leurs dernières découvertes met en évidence une certaine désinvolture de leur part.
Autrement dit, l’astronomie poserait un double probléme pour l’astrologie : un savoir incertain, ambigu, et un langage fantaisste.. Quels liens l’astrologie doit-elle entretenir avec l’astrologie. Est ce que ce sont les astrologues ou bien plutôt les astronomes qui ont produit, au cours des âges toute cette symbolique à base de fables dont d’ailleurs traiteront les historiens du Ciel, comme l’Abbé Pluche, au milieu du XVIIIe siècle ? D’aucuns diront que l’on ne saurait séparer Astronomie et Astrologie dans l’Antiquuité . C’est un lieu commun chez les historiens de l’astrologie.
Prenons le jugement de Micheline Grenet sur Kepler (La passion des astres au XVIIe siècle. De l’astrologie à l’astronomie. Hachette, 1994, pp. 62 et seq) : « Comment un contemporain de Kepler pourrait-il mettre en doute la qualité scientifique de l’astrologie dès lors qu’elle est pratiquée par un maître éminent ? » C’est oublier que Kepler entendait réformer l’astrologie de fond en comble (cf Gérard Simon, Kepler, astrologue astronome, Paris, Gallimard, 1979) laissant de côté tout une terminologie que l’astronomie continuera par tradition et jusqu’à ce jour, à utiliser mais dont l’astrologie n’a que faire.
Qu’écrit l’historien allemand Wilhelm Knappich à propos des « causes de la décadence » de l’astrologie ( Histoire de l’astrologie . trad. De l’allemand, 1986) ? Il insiste sur un certain décrochage mais il néglige d’aborder le point de vue des astrologues eux-mêmes quelque part déconcertés par certaines facettes d’une astronomie se voulant à la fois en pleine remise en question et à la fois perpétuant tout un « méta-langage » dont elle ne parviendra jamais à s’abstraire.
En ce qui concerne la création de l’Académie des Sciences en 1666, nous avons montré que l’astrologie n’avait pas été exclue par Colbert lequel, bien au contraire, avait obtenu que les académiciens en débattent– et Hervé Drévillon n’aura fait que reprendre nos travaux sur ce point, sans les citer même en notes de bas de page (Lire et écrire l’avenir.L’astrologie dans la France du Grand siècle -1610-1715), Champ Vallon, 1995, pp. 212 et seq).
Le débat existe bel et bien à l’époque entre détracteurs et défenseurs de l’astrologie et c’est notamment le cas de Gassendi et de Jean-Baptiste Morin –Bordelon publiera un Entretien curieux de l’astrologie judiciaire où il met en face à face un tenant de chaque camp : De l’astrologie judiciaire, entretien curieux où l’on répond d’une manière aisée et agréable à tout ce qu’on peut dire en sa faveur, et où l’on fait voir en même temps la superstitieuse vanité de sa pratique.
Paris, L. Lucas & Et. Ducastin, 1689, Quant à Morin, Professeur au Collége Royal, il annonce une nouvelle Astrologie (à venir dans une Astrologia Gallica, posthume et peut être inachevée) qui se sera débarrassée de ses oripeaux (cf le Recueil de Lettres, entre les divers protagonistes, 1650, Bib. Arsenal et notamment l’invective de François de Barancy). Ce Recueil précise en son titre que « par occasion il est traité d’astrologie judiciaire » On y relate les propose du dit Morin : » Mon Astrologie qui n’est pas habit de friperie rapiécé de quantité de vieilles & différentes opinions (…) mais c’est un habit neuf garny de belles & véritables résolutions capables d’instruire & contenter les esprits et un travail non desrobé » On voit bien que le reproche fait alors à l’astrologie est de ressasser les mêmes notions au lieu de se repenser comme a réussi à le faire l’astronomie du temps. En cela, l’astrologie détone.
On n’est donc pas ici dans des considérations extrascientifiques comme le laisse entendre Drévillon (cf supra) et la dimension sociale est certes plus facile à appréhender pour certains historiens actuels que les éléments d’un débat dont ils n’ont pas vraiment envie de se soucier. En fait, nombreux qui se présentent au chevêt de l’Astrologie – à la façon des médecins du Malade Imaginaire- pour parvenir à la sauver.
En définitive, selon nous, on assiste à la crise d’un vieux couple (expression que nous avions utilisée en 1985 en sous titre de notre Monde Juif et l’Astrologie). La séparation nous semble devoir s’expliquer par des orientations devenues incompatibles. L’astronomie a su se réformer mais l’astrologie tarde à le faire. L’astronomie acquiert une honorabilité sociale –les astronomes vont être pensionnés et n’auront plus à dépendre peu ou prou de quelque pratique astrologique comme gagne-pain, à l’instar d’un Kepler : on fonde l’Observatoire de Paris en 1666. Mais comme on l’a dit, une certaine élite astrologique va mettre toute une partie du savoir astrologique sur le compte des astronomes, les astrologues n’ayant fait que le reprendre à leur compte.
On touche là à un probléme essentiel pour l’Histoire de l’astrologie, à savoir précisément ses rapports avec l’astronomie. Les astrologues et les astronomes ne poursuivent pas les mêmes buts et on notera qu’aussi bien Antoine de Villon qu’Eustache Le Noble, à plus d’un demi-siècle de distance, ont une approche que l’on pourrait qualifier d’ethnologique : ils ne disent pas ‘L’astrologie » mais « Les astrologues », c’est-à-dire des communautés s’articulant sur un certain savoir et il est clair que les astronomes ont fourni aux astrologues une grande partie de leurs outils alors que trop souvent on a semblé croire que c’étaient les astrologues qui avaient baptisé les constellations zodiacales. Le Noble explique que ces nominations étaient le fait des astronomes qui ne leur accordaient d’ailleurs pas de grande importance. Par conséquent, l’astrologie n’aurait que faire de les prendre pour plus qu’elles ne signifiaient. Autrement dit, l’astrologie aurait été comme colonisée par l’astronomie et il était temps qu’elle se libére d’une telle emprise. Rappelons d’ailleurs que ce sont dans bien des cas les astronomes qui auront souhaité annexer l’astrologie : la Tétrabible n’est-elle pas l’œuvre de l’astronome Ptolémée discrédité par Copernic ? Cet ouvrage ne saurait donc faire autorité !
On est là dans une sorte de dépit amoureux avec des torts respectifs. On voudrait faire chambre à part. Mais comme on l’aura noté plus haut, qui aura forcé les astronomes du XIXe siècle à continuer la série mythologique pour les planétes invisibles à l’œil nu ? Il est vrai que bien des astrologues auront considéré ces astronomes comme des sortes de prophétes, apportant les pièces qui manquaient à leur puzzle et par-dessus le marché en leur conférant une signification.
Terminons avec la thèse de Gérard Simon consacrée à Kepler lequel incarne bel et bien une volonté de réformer et de purger l’astrologie de ses scories.
(Kepler, astrologue astronome, 1979) Dans un paragraphe intitulé « Le Zodiaque : repérage iy division conventionnelle? » (pp 96 et seq), Simon se référe à « Sur une Etoile Nouvelle »: Kepler y explique ce qu’il rejette et ce qu’il retient: Il s’agit d’échapper aux « objections » d’un Pic de la Mirandole et l’on notera que nombre d’astrologues du XVIIe siècle, en France, font état d’objections en se proposant d’y répondte. Les arguments de Kepler seront repris par Le Noble. « toute prédiction fondée sur les dénominations ou les symboles résulte, résume Simon d’une confusion entre les mots et les choses/ IL ne faudrait garder que ce qui est naturel et ne pas mettre sur le même plan les données scientifiques de l’astronomie et l’arbitraire de son langage. Tout ce qui vient des astronomes n’est pas or. D’où l’intérêt de distinguer entre l’astronomie et les pratiques des astronomes. Or, force est de constater que la division en 12 de l’écliptique s’est perénisée jusqu’à ce jour, ce qui conduti les astrologues traitant de l’Astrologie à ne pas entendre, à ne pas comprendre les réformes radicales prpposées, à savoir qu’il ne faudrait garder du Zeodiaque que 4 points, aux équinoxes et aux solstices. Mais en rejetant la division en 12, on remet en question, ipso facto , le dsspositif des domiciles des planétes exposé dans la Tétrabible.
Dans notre ouvrage consacré à Etteilla (Bib Arsenal), paru en 1993 (Ed Trédaniel en diptyque avec notre édtion de Nicolas Bourdin et de son Commentaire du Centiloque,), nous avons montré que c’est bien plutôt dans le cours du XVIIIe siècle que dans celui du XVIIe siècle, que la rupture se sera produite au moins pour un siècle. Etrangeement, par inadvertance, Drévillon qualifie l ‘ouvrage de « traité savant » -sans remarqier qu’il s’agit de la réédition de l’Uranie de Le Noble!!!- Or, avec Etteilla (1788), si le traité reste ce qu’il est, il n’est plus besoin d’astronomie pour le mettre en pratique. ( L’astrologie du Livre de Toth suivie de « Recherches sur l’histoire de l’astrologie du tarot) « A la place des données astronomiques, Etteilla, connu pour son tarot, propose de recourir à la numérologie et à la cartomancie. Précisons que la situation ne sera pas la même Outre Manche où l’astrologie resrtera fidéle à l’astronomie. Ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle, que l’astrologie française suivra l’exemple de l’astrologie anglaise.(cf La vie astrologique il y a cent ans, Ed Trédaniel, 1992 avec des contributions de Patrick Curry et de Nicholas Campion, historiens britanniques.
JHB 25 10 24
lundi 7 octobre 2024
jacques halbronn la ccndamnation de l'astrologie par Descartes, trente ans avant Colbert en 1666
jacques halbronn la condamnation de l'astrologie par Descartes, trente avant Colbert (1666)
Il y a trente ans environ, nous avions montré ( in Pierre Gassendi et l’astrologie judiciaire : approche bibliographique. Quadricentenaire de la naissance de Pierre Gassendi (1592-1992) / Actes du colloque international Pierre Gassendi, Digne-les-Bains, 18-21 mai 1992 ; Société scientifique littéraire des Alpes de Haute-Provence) que les développements de Mersenne , dans ses Préludes à l'harmonie Universellle, traitant notamment de l'astrologie reprenaient littéralement un texte latin de Gassendi (Les Préludes de l'harmonie universelle, ou Questions curieuses utiles aux prédicateurs, aux théologiens, aux astrologues, aux médecins et aux philosophe 1634 ) mais nous avions omis de nous référer au Discours de la Méthode de Descartes qui paraitra en 1637 " pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences", texte philosophique publié anonymement par René Descartes à Leyde le 8 juin 1637 chez le libraire et imprimeur Jan Maire) et qui n'épargne nullement les astrologues . On peut penser que c'est l'influence de Descartes, Gasssendi et Mersenne au cours des années qui précédèrent sa fondation qui aura conduit Colbert et l'Académie Royale des Sciences fondée en 1666 à prendre ses distances par rapport à l'astrologie;
bibliograpphie
L'Académie Royale des Sciences (1666-1793)
Persée
https://www.persee.fr › doc › rhs_0048-7996_1949_nu...
de P GAUJA · 1949 · Cité 17 fois — Vers le début du xvne siècle, sous l'influence de Descartes et du P. Mersenne ... Colbert s'en inspirera en créant l'Académie Royale des Sciences..
Micheline Grenet, La passion des astres au XVIIe siècle. De l'astrologie à l'astronomie
sem-link Drevillon Hervé
Revue d’Histoire Moderne & Contemporaine Année 1999 46-4
Lire et écrire l'avenir ; l'astrologie dans la France du grand siècle (1610-1715)
Lire et écrire l'avenir ; l'astrologie dans la France du grand siècle (1610-1715)
Hervé Drévillon
Champ Vallon
1998
Si les arguments scientifiques suffisaient à réfuter l'astrologie, les Prophéties de Nostradamus auraient cessé depuis longtemps d'assurer la fortune de quelques éditeurs avisés.
Mais, alors que fleurissent messageries astrales et horoscopes en tous genres, nous savons aujourd'hui que la lecture de l'avenir dans les astres survit à toutes les révolutions scientifiques. L'astrologie a moins à voir avec l'histoire des sciences qu'avec celle des consciences. Pourtant, lorsqu'on s'interroge sur les raisons qui ont conduit le Grand Siècle à mépriser une science que la Renaissance adorait, on est tenté de se replier sur les explications traditionnelles.
On se dit que le siècle de Descartes devenait bien trop " rationnel " pour croire à l'influence des astres. Les hommes du XVIIe siècle auraient-ils été plus rationnels que ceux de la fin du second millénaire ? Leurs arguments scientifiques auraient-il été plus convaincants que les nôtres ? Ne faut-il pas renoncer à expliquer la marginalisation de l'astrologie au XVIIe siècle par des raisons purement scientifiques ? Au début du XVIe siècle, cette science est reconnue comme honorable et elle est abondamment pratiquée.
C'est ainsi que l'astrologue Campanella suscite l'admiration d'érudits comme Gabriel Naudé et s'attire les faveurs de Richelieu. Mais à la fin du siècle, le climat n'est plus le même. L'Académie des Sciences rejette, sans discussion, le postulat de l'influence des astres sur les hommes, tandis que, dans un édit de 1682, Louis XIV assimile les astrologues aux magiciens et leur ordonne de quitter le royaume.
Comment expliquer une si brutale déchéance ? Ce livre soutient que des raisons sociales et culturelles ont incité les élites à se détourner de la littérature astrologique. Les almanachs troyens vendus par voies de colportage ou les traités des comètes remplis de prédictions stéréotypées ont fini par être méprisés parce qu'ils ne présentent plus de garantie de crédibilité. Les livres astrologiques deviennent alors un archétype de la culture populaire.
Mise en cause à travers la littérature qu'elle inspire, l'astrologie est condamnée pour ses applications plus que pour ses fondements. Mais en lui attribuant un public populaire, les détracteurs de l'astrologie révélaient un nouveau danger : la manipulation de l'opinion par les astrologues. Louis XIII et Richelieu ont bien perçu le risque des spéculations astrologiques portant sur l'état politique du royaume.
Mais ils en étaient trop souvent les bénéficiaires, voire les instigateurs, pour les interdire efficacement. Quant à Louis XIV, en fondant la propagande royale sur l'image du Roi-Soleil, il devenait une cible facile pour les astrologues, qui pouvaient commenter les affaires d'Etat en fonction de la situation du soleil dans le ciel, voire de ses éclipses. Le soleil devenait alors l'enjeu d'un conflit de représentations entre le symbolisme astral et la symbolique royale.
Au-delà des arguments scientifiques, la disqualification de l'astrologie au XVIIe siècle est donc bien le fruit d'une conjonction de facteurs sociaux et politiques.
1634
s) : Les Préludes de l'harmonie universelle, ou Questions curieuses utiles aux prédicateurs, aux théologiens, aux astrologues, aux médecins et aux philosophes , composées par le L. P. M. M.
: A Paris, chez Henry Guenon, ruë S. Jacques, prés les Jacobins, à l'image S. Bernard. M. DC. XXXIV [1634]. Avec privilege et approbation
Note(s) : L. P. M. M. = Le P. Marin Mersenne
Les Préludes de l'harmonie universelle, ou Questions ... - Gallica
https://gallica.bnf.fr › ark:
Les Préludes de l'harmonie universelle, ou Questions curieuses utiles aux prédicateurs, aux théologiens, aux astrologues, aux médecins et aux philosophe 1634
Pierre Gassendi et l’astrologie judiciaire : approche bibliographique.
Quadricentenaire de la naissance de Pierre Gassendi (1592-1992) / Actes du colloque international Pierre Gassendi, Digne-les-Bains, 18-21 mai 1992 ; Société scientifique littéraire des Alpes de Haute-Provence.
Gassendi et la modernité Ed Sylvie Taussig Brepols 2008
Questions autour du texte sur l’éclipse de 1654 attribué à Gassendi, p. 311
Jacques Halbronn
https://doi.org/10.1484/M.STSA-EB.4.00040
Gadroys, Claude (1642?-1678)
Discours physique sur les influences des astres, selon les principes de M. Descartes... . Par C. Gadroys
J.-B. Coignard
LivresConsultable sur Gallica
JHB 07 10 24
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vendredi 4 octobre 2024
jacques halbronn Réflexions sur le Discours de la Méthode de Descartes IIe Partie
jacques halbronn Réflexions sur le Discours de la Méthode de Descartes IIe Partie
Descartes ne semble pas avoir compris la faiblesse d'une théologie sans astrologie (cf notre Partie I)/ Certes, il admet que les astres qui environnent notre monde doivent avoir impacté notre Humanité d'une façon ou d'une autre mais il met cela sur le compte de la Nature. (cf Solange Gonzales; Descartes Ed Ellipses, 2016)
Citons quelques passages du Discours à propos de "Dieu" et de son "vouloir", de son "dessein", "établis" pour notre Humanité, puisque c'est en vue de notre "usage" que tout un appareil aura été mis en place et en oeuvre. Descartes parie sur la médecine et non sur l'astrologie qu'il faudra "chercher". Pourtant, l'astrologie bien comprise ne reléve pas de la Nature première mais bien d'un reformatage du monde, passage de la matière à la forme, dans un second temps. On ne peut que regretter que Descartes n'ait point compris tout ce qu'une certaine idée de l'Astrologie faisait l'interface entre Dieu et la Nature. On sait que Spinoza tombera dans le même travers. Un Descartes "astrologue" aurait ouvert la voie, depuis le XVIIe siècle, à une recherche astrologique par delà la littérature concernée. En lisant le Discours, l'on ressent un manque, un point aveugle, dûs à un préjugé manichéiste, durablement ancré dans l'esprit de son auteur qui, on l'a vu (Iere Partie) ne s'en cache pas, comme si l'astrologie était une sorte de face obscure, une tentation, une "erreur", à laquelle il convenait de résister!
JHB 04 10 24
mercredi 2 octobre 2024
jacques halbronn Epistémologie. La philosophie versus l'étude des textes. Contre Descartes
jacques halbronn Epistémologie. La philosophie versus l'étude des textes. Contre Descartes
Dès les premières pages de son Discours de la Méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences", Descartes s'en prenait à l'astrologie. "Et enfin pour les mauvaises doctrines, je pensais déjà connaitre ce qu'elles valaient pour n'être plus sujet à être trompé par les promesses d'un alchimiste,, ni par les prédictions d'un astrologue ni par les impostures d'un magicien ni par les artifices ou la vanterie d'aucun de ceux qui font profession de savoir plus qu'ils ne savent" Un tel ptéjugé affiché contre le trio Alchimie-Astrologie-Magie nous interpelle de la part d'un philosophe. En effet, si Descartes s'exprime ainsi, n'est ce pas du fait de sa lecture d'un certain nombre d'ouvrages en circulation alors qu'il aurait dû s'interroger sur les projets eux mêmes, par delà ce qui a pu en advenir, ce qui vaut également au niveau théologique, la question de Dieu ne se réduisant pas à ce qu'on trouve dans les Ecritures.
C'est ainsi que Descartes se dispense de toute réflexion autour de l'astrologie, ce qui englobe la cyclicité, la récurrence en rapport avec quelque mouvement céleste. Certes, les siècles qui ont suivi ne lui auront pas donné tort mais est ce qu'un tel verdit vaudra jusqu'à la fin de notre XXIe siècle, on peut, pour notre part, en douter; En ce sens, Descartes tout comme Spinoza semblent vouloir tout réduire à la "Nature" en ne prenant pas en compte la "Sur Nature", c'est à dire ce qui est apparu dans un second temps, comme une réduction , une transmutation d'un premier temps.
JHB 02 10 24
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