Faculté Libre d'Astrologie de Paris (FLAP)

Le but de ce blog est lié à la création en 1975 du Mouvement Astrologique Universitaire (MAU) . Il sera donc question des passerelles entre Astrologie et Université mais aussi des tentatives de constituer des enseignements astrologiques.
Constatant les lacunes des astrologues dans le domaine des
sciences sociales (hommes et femmes, structures
nationales et supranationales etc), la FLAP assurera à ses
étudiants des connaissances de première main et les plus
récentes qui leur serviront de socle pour appréhender
l'astrologie et en repenser les contours.
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dimanche 31 mai 2026

Actes du Colloque C.U.R.A./M.A.U. de Paris 16-17 décembre 2000 : Frontières de l'Astrologie (De Nostradamus aux Gauquelin)

Actes du Colloque C.U.R.A./M.A.U. de Paris 16-17 décembre 2000 : Frontières de l'Astrologie (De Nostradamus aux Gauquelin) Compte-rendu du Colloque - par Patrice Guinard Programme et Liste des intervenants présents N.Éd.: J'ai conservé le format (RTF) et l'état des textes, tels qu'ils m'ont été communiqués. Cartographie Astrologique - par Claudine Besset-Lamoine Astrologie médicale - par le docteur Nguyen Pour l'astrologie! Mais laquelle? - par Patrice Guinard Le mythe du Modèle Astrologique Universel - par Jacques Halbronn + Schéma du cycle saturnien - de Jacques Halbronn Datation de phénomènes météorologiques - par Valérie D'Armandy L'astrologie contemporaine, sens et contresens - par Kieser ibn 'l Baz Compte-rendu des 8 sessions du Colloque - par Jacques Halbronn Compte-rendu du Colloque de Paris Patrice Guinard a brièvement ouvert le colloque avant de passer la parole à Claudine Besset-Lamoine qui a souligné l'importance de la notion de territoire dans l'astrologie antique, et notamment dans les géographies zodiacales et planétaires, pour habilement introduire les débats sur la question même du colloque. Ainsi s'interroger sur les frontières de l'astrologie d'une part, et définir l'astrologie comme le savoir des territoires et des démarcations d'autre part, seraient-elles géographiques, revient à s'interroger sur la nature même de l'astrologie. Session 1. L'histoire au service de l'exégèse du texte prophétique La première session a été pilotée par Isabelle Le Berre qui a rappelé les récents travaux de l'invité principal de la session, Roger Prévost, historien et auteur de Nostradamus - Le mythe et la réalité (1999), lequel a de nouveau exposé -- après une émission de Bernard Pivot lors de la sortie de son ouvrage -- son interprétation des Quatrains, qui révèle un Nostradamus archiviste, historien, et peut-être aussi poète. A l'appui de sa démonstration: les quatrains IV 86 et VIII 2 des Centuries, qui utilisent un repérage astrologique, et font référence, l'un à des événements de 1495, l'autre aux incidents météorologiques (orages et précipitations) de 1561, tous deux attestés dans les chroniques locales des régions concernées. Roger Prévost aurait ainsi retrouvé les sources historiques, mais aussi littéraires et spéculatives (comme le traité de Richard Roussat, paru à Lyon en 1550, et déjà signalé par certains exégètes), de plus de 600 des 940 quatrains que comprennent les Centuries. Patrice Guinard a fait remarqué que cette lecture implique que Nostradamus avait a sa disposition une bibliothèque considérable, composée à la fois d'ouvrages historiques, mais aussi d'archives, de bulletins et de chroniques locales. C'est cette bibliothèque essentiellement historique que Nostradamus aurait brûlée, et non une bibliothèque composée en grande partie d'ouvrages ésotériques et magiques. Roger Prévost a également insisté sur la vision cyclique de l'histoire que Nostradamus partageait avec la plupart de ses contemporains, propos que Frank Hernandez, géographe, a illustré par un schéma cyclique montrant la récurrence supposée d'événements historiques qui se seraient déroulés, à plusieurs siècles d'intervalle, dans les mêmes lieux. Reprenant cette idée de cyclicité, Jacques Halbronn, historien des textes prophétiques, a exposé sa conception de la mécanique prophétique, à savoir l'exploitation littéraire d'un corpus dont on pense que les événements décrits sont assez solides et judicieusement choisis pour avoir quelque chance de se reproduire, du moins en partie, dans le futur, en vue de valoriser, essentiellement, une situation politique proche, ou même déjà présente. Ainsi le prophète serait l'instrument d'un courant politique ou d'une mouvance idéologique, qui reste d'ailleurs à définir. Mais l'instrumentalisation du texte prophétique ne s'arrêterait pas là, puisque le corpus nostradamique serait en partie l'oeuvre de faussaires ultérieurs, assez doués pour imiter le style de Nostradamus, aussi bien celui de ses quatrains en vers que celui de sa première préface en prose, ce qui m'apparaît fortement improbable. [Je signale à Jacques Halbronn qu'il existe des départements de "Science des Textes et Documents" au sein de certaines universités, qui mettent en branle des techniques sophistiquées de dénombrement de vocables et des analyses comparatives diverses qui pourraient être utiles pour tester cette hypothèse.] Le débat sur l'authenticité du corpus a été l'occasion pour Jacques Halbronn, qui nie l'authenticité des éditions 1555 et 1557 récemment "redécouvertes" et rééditées par Robert Benazra et Michel Chomarat, d'exposer certains des résultats de sa thèse d'État (1999) sur le texte prophétique en France, et notamment de proposer pour la parution des trois parties des Centuries, les dates de 1559 pour les 353 premiers quatrains, 1568 environ pour les centuries VIII, IX et X, et 1588-1590 pour les autres, ainsi que pour la préface à Henri II. Finalement la question du phénomène prophétique en soi a été soulevée par Isabelle Le Berre, à savoir celle des capacités réelles ou contestées au prophète de Salon à avoir pu anticiper l'avenir. La vision sceptique des historiens Prévost et Halbronn n'a pas été entièrement concédée par les astrologues participant au débat, comme Tristan Lahary, invoquant certains travaux de Jacques Dorsan, qui s'est interrogé sur la possibilité pour Nostradamus d'avoir en réalité utilisé un repérage sidéral et non tropique pour les positions planétaires mentionnées dans les quatrains. [Les conceptions de Jacques Halbronn et de Roger Prévost, quoiqu'en apparence complémentaires, soulèvent un problème crucial qui aurait mérité d'être davantage débattu et qui en fait met à jour leur absence de convergence, si ce n'est leur contradiction. Un nombre non négligeable de quatrains (I 5, I 66, III 41, III 68-69-70, IV 44-45-46-47, IV 49...) de la première édition des Centuries, parue vers 1559 selon Jacques Halbronn qui considère les éditions antérieures comme antidatées, interprétés par Roger Prévost à la lumière des documents historiques, se rapportent à des événements ultérieurs à cette date, par exemple le couronnement de Maximilien II en 1564 (quatrain I 43). Autrement dit, il faudrait repousser encore ce qui serait la première édition authentique d'au moins 5 ans, ou alors cesser de nier le caractère prophétique d'un phénomène qui échappe en grande partie aux limites de la rationalité moderne.] Patrice Guinard a conclu le débat par une analyse comparative, pour le quatrain X 67 (Le tremblement si fort au mois de May), de l'interprétation de Roger Prévost (une forte pluie de grêle le 4 mai 1549 dans la région de Montélimar) avec celle de Vlaicu Ionescu (la brusque offensive allemande du 10 au 21 mai 1940), et tenté de montrer que, compte tenu des positions planétaires indiquées, les deux interprétations restaient plausibles, et que la recherche de la source textuelle comme celle de l'événement futur annoncé n'étaient pas irréconciliables. Ainsi les orages de 1549 pourraient aussi coder, par un jeu sur les dates (1549 «--» 1945), les événements de 1945 (les bombes lancées sur Hiroshima et Nagasaki, marquant la fin de la guerre et le dernier vers du quatrain: Tombera gresle lors plus grosse qu'un euf). Chaque quatrain serait un texte à deux faces, l'une tournée vers le passé, l'autre vers le futur, et la base historique, littéraire ou simplement textuelle des quatrains coderait un avenir pressenti. C'est ainsi que la vision cyclique de Nostradamus trouverait sa consécration. Session 2. Les fondements biologiques de l'astrologie et leur application à la médecine Jean-Paul Citron, biologiste, a exposé les mécanismes déclenchés par le signal gravitationnel dans la cellule. Lors d'une variation gravitationnelle (et en particulier d'origine astrale), la molécule d'ADN se décompacte et se reconfigure. En outre les rythmes planétaires semblent mémorisés au niveau cellulaire, et par suite le signal astrologique se justifierait par sa nature gravitationnelle et par le fait qu'il agirait de manière rythmique. Bernard Blanchet, astrologue conditionaliste, a demandé à Jean-Paul Citron d'expliciter son modèle biochimique pour les signaux à faible intensité, notamment ceux relatifs à Pluton, et Patrice Guinard a soulevé le problème des seuils, en demandant s'il existait une limite quant à l'enregistrement et la sensibilisation de la cellule aux rythmes d'origine cosmique, invoquant la récente découverte de planétoïdes de taille infime au-delà de Pluton-Charon. Jean-Paul Citron a souligné la capacité de l'ADN à réagir à de très faibles intensités et admis la possibilité de l'existence de seuils minima, au-dessous desquels la réponse ne se produirait pas. La fameuse courbe de Gauss pourrait être le modèle formel illustrant ces mécanismes. Concernant l'origine du déclenchement de cette sensibilisation de la cellule aux rythmes planétaires, Jean-Paul Citron a mentionné un phénomène connu des biologistes, la re-méthylation du génome, qui se produit quelques jours après la naissance et qui serait un début d'explication à l'acquisition par le nouveau-né d'une sensibilisation à des rythmes planétaires spécifiques. Bernard Biardeau a présenté un système de correspondances entre les signes zodiacaux et les méridiens de l'acupuncture, et exposé les résultats de son expérience homéopathique, tendant à souligner l'efficacité des substances homéopathiques susceptibles de contrebalancer les faiblesses et déséquilibres planétaires d'un thème natal. Patrice Guinard a ensuite donné la parole à Valérie d'Armandy qui a exposé certains résultats de sa pratique et discuté le problème de l'assimilation des maladies aux facteurs planétaires et zodiacaux. Elle a insisté sur le caractère collectif de certaines maladies récentes, comme le cancer et le sida, qui seraient en quelque sorte intériorisées au niveau psycho-mental à travers les medias, et mis en avant l'observation suivant laquelle une maladie donnée serait moins liée à une dominante planétaire fixe qu'à une sensibilisation généralisée de l'organisme, d'abord d'origine psychique, et de nature neptunienne, et à une activation de cette sensibilisation par la planète Mars. Le docteur Franck Nguyen a exposé avec circonspection son expérience en astrologie médicale, souligné ses limites et montré l'impossibilité de diagnostiquer une maladie à l'aide du seul thème natal. Les données astrologiques seraient à prendre en compte, corrélativement aux autres données d'ordre physique, biologique et organique, et ne relèveraient que d'un déterminisme relatif. Suite à une question de Jacques Halbronn concernant le déclin de l'astrologie médicale au cours du XVIIIè siècle, Franck Nguyen a montré que les techniques modernes avaient suppléé nombre d'outils astrologiques encore répandus à cette époque et devenus aujourd'hui inutiles. Enfin, Patrice Guinard a suggéré que l'efficace des influences astrologiques sur le plan médical pourrait être due principalement à la nature psychique, ou plus exactement psycho-somatique, des facteurs à prendre en compte, et notamment au niveau des transits planétaires. Session 3. La spécificité de l'astrologie française Pierre Barrucand, ex-mathématicien au C.N.R.S., a porté témoignage sur ses rencontres avec certains astrologues français des années 40 et 50, dont la plupart sont aujourd'hui décédés. Virginia Spica a évoqué les réunions bimensuelles animées du C.I.A. (Centre International d'Astrologie) dans les années 60 et son implosion au début des années 70 en raison de conflits de pouvoir. On peut regretter que ce creuset parisien de discussions fécondes n'ait plus aujourd'hui de véritable équivalent et que l'astrologue-consultant s'en tienne à sa pratique et à sa clientèle sans se soucier des éventuels progrès de la recherche. Jacques Halbronn a défini la période 1975-2000 comme étant celle de l'âge des congrès, soulignant son action au sein du M.A.U. pendant ces années, ainsi que l'activité de Patrice Louaisel dans le développement de réseaux régionaux. Véronique Lepage a comparé la situation de l'astrologie française à celle de l'astrologie anglaise, et remarqué que l'expansion de l'astro-psychologie britannique, essentiellement d'orientation jungienne, suite à l'influence de Dane Rudhyar et de Liz Greene, pouvait être due à un besoin, comblant la faiblesse du développement de la psychanalyse britannique, contrairement au rayonnement de la psychanalyse française, de Jacques Lacan à Françoise Dolto. A la suite de ces divers témoignages, Patrice Guinard a recentré le débat sur la question de l'éventuelle existence d'une spécificité de l'astrologie française, notamment au niveau des conceptions théoriques, si ce n'est des pratiques. José Fernández Quintano (Espagne) a fait part de l'écho important qu'a connu l'astrologie française dans son pays, et suggéré que sa spécificité était peut-être à rechercher en comparaison avec la philosophie, dont le courant structuraliste a connu en France un essor incomparable. Il a cependant conclu son intervention en soulignant que la véritable rupture moderne se serait faite avec l'américain Dane Rudhyar qui aurait débarrassé l'astrologie d'une certaine conception prédictive et ésotérique qui était encore celle en vogue au début du XXè siècle. [On pourrait cependant lui objecter que le français Paul Choisnard est décédé plusieurs années avant la parution des premiers ouvrages de Rudhyar, et qu'en 1935, l'Allemagne avait déjà derrière elle une activité de recherche incomparable]. Patrice Guinard a ensuite exposé ses idées concernant la tendance de l'astrologie française à restreindre le corpus astrologique à ses facteurs essentiels. Les planètes hypothétiques de l'école de Hamburg, les mi-points de Witte et Ebertin, les harmoniques de John Addey et d'autres inventions comparables ont connu un écho assez faible dans ce pays. Cette simplification des facteurs pris en compte dans le thème natal s'accompagne d'une technique d'interprétation mettant en jeu des orbes d'autant plus larges. Jacques Halbronn a suggéré que ce penchant serait plutôt dû à une volonté de restructurer le corpus et la tradition au niveau des fondements, d'où la forte tendance "structuraliste" de l'astrologie française, à commencer par Dom Néroman, alors que les allemands et les anglais auraient plutôt cherché à faciliter le travail de l'interprète. Patrice Guinard a souligné que l'astrologie horaire, fort répandue outre-Manche et outre-Atlantique, était restée une pratique relativement marginale en France, ainsi que celle des orbes étroits, ce qui tendrait à montrer, comme l'a reconnu aussi Tristan Lahary, que les techniques ayant directement trait à la prédiction, ne connaissent pas en France le même engouement qu'ailleurs. Steffan Vanel (USA) a conclu la session en montrant que les astrologues américains étaient davantage attirés par la nouveauté que les astrologues du vieux continent, à commencer par les français, ce qui présente l'avantage d'une grande émulation, mais aussi l'inconvénient d'une certaine naïveté concernant la réalité du fait astrologique. Session 4. Le thème astrologique comme mandala de la consultation Jacques Halbronn a ouvert cette session en exposant ses théories, par ailleurs bien connues. Le thème natal, élément essentiel de la consultation, sert à produire du discours. L'instrumentalisation du thème, natal ou horaire, fonde la consultation astrologique. Il importe peu que l'astrologue ait derrière lui de longues années d'études, pourvu qu'il sache gérer le dialogue et maîtriser la situation de consultation. Il n'importe pas plus que la signification donnée aux divers éléments du thème soit ou non issue de recherches d'ordre physico-biologiques, puisque ces significations ne sont finalement que des conventions culturelles, que l'astrologue-consultant saura manier avec plus ou moins de dextérité. Yves Haumont (Belgique), auteur d'une thèse sur la langue astrologique, a comparé le discours astrologique au discours alambiqué de la psychanalyse lacanienne. L'effet serait comparable, puisque le patient ressort sonné de la consultation. Et Roberto Renout a prolongé cette optique en montrant que le thème, projection du ciel sur une surface, n'était pas même nécessaire, et pouvait être remplacé par une série de boules sphériques et colorées, représentant l'ensemble des possibilités astrologiques, au sein desquelles le patient a le loisir, dans la consultation, de choisir ses options, et ainsi de découvrir un espace symbolique qui lui conviendrait, selon ses goûts et ses affinités. Franck Nguyen et David Buffet se sont opposés à ces vues, soulignant le fait que l'astrologue ne produit pas n'importe quel discours, et que tout discours n'est pas interchangeable, comme semble le croire Halbronn. Le malade du poumon n'accepterait pas que le médecin propose de lui soigner le genou, comme l'a rappelé Franck Nguyen. David Buffet a souligné qu'il n'existait pas une uniformité psychologique entre individus, et illustré ses propos par sa pratique des degrés monomères, issue des travaux de Gilles Verneret, et impliquant au contraire une hyper-spécialisation de la lecture du thème. José Fernández Quintano a regretté qu'il n'y ait pas davantage de consensus dans l'interprétation du thème. Steffan Vanel a défendu sa conception de la consultation, et justifié le couplage du thème astrologique avec les lames du tarot, limitant ainsi le penchant de l'astrologue à la projection. Fouzy Hamici a présenté sa pratique intuitive comme celle d'un artiste qui n'aurait pas besoin d'un lourd bagage livresque. Enfin Bernard Blanchet, consultant en entreprise, a disqualifié l'astrologie comme instrument fiable du recrutement, contestant au thème natal sa capacité à informer sur le niveau de compétence de l'individu. [Il semblerait que Jacques Halbronn prenne le client de la consultation astrologique pour un imbécile. Si le patient reçoit une sorte de discours stéréotypé ou plus ou moins adapté à la situation du moment auprès d'un astrologue peu qualifié, ou même auprès d'un brillant artiste qui divague, il n'en résulte pas que la consultation lui ait été salutaire. Et par suite il peut avoir tendance à retourner voir le même astrologue ou un autre, comme dans le cas de la cure psychanalytique infinie à la Lacan. Ce qui fait marcher le commerce, et tous y trouvent leur compte -- qui peuvent remercier Halbronn qui donne ainsi son aval à ce que je serais tenté d'appeler l'incompétence. Mon expérience est tout autre. J'ai remarqué, lors des consultations que j'ai pu donner dans le passé, que si l'astrologue mettait le doigt sur le point sensible, et savait montrer au patient l'abîme existant entre son potentiel psychique et les représentations psycho-mentales qu'il peut s'être forgé de lui-même au cours du temps, démêler l'écheveau en quelque sorte et le guérir de ses illusions par une analyse critique, le résultat était spectaculaire. Le patient reçoit un véritable choc psychologique, comme le réclamait Jung pour la psychanalyse, qui lui donne des indications précieuses sur lui-même s'il sait les accepter. Rien à voir avec le discours d'un bonimenteur qui agit seulement au niveau verbal, à la surface de la conscience. Les conséquences peuvent être que le patient a compris quelque chose et ne désire plus consulter d'astrologue, parce que l'astrologue lui a donné les moyens de se passer de lui. La consultation n'est pas une affaire de description psychologique, mais de transformation psychique.] Session 5. Le statut de l'astrologie Cette session a commencé par un entretien entre Patrice Guinard et Françoise Gauquelin, laquelle a donné quelques précisions relatives à l'interprétation des travaux qu'elle a faits avec son mari Michel, aujourd'hui décédé. Ainsi l'abondance des recherches actuelles, surtout anglo-américaines, concernant la planète Mars et "l'effet Mars" ne signifie pas que cette planète aurait plus d'importance que les quatre autres planètes (Jupiter, Vénus, la Lune et Saturne) pour lesquelles des résultats statistiques ont été trouvés, mais serait due au renouvellement plus aisé des échantillons de sportifs, et donc à une plus grande facilité pour les expériences de replication. Franck Nguyen s'est interrogé sur l'absence de résultats concernant les autres planètes, en particulier Mercure, et suggéré que certaines planètes admettraient une adéquation moins évidente avec la notion de catégorie professionnelle. Jean-Paul Citron a poursuivi son exposé de la veille et tenté d'élucider comment certaines corrélations entre les mécanismes biochimiques pouvaient éclairer certaines affirmations astrologiques: par exemple la corpulence de l'individu (gros ou maigre) qui pourrait être mise en relation avec une valorisation planétaire Jupiter/Lune chez les gros, et Saturne/Lune chez les maigres. Françoise Gauquelin s'est déclarée prête à tester statistiquement cette hypothèse, et Patrice Guinard a demandé si ces corrélations biologiques pouvaient être généralisées à d'autres planètes. Jean-Paul Citron a donné d'autres exemples, et admis que les progrès constants de la biologie demandaient à la fois une certaine prudence, mais permettaient aussi d'envisager de belles avancées dans l'avenir. Patrice Guinard s'est interrogé sur le statut de l'astrologie, et nié que l'astrologie puisse devenir une science, même si les résultats statistiques d'une part, et les recherches d'ordre biologique d'autre part, pouvaient être d'un secours non négligeable quant à la compréhension du fait astrologique. Il a présenté l'astrologie d'abord comme une philosophie, peut-être une philosophie compréhensive des sciences humaines, avec aussi certaines exigences d'ordre astronomique et physique, mais une philosophie qui relève encore d'une certaine forme de croyance ou tout au moins de consentement. Le statut de l'astrologie est tout aussi ambigü pour les sceptiques et pour les historiens, puisqu'on retrouve l'astrologie, surtout ancienne, en appendice des encyclopédies historiques, que ce soit en astronomie, en philosophie ou dans l'histoire des religions. José Fernández Quintano a précisé quelques points concernant un projet d'avenir pour l'astrologie: la formation pluridisciplinaire de l'astrologue, la nécessité d'un débat entre astrologues afin d'éviter l'implosion de l'astrologie en raison d'une pléthore de techniques disparates, et l'intérêt d'une étude attentive de la période babylonienne, encore peu connue, et cependant cruciale pour la compréhension de l'astrologie. Patrice Guinard a essayé de montrer qu'il existait trois attitudes concernant l'astrologie: le "rien ne marche" des sceptiques qui interprètent l'astrologie comme un processus d'auto-suggestion, un simple effet placebo ; le "tout marche" du praticien qui se satisfait d'une technique qui n'a pas besoin de justification ; "il y a quelque chose qui marche" en raison de certaines résonances d'ordre physique, géo-magnétique et biologiques, et la tâche astrologique consiste à rechercher un modèle qui répond à ces exigences. Jacques Halbronn a précisé que tout ce qui existe astronomiquement ne devait pas avoir forcément une signification astrologique, que tout ce que l'astrologie a accumulé au cours de son histoire ne devait pas avoir obligatoirement une utilité aujourd'hui, et que tout le vécu de la personne humaine ne concerne pas nécessairement l'astrologie. Finalement il a opté pour la troisième hypothèse exposée par Patrice Guinard, celle d'une certaine astrologie qui marche, mais non pas en raison d'une recherche d'ordre épistémologique ou d'une vraisemblance d'ordre physique, mais en vertu d'une sélection délibérée, d'un choix arbitraire de nature conventionnelle. Pierre Barrucand est revenu sur la question des éventuelles corrélations entre les éléments astronomiques et les traits de caractère, et s'est interrogé sur l'attitude des scientifiques et sur leur fermeture d'esprit envers l'astrologie, d'autant plus "curieuses" qu'ils sont relativement bien disposés par ailleurs à tester des hypothèses dépourvues de preuves. Pour Ioan Azimel, un ancien élève de Jacques Halbronn, le fait que l'astrologie ne soit pas unifiée serait une force, car elle devient inattaquable, ce qui renforce l'affirmation de son maître, à savoir que l'astrologie se maintient tant qu'elle existe dans l'esprit humain. Patrice Guinard a finalement fait observer qu'aucune recherche n'est possible avec de tels présupposés, et oublié de rappeler pour clore le débat une sentence de son Manifeste, à savoir: L'astrologie serait-elle totalement éradiquée de la culture, l'astral n'en continuerait pas moins à piloter la conscience humaine. Conclusion Pour les trois sessions suivantes, auxquelles je n'ai pu participer, je renvoie au compte-rendu de Jacques Halbronn. Ce colloque a été d'une excellente qualité, tant au niveau des interventions qu'au niveau des débats. La salle était composée essentiellement d'astrologues et de spécialistes, par exemple Paule Houdaille, Richard Pellard ou Christian Gourdain. Daniel Cobbi a été excusé, ainsi qu'Illel Kieser qui m'a adressé le texte de sa communication. Le succès du colloque méritait qu'un effort soit fait pour en rendre compte, et un document video est en préparation. Que tous soient remerciés pour leur participation, et aussi pour avoir compris qu'il n'est pas encore devenu inutile, à l'heure d'Internet, de dialoguer et de confronter ses conceptions de vive voix. Souhaitons que ce type de congrès, rassemblant des astrologues et spécialistes qui discutent entre eux, et non seulement des "professeurs d'astrologie" qui enseignent ex cathedra les résultats de leurs dernières trouvailles à leurs élèves, puisse perdurer, pour l'instant grâce essentiellement à l'entrain et à la générosité de Jacques Halbronn. Patrice Guinard, directeur du C.U.R.A. 20 janvier 2001 Programme et Liste des intervenants présents * Colloque placé sous l'égide du C.U.R.A. (Patrice Guinard) et du M.A.U. (Jacques Halbronn) * XXVème anniversaire de la fondation du M.A.U. (Mouvement Astrologique Unifié) * Premier colloque astrologique du C.U.R.A. * Direction des débats: Isabelle Le Berre (session 1), Patrice Guinard (sessions 2, 3 & 5), Jacques Halbronn (sessions 4, 6, 7 & 8). Samedi 16 décembre 2000 Ouverture du colloque: Patrice Guinard et Claudine Besset-Lamoine Session 1: Nostradamus et l'Astrologie. L'appel au prophétisme. Pourquoi le médecin Michel de Nostredame, qui publiait sur l'astrologie, a-t-il choisi de passer à un autre registre, celui du prophétisme poétique? La part de l'astrologie dans les Centuries. Le prophétisme au secours de l'astrologie. Les astrologues face à Nostradamus (de Neptune à Chiron). Avec Roger Prévost, Isabelle Le Berre, Patrice Guinard, Frank Hernandez, Jacques Halbronn, Tristan Lahary Session 2: Astrologie et Médecine. Liens avec la biologie. La médecine médiévale se raccordait à l'astronomie/astrologie. Puis elle s'en est écarté et l'a évacuée. La recherche biologique lui donne-t-elle tort ou raison? Quelle est sa place chez le médecin d'aujourd'hui? Un astrologue peut-il se situer sur le plan médical? Quelle déontologie? Avec Jean-Paul Citron (C.O.M.A.C.), Valérie d'Armandy, Franck Nguyen (R.A.O.), Jacques Halbronn, Bernard Biardeau, Patrice Guinard Session 3: Y a-t-il une école astrologique française? Existe-t-il, dans chaque pays, une tradition astrologique spécifique? Quelles en sont les raisons? Quelle est et quelle a été la place de l'astrologie française dans le monde? Bilan de l'astrologie française au XXème siècle. Sa dépendance de l'étranger et son rayonnement. Avec Patrice Guinard, Véronique Lepage, Pierre Barrucand, Virginia Spica, José Fernández Quintano (Espagne), Jacques Halbronn, Steffan Vanel (USA) Dimanche 17 décembre 2000 Session 4: Le thème natal comme mandala et rituel. Quelle instrumentalisation? Quels que soient les doutes que l'on puisse exprimer au regard de l'astrologie, le thème natal constitue un vecteur privilégié de communication et d'identification pour l'individu. L'astrologie, à ce niveau là, est-elle un langage ou un savoir? Comment se préparer au métier d'astrologue et comment l'exercer? Quelles relations avec les psys? Avec Yves Haumont (Belgique), Jacques Halbronn, David Buffet (C.A.E.), Roberto Renout, Steffan Vanel, José Fernández Quintano, Marc Cohen, Fouzy Hamici, Bernard Blanchet (A.É.R.A.), Franck Nguyen Session 5: L'astrologie comme savoir frontière. Quelle épistémologie? L'astrologie se situe-t-elle dans le champ de la science ou à ses frontières? Peut-on la cerner par le moyen de la statistique sans l'appauvrir? Sa pérennité fonde-t-elle sa légitimité à se situer à part, sur un autre plan qui échappe aux outils d'investigation habituels? A quelles conditions pourrait-elle être reconnue par l'intelligentsia contemporaine? Quel sera son devenir au XXIème siècle? Avec Françoise Gauquelin (Astro-Psychological Problems), Patrice Guinard, Jean-Paul Citron, Franck Nguyen, Pierre Barrucand, Ioan Azimel, José Fernández Quintano (Beroso) Session 6: Astrologie et astronomie. Le sidéralisme. A côté de la tradition astrologique zodiacale et tropique se sont développés d'autres façons de déchiffrer et de décoder le ciel qui nous renvoient à la question des origines de l'astrologie. Quel est le ciel de référence pour l'astrologie: celui des Anciens ou celui que nous connaissons aujourd'hui? Avec Didier Massoulle (astronome), Christian Lazarides, Jacques Halbronn, Barbara de La Motte Saint-Pierre, Tristan Lahary, Bernard Blanchet, Franck Hernandez Session 7: Astrologie et géographie. Chorographie. L'astrologie mondiale Le modèle astrologique doit-il prendre en compte la diversité des peuples et des régions du monde? Comment savoir si une période sera ou non favorable à un pays? Bilan des prévisions politiques et sociales au XXème siècle. Avec Jacques Halbronn, Franck Hernandez, Valérie d'Armandy, Fouzy Hamici, Barbara de La Motte Saint-Pierre, Michèle Gior, Éric Ruiz, Évelyne Latour, Xavier Faurelle, Yves Haumont Session 8: Astrologie et clivages socio-culturels. L'homme et la femme dans l'équation astrologique. Pertinence des clivages et typologies astro-psychologiques? Le clivage entre pro- et anti-astrologues révèle-t-il un fossé entre certaines catégories socio-culturelles? L'astrologie est-elle pour les femmes une contre-culture, une forme de protestation en tant que savoir non conforme, marginal, "paria", mais qui "marche"? Avec Bernard Blanchet, Yves Haumont, Franck Nicolas, Jacques Halbronn, Véronique Lepage, Tristan Lahary, Marie-France Philip ACCUEIL

Nouvelles recherches sur les origines de l’exposé des maitrises planétaires dans la Tétrabible de Prolémée

Nouvelles recherches sur les origines de l’exposé des maitrises planétaires dans la Tétrabible de Prolémée par Jacques Halbronn Nous avons traité cette question depuis une bonne cinqantaine d’années, puisque l’on peut remonter dans nos archives jusqu’en 1969. C’est en 1976 que nous avons, autant que nous nous en souvenions, publié nos travaux (Clefs pour l’astrologie, Paris, Seghers 1976 cf « L’évolution de la pensée astrologique face aux découvertes des nouvelles planètes du système solaire ( 1781-1930) communication au Congrès des Sociétés Savantes, Nancy, 1978, sciences, fasc. V, pp/ 145-156) Mathématiques divinatoires, Paris, Trédaniel, pp. 79 et seq) ) pour la première fois mais nous en avions fait la base de notre enseignement dès les années 1970-71, notamment auprès de certains membres de l »association des Amis de Dom Néroman (Jacques Moine, Max Duval, Maurice Béquart notamment), sujet qui les intéressait en raison du travail de leur maître dès les années trente.(cf Grandeur et pitié de l »astrologie, Paris Sorlot 1940 pp 75 et seq » Les dieux du zodiaque ». Durant l’Eté 1971, nous nous étions entretenus avec l’Italienne Lisa Morpurgo, lors d’un Colloque international de l’ISAR, à Aalen(RFA) laquelle avait développé des études de son coté, ce qui donnera en 1972 son Introduzione all’astrologia e decifrazione dello Zodiaco. Longanese, pp. 31 et seq. L’ouvrage parut en français, en 1974 sous le titre Introduction à la Nouvelle Astrologie. En 1975, nous donnerons un exposé sur ce sujet, au séminaire de Bernard Jaulin (Jussieu, Paris VII). Sautons 25 ans : en 2000, les Congrès d’Hermés publient leurs Actes de leur rencontre parisienne sous le titre « Les maitrises planétaires » avec des contributions de Yves Lenoble, Denis Labouré, Danièle Jay, Gilles Verrier, Solange de Mailly Nesle Marie Noelle Baudron, Fanchon Pradalier Roy, Jean de Larche. On ne nous y avait pas invité à intervenir. D’ailleurs, c’est peu après que nous reprendrons notre travail sur ce sujet, nous étant longtemps consacré au prophétisme (cf notre thèse d’Etat 1999, Le texte prophétique en France. Formation et fortune. Presses Universitaires du Septentrion) mais nos Clefs étaient reparues en 1993. Toutefois, dans l’article « Astrologie » paru dans l’Encyclopaedia Universalis, à la même époque, nous avions consacré un développement à la question (p. 288 vol. 1) Nous avions signalé la possibilité d’une discordance entre les attributions planétaires et la symbolique des signes proposée: » C’est ainsi que les deux signes de Vénus, tels qu’ils avaient été conçus à une période pré-ptoléméenne , correspondent bien à deux signes représentés par un couple et par une vierge, souvent accompagnée d’une licorne aux valeurs phalliques. Car dans l’iconographie astrologique, les Gémeaux sont souvent campés comme un couple qui s’enlace (..) Dès lors, les deux signes de Mercure auraient d’abord été le taureau et la Balance » Plus loin, nous évoquions la permutation soleil et lune dans le dispositif des exaltations : » Cela aurait tenu à la prise en compte de la précession des équinoxes qui aurait amené à constater que le point vernal se trouvait plutôt dans la constellation du bélier que dans celle du taureau » En 2001 et 2002, nous ferons deux commmnications dans des Colloques espagnols sur ces sujets. On trouvera ces textes dans la revue Beroso n°5 (Primeras jornadas de Historia de la astrologia en la antiguedad, Barcelone) « Ptolomeo y las astrologias del « Tetrabiblos » et dans le volume « Homo Mathematicus » Actos del Congreso Internacional sobre Astrologis griegos y romanos, Malaga 2002 « Comparaison du Tétrabible attribué à Ptolémée de la Mathesis de Firmicus Maternus » Dans le premier exposé l’on trouve un texte « Las exaltationes, estructura verdadera o fictitia? » nous signalions l’étrange opposition entre Mercure exalté en Vierge et Vénus en poissons », ce qui était une impossibilité astronomique, du fait de leurs élongations limitées respectivement à 28° et 48° du soleil! Dans le second exposé, quelques mois plus tard, nous constations que les explications fournies par les auteurs sur les rapports planètes-signes montraient que les dits dispositifs étaient transmis sans leurs clefs.(p. 151) On en arrivait à la conclusion que le Tétrabible pouvait ne pas avoir été l’oeuvre de Ptolémée » Cette astronomie fictive ne semble pas correspondre aux intentions affichées dans le premier livre et qui dénonce de tels procédés pseudo-astronomiques qui ne pouvaient que choquer un astronome comme l’auteur de l’Almageste » Rappelons que nous avons consacré une étude à Nicolas Bourdin, l’auteur de la traduction française du Tétrabible ainsi que du Centiloque (Trédaniel, 1993): Etudes autour des éditions ptolémaiques de Nicolas de Bourdin (1640-1651) in Le Centilogue de Ptolémée ou la seconde partie de l’Uranie. et plutôt encore rappelons, dès 1976, notre édition des « Remarques Astrologiques sur le commentaire du Centiloque par Nicolas de Bourdin » de Jean-Baptiste Morin ou le Fanal de l’astrologie »(Ed Retz) Avant d’aborder notre nouvelle description des « Maitrises planétaires » selon une tradition certainement antérieure à Ptolémée, il nous semble opportun, en effet, de nous intéresser quant à l’intérêt d’un tel dispositif pour l’astrologie et en ce sens, l’on comprend que Jean-Pierre Nicola ne l’ait point retenu dans son oeuvre. Bien des facteurs nous conduisent à penser que nous sommes en face d’une construction mathématique d’astronomes, désireux d’intégrer dans une théorie générale de leur métalangage les signes et les planètes, sans se préoccuper aucunement du symbolisme zodiacal ou mythologique (cf ce que nous avons signalé plus haut sur les domiciles de la déesse Vénus) Cela pose toute la question des rapports entre astronomie et astrologie et à n’en pas douter, ce petit jeu aura continué à partir de la fin du XVIIIe siècle lorsqu’il s’agira de nommer les astres nouvellement découverts : Uranus, Cérés et autres astéroides, Neptune – et à un certain moment l’ihtramercurielle Vulcain, Pluton et consorts en les intégrant dans un certain tissu mythologique, ce qui sera tout autant adopté avec enthousiasme par les astrologues, heureux de bénéficier d’une réelle complicité de fait Cela dit, il nous semble assez évident que les maitrises planétaires, telles qu’elles furent élaborées au départ, devaient observer une certaine cohèrence structurelle laquelle se sera altérée au fil des age tant et si bien qu’un Ptolémée, si tant est que ce soit lui, transmet sans rien y comprendre ou chercher à y comprendre grand chose. A ce propos, rappelons le traité d’Abraham Ibn Ezra (XIIe siècle) « le livres des raisons » (cf notre traduction, Retz 1977) et son chapitre II commentant le chapitre correspondant de son premier traité, Le Commencement de la Sapience (pp 238 et seq) « J’ai déjà cherché, écrit-il, dans les oeuvres des astrologues la raison des domiciles et je n’ai rien trouvé de correct si ce n’est qu’ils disent « Ainsi veut l’expérience le résultat auquel nous sommes arrivés (..) Hénoch dit que le Cancer est le signe du monde, c’est à dire qu’il culminait quand celui-ci fut créé » Ce qui nous renvoie à l’idée de « thema mundi » (cf R. Gleadow sur les exaltations, in Les origines du zodiaque, trad. de l’anglais, Paris, Stock, 1971; pp. 251 et seq) Selon nous, la meilleure approche est celle consistant à restituer une vraisemblance astronomique minimale, si l’on admet justement qu’un tel dispositif émane du milieu astronomique lequel ne saurait se confondre avec le milieu astrologique, même si à certaines époques, des confusions auront pu se produire. On admettra que l’on aura respecté a minima le phénomène des élongations évoqué plus haut mais alors comment expliquer que l’on puisse dans l’exposé des domiciles du Tétrabible (cf W .J Tucker, L’ astrologie de Ptolémée, commentaire du Tetrabiblos de Ptolémée, trad. de l’anglais, Paris, Payot, 1981 pp 73 et seq) avoir Mercure à la fois en gémeaux et en vierge, alors que le soleil est domicilié en lion, ce qui va pour Mercure en Vierge mais non en Gémeaux, car alors il serait trop éloigné du Soleil? De même Vénus ne peut elle avoir domicile en Taureau car la planète serait trop éloignée du dit soleil en Lion. La clef du problème tient au fait que l’on a affaire à deux référentiels et non à un seul à savoir qu’aux luminaires en cancer et en lion, il faut joindre les luminaires en bélier et taureau. Pourquoi cette autre position des luminaires ne figure pas dans le tableau du Tetrabiblos? Réponse:parce qu’on les en a ôtés. Question: et pourquoi? Réponse: pour faire de la place à Saturne! En effet, si l’on enlève Saturne, on peut réintégrer une autre position des luminaires et alors Mercure en Gémeaux et Vénus en Poissons respectent les distances à condition toutefois, comme on l’a signalé plus haut, de placer la Lune en bélier et le soleil en taureau, ce qui s’inscrit dans le tétramorphe des signes « fixes » avec le lion. On obtient ainsi le dispositif suivant: Lune- Mercure -Soleil deux fois du Bélier à la Vierge et en face Vénus Mars Jupiter puis Jupiter Mars Vénus, de la Balance aux Poissons. On est donc en présence d’une division en 4 puisque le sénaire est lui composé de deux ternaires, ce qui sous tend une division en 12 à caractère jupitérien (cycle de 12 ans). Mais il importe de souligner que les attributions des planètes aux signes ne sont que nominales. Il s’agit de préciser la signification du signe en le reliant à telle ou telle dénomination planétaire mais le bon mode d’emploi ne consiste pas à justifier un quelconque pluriplanétarisme. C’est la planète élue qui va ainsi se décliner et paradoxalement, nous pensons que la diversité des facteurs associés aux signes est la contrepartie de l’usage d’un seul et unique paramétre, tout comme un même verbe sera traité au prisme de la conjugaison . Chaque planète dispose d’un signe masculin et d’un signe féminin, ce qui n’est pas le cas si l’on garde Soleil en bélier et lion, deux signes masculins, Lune en taureau et en cancer, deux signes féminins Soit un double sénaire en rapport avec le duodénaire zodiacal CQFD. L’ajout de Saturne aura conduit à déstructurer complément le système et le décrocher de la réalité astronomique à laquelle Ptolémée substitue une logique symétrique factice du dédoublement des domiciles autour de l’axe Cancer-Lion Autrement dit, le dispositif dit des domiciles du Tétrabible est en réalité un double dispositif des domiciles et des exaltations avec un référentiel solsticial pour les uns et équinoxial pour les autres ..Selon nous, le dispositif en question reléve de l’astrologie rotationnelle, laquelle aura emprunté à l’astrologie zodiacale son découpage en 12 signes qui seront associés aux planètes. Mais pour actionner le dit agencement, il n’était pas question de traiter des planètes circulant réellement dans les signes mais de mouvoir l’Ascendant de naissance s’imprègnant ce faisant de la symbolique planétaire correspondant à chaque signe. On notera que la solution exposée dans l’Astronomicon par Manilius visait le même but mais en ne se limitant nullement aux dieux ayant donné leur nom aux planètes. Ainsi la Tétrabible aurait entériné le rapprochement entre les deux formes d’astrologies pour n’en faire plus qu’une. On notera que les maitrises jouent le role des aspects en astrologie rotationnelle du fait qu’elles servent à connecter les maisons entre elles et donc les planètes qui s’y trouvent. Le projet Hindsight substitue à l’exigence de cohèrence celui de l’ancienneté. Reste la question de Saturne. Notons que Saturne est le seul dieu- planéte qui n’appartient pas à l’Olympe. Il a du exister une tradition qui mettait cet astre à part et d’ailleurs de nos jours, les astronomes placent une frontière entre Jupiter et Saturne quant à leurs fonctions respectives au sein du système solaire. Au fond Saturne ouvrirait au monde « transjupitérien » avec Uranus, Neptune etc. et il faudrait renoncer à la formule » transsaturnien » car Saturne est déjà dans un autre champ.. A propos d’exemples de tentatives de faire correspondre le premier groupe au 7 au lieu du 6, nous renvoyons au Sefer Yetsira ou Livre de la Création où le classement des 22 lettres en trois groupes : 4 plus 6 plus 12 a laissé la place à 3 plus 7 ¨plus 12 (cf Clefs pour l’astrologie, 1976 p. 191) et ce aux dépends de la réalité grammaticale puisqu’en hébreu, il n’y a que six lettres qui ont une double prononciation (en abrégé : bagadkaphat) JHB 05 02 21

jeudi 28 mai 2026

jacques halbronn Masterclass en Anthropocosmologie. Partir du connu vers l’inconnu. La dialectique Lune Saturne.

jacques halbronn Masterclass en Anthropocosmologie. Partir du connu vers l’inconnu. La dialectique Lune Saturne. L’astrologie s’articule-t-elle sur cette formule de la Table d’Emeraude « « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. »? que faut-il entendre par « anthropocosmologie »? En tout état de cause, il importe de partit du connu, l’anthropos afin de décoder le cosmos, ensemble lointain sur lequel les humains seraient condamné à se projeter. Le tort de l’astrologie ne tient-il pas d’abord à un tel décalage méthodologique contre nature? Or ceux qui ne parvienent pas à comprendre le monde terrestre seront tentés de se référer au monde céleste…Tel est bien là le dilemme! Que savons -nous du monde céleste qui nous servirait de fil d’Ariane pour aborder ce qui nous est le plus proche, le plus familier? Faut-il se fier à la mythologie laquelle imprégne nettement l’astronomie tant pour ce qui est des planétes que des constellations? C’est ainsi que les astronomes contemporains n’ont pas hésité longtemps pour perpétuer les rapports avec les dieux du Panthéon, d’où les noms d’Uranus, Neptune et Pluton sans parler (pour les astéroïdes) de Cérés, Junon, Vesta; noms que les astrologues se sont empressés à intégrer dans leur tradition, à commencer par l’attribution de tel dieu à tel astre, complétant le dispositif figurant dans la Tétrabible de Ptolémée.(IIe siècle après JC) .* Le recours aux statistiques est il la solution? On pense aux travaux d’un Michel Gauquelin effectués à partir d’annuaires professionnels. On pense à André Barbault – à la suite de Gouchon- dans ses tentatives de trouver des points communs, sur le plan astronomique, aux deux Guerres Mondiales du XXe siècle. Mais peut-on faire intervenir des planétes inconnues des Anciens car invisibles à l’oeil nu comme le proposait ce dernier, recourant à Uranus, Neptune et Pluton, apport des astronomes à la description du ciel? Quant à Gauquelin, il ne tient aucun compte du passage des planétes sur l’écliptique et s ‘en tient à leur position dans le mouvement diurne, ce qui correspond à un état primitif de l’observation du Ciel. soit deux solutions radicalement opposées au regard de l’Histoire de l’Astronomie. Est-on en mesure de connaitre la façon dont les Anciens usaient de l’Astronomie? D’où l’importance que nous accordons à la religion, laquelle relie les humains au « Ciel », référence fort ambigue. On pense au Shabbat, dans la tradition juive, qui se célébre, chaque semaine, le « samedi » (en anglais Saturday, ce qui renvoie à Saturne). La semaine est liée à la Lune et à ses phases de 7 jours. Mais la célébration du Shabbat ne respecte nullement les dites phases(nouvelle lune, pleine lune) et s’en tient à une hémérologie bien incertaine, bien que le début des mois s’articule sur la nouvelle Lune; Sur le web: « Chaque nouveau mois commence avec la nouvelle lune. Le calendrier (hébraïque) s’aligne sur une année solaire et sur des lunaisons de 29 jours 12 heures 44 minutes et 3 secondes + ⅓ de seconde et alterne des mois de vingt-neuf et de trente jours. » La question qui se pose est la suivante: existe-t-il un quelconque déterminisme à se conformer à tel ou tel cycle cosmique ou s’agit plutôt il d’un paramétre purement « culturel » plutôt que « naturel »? Le chercheur en astrologie est bien obligé d’étudier dans quelle mesure, notre Humanité est, consciemment ou subconsciemment, impactée par quelque modéle céleste, ce qui nous renvoie à l’anthropocosmologie. Il s’agit donc, selon notre « méthode » d’identifier quelque forme de cyclologie en dehors même de tout référentiel astronomique et ce n’est que dans un deuxiéme temps qu’un rapprochement pourra s’établir entre cyclicité d’en bas et cyclicité d’en haut, pour paraphraser la Table d’Emeraude. Comme il serait commode si les sciences sociales avaient été en mesure de nous fournir les bases d’une telle cyclologie d’en bas, ne s’appuyant sur aucune cyclologie d’en haut? La cyclologie n’est elle pas chose trop sérieuse pour l’abandonner aux astrologues, lesquels sont à l’évidence, par trop, impactés par la sphère mythologique dans laquelle baigne l’astronomie? Un dialogue pourrait-il s’instaurer entre astrologues et astronomes? Il importera ainsi de se demander ce que l’Humanité attendait du Ciel, ce qui pose la question des rapports entre astronomie et politique/pouvoir. Dans nos Clefs pour l’Astrologie (Seghers, 1976), nous avions mis l’accent sur le cyclicité des empires se faisant et se défaisant, tour à tour, d’où les notions d’unicité (U) et de multiplicité (M) que nous avions introduites mais cette cyclicité nous avait interpellé avant même de nous intéresser à l’astrologie et nous l’avions associée au passage des planétes sur les axes équinoxiaux et solsticiaux, liés au cycle saisonnier, ce qui ne correspondait nullement à la statistique gauuquelienne étrangère au Zodiaque, mais l’astrologie mondaile barbaultienne ne tenait pas davantage à la position des astres sur l’écliptique. Or, pour nous l »anthropocosmologie doit impérativement connecter le ciel cosmique et le cycle des saisons terrestres. Dès le départ, nous avions été choqués par la débauche de facteurs prétendument fournie voire imposée par l’astronomie au risque de saturation. Trop de signifiants! Par ailleurs, l’astrologie était surtout connue du public par le signe solaire déterminé par le seul passage du Soleil au travers du zodiaque, ce qui correspondait à une toute autre façon, bien plus économe de moyens d’appréhender, de traiter le ciel. Les astrologues avaient coutume d’opposer à un tel modéle le recours au thème natal, au « ciel » individuel, dépendant du lieu et de l’heure de naissance, ce qui générait une complexité extraordinaire. Michel Gauquelin- dont on a dit qu’il n’avait cure du positionnement zodiacal - aura combiné une typologie réduite à 5 planétes et professions (Lune, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne) et la question du mouvement diurne sur 24 heures avec un changement de paramétre en l’espace de quelques heures d’où l’importance de la connaissance de l’heure de naissance, ce qui nous semblait anachronique si l’on se reportait des milllénaires en arrière où une telle connaissance et précision nous apparaissait fort improbable et nous avons suggéré l’existence d’une astromancie horaire qu’il aurait ainsi exhumée, antérieure à l’ordre astrologique nouveau mis en place ultérieurement et qui devait être notre véritable objet d’étude. Selon nous, l’astrologie gauquelinienne n’est pas généthliaque mais horaire, la naissance n’étant qu’un avatar de l’astrologie horaire. Autrement dit, l’astrologie avait fondamentalement vocation à organiser, à formater les sociétés et non à analyser les individualités. Elle était avant tout une cyclicité, à l’instar des constitutions actuelles lesquelles proposent une sorte de pseudo astrologie, instituant une fausse science se substituant à une astrologie authentique. Selon nous, notre humanité est saturno-centrée, d’où l’importance du Shabbat lunaire, Saturne et la Lune étant liés au nombre 7 astronomiquement. Mais la Lune est un artefact dépassant les données astronomiques, en ce qu’elle est le satellite de notre Terre. Il y a bien là une sorte de mode d’emploi montrant que le systéme solaire primitif aura été reformaté dans le cadre d’un dessein intelligent, ce qui nous renvoie à une théologie particulière non réductible à un processus évolutif « naturel », et donc à une forme de créationisme biblique. En conclusion, nous dirons qu’il existe une cyclicité qui peut s’observer sans référence à l’astronomie, laquelle cyclicité est connectable avec celle de Saturne en rapport avec le cycle saisonnier de notre Terre; Sur Wikipedia jacques halbronn Masterclass en Anthropocosmologie. Partir du connu vers l'inconnu. La dialectique Lune Saturne. dans anthropocosmologiz 500px-Houghton_Typ_620.09.482_Heinrich_Khunrath%2C_Amphitheatrvm_sapientiae_aeternae Planche représentant une version latine de la Table d’émeraude gravée sur un rocher dans une édition de l’Amphitheatrum Sapientiae Eternae (1610) de l’alchimiste allemand Heinrich Khunrath. La Table d’émeraude (Tabula Smaragdina en latin) est un des textes les plus célèbres de la littérature alchimique et hermétique. C’est un texte très court, composé d’une douzaine de formules allégoriques et obscures, dont la plus célèbre : « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. » JHB 28 05 26

mercredi 27 mai 2026

jacques halbronn Master Class Méthodologie de la Recherche Astrologique/ Les statistiques événementielles.

jacques halbronn Master Class Méthodologie de la Recherche Astrologique/ Les statistiques événementielles. Il y a une bonne trentaine d’années, nous avions diffusé une plaquette intitulée « L’astrologie selon Saturne », au Salon de l’Astrologue (Palais des Congrès Porte Maillot . Paris) .Ce document était axé sur le passage de Saturne sur le point vernal (0° bélier) Mais nous y indiquions que la série d’événements que nous avions suivie sur deux siècles, de 1789 à 1994 se situait plutôt en poissons qu’en bélier. Il nous aura fallu attendre 2026 pour comprendre ce décalage. En 2003 (http://ramkat.free.fr/ashalb14.html nous avions opté pour la conjonction de Saturne avec les étoiles fixes royales (Aldébaran, Régulus etc) pour tenter d’expliquer le décalage entre bélier et poissons. Quelle leçon tirer d’une telle observation? Que la recherche astrologique ne doit pas se soumettre à un modéle préétabli., que cela tienne au découpage zodiacal ou aux conjonctions planétaires car l’on risque de manquer des événements socio-historiques majeurs, mésaventure qu’aura connue André Barbault, au lendemain de 1989 et du démantélement du bloc communiste. Barbault n’aura pas su qualifier de décolonisation ce qui s’était déroulé sous ses yeux et le relier au démantélement de l’empire colonial français 30 ans plus tôt, dans le même secteur zodiacal, Saturne se trouvant dans les deux cas à la même position, au début du signe du capricorne/ Apparemment, l’engagement communiste de Barbault l’empéchait de faire un tel rapprochement entre 1960 et 1989. De même, certains rechigneront à qualifier d’invasion ce qui se produisit en 1967 et 1939, en raison de leur engagement sioniste….Or, il est essentiel que le chercheur en astrologie ne connaisse point ce type de blocage, de biais idéologique! Ce n’est que récemment qu’il nous aura été possible d’élaborer un nouveau modéle en passant d’un Zodiaque à 12 signes à un zodiaque à 8 signes, sur la base d’une division en 2 et non en 3 des arcs saisonniers, accordant la plus grande importance au passage de Saturne sur le quinzième degré des signes fixes.(15° taureau, lion etc), point négligé jusques alors. Nous avons fini par considérer les axes saisonniers ( équinoxes; solstices) non plus comme un début de phase mais comme un pic de phase, ce qui conférait aux signes mutables un rôle majeur d’antichambre au signe cardinal, d’où le cas des Poissons précédant le Bélier, ce qui correspondait à nos observations exposées dans notre Astrologie selon Saturne. Cela valait pour le Sagittaire (notre signe solaire) précédant le Capricorne, et cela permettait de prendre en considération l’avénement de Gorbatchev, 3 ans 1/2 plus tôt en 1985., fin scorpion -début Sagittaire. C’est ainsi que les 45 degrés précédant le passage de Saturne sur l’un des axes saisonniers, revétiraient dès lors une importance majeure, conduisant le chercheur à aller en amont de l’événement étudié lequel serait la résultante du passage de Saturne sur le 15e degré du signe fixe (correspondant d’ailleurs peu ou prou aux étoiles fixes royales, cf supra) On pourrait même parler d’une phase ascendante de Saturne entre le 15° degré fixe et le 0° cardinal, et d’une phase decroissante de Saturne entre le 0°cardinal et le 15°fixe suivant, ce qui aboutirait au lendemain de 1989 à la dissolution de l’URSS, dans les derniers jours de 1991, lors de l’entrée de Saturne en verseau, signe fixe. La boucle étant ainsi bouclée, de 1985 à 1991 avec l’entrée dans un nouveau cycle de 15 ans. C’est dire que les deux fétiches de Barbault, le cycle Saturne-Neptune et l’indice cyclique se trouvaient définitivement disqualifiés et impropres. A bon entendeur salut! En tout état de cause, tous les 7 ans, de nouveaux enjeux se présentent de par le monde et il importe de se focaliser sur le retour de Saturne sur le 15e degré d’un des 4 signes fixes comme point de départ d’un nouveau cycle événementiel et existentiel. Le passage de Saturne sur le 0° degré d’un des 4 signes cardinaux exige de se reporter en amont comme en aval au 15° degré fixe qui précéde et qui succéde, ce qui correspond à une structure triangulaire. JHB 27 05 26

lundi 25 mai 2026

jacques halbronn Master Class Astrologie Septénale et triangulatoire

jacques halbronn Master Class Astrologie Septénale et triangulatoire On étudiera avec notre nouvelle méthode triangulaire la période 2000-2028 puis la période 1933 -1992. On aura compris que le commencement et la fin de chaque période triangulaire ne correspondent pas à la tonalité de l’axe central des triangles. TABLEAU DES TRIANGULATIONs 2000- 2028 La méthode des triangulations permet de mettre les événements en perspective, tant en amont qu’en aval, couvrant ainsi systématiquement des périodes de 7 ans. Il importe notamment de déterminer si tel événement commence un cycle ou bien en est la conclusion. C’est ainsi que le grand Colloque de 2004 sur l’axe solsticial, en cancer a été préparé par le Colloque MAU-CURA-RAO de fin 2000 avec Saturne en taureau et a passé le relais en 2007 avec un nouveau triangle couvrant 7 années jusqu’en 2014 autour de l’axe équinoxial en balance en 2009. C’est notamment la période de Téléprovidence et d’une couverture du monde francophone, culminant avec le Congrès de Montréal. Le triangle C correspond selon nous à l’ascension d’Emmanuel Macron, élu à la Présidence de la République en 2017 avec Saturne passant sur l’axe solsticial, ce qui indiquait le besoin d’un dépassement des anciens clivages partisans, au dessus de la mélée. Le triangle D du fait de son équinoxialité, à la pointe du triangle, correspond à la dissolution de l’Assemblée Nationale par Macron en 2024 et à son alliance au sein du Nouveau Front Populaire.(avec LFI et Mélanchon). Les périodes équinoxiales sont marquées par des rapprochements problématiques, ce qui est le cas en 2026, avec Saturne repassant en bélier, avec l’intervention USA-Israel face à l’Iran et ses alliés. triangle A : mi-taureau- 0° cancer- mi lion 2000-2004-2007 Axe solsticial triangle B mi-lion- 0° balance–mi Scorpion 2007-2009- 2014 Axe équinoxial triangle C mi-Scorpion- 0° Capricorne- mi-Verseau 2014-2017 2021 Axe solsticial Triangle D mi-verseau -0° Bélier- mi-taureau 2021- 2025- 2028 Axe équinoxial Rappel Les phases à dominante (point du triangle) solsticial correspondent à un retrait de la puisance dominante alors que celles à dominante équinoxiale correspondent à un processus d’occupation. l933 Hitler chancelier Saturne verseau.Annexion Sudétes 1938 Colonisation de la France. 1940 1941 Défaite allemande Stalingrad (taureau). Débarquement en Normandie (44) Partition du mandat britannique en Palestine(1947) Axe solsticial (Cancer). 1954 Guerre Algérie. Décolonisation de l’empire français triangle à la pointe solsticiale Début 15° Scorpion 1963 Phase équinoxiale Traité franco-allemand de l’Elysée Saturne à 15° verseau. Guerre des Six jours 1967 (Saturne bélier) jusqu’à Saturne à 15° taureau 1971. 1971 Début 15° taureau. Pointe solsticiale du triangle en cancer. 1977 Saturne en lion. Israel renonce au Sinai. 1975. Fin 15° Lion 1977 Saturne en lion Pointe du triangle en balance.Phase équinoxiale. Invasion soviétique de l’Afghanistan Fin Saturne en scorpion 1985 Saturne à 15° scorpion. Gorbatchev. Décolonisation soviétique (1989) triangle à la pointe solsticiale (0°capricorne). JHB 25 05 26

dimanche 24 mai 2026

jacques halbronn Astrologie Septénale. Triangulation: axes saisonniers au sommet et non au début

jacques halbronn Astrologie Septénale. Triangulation: axes saisonniers au sommet et non au début Il nous faut corriger une erreur de modélisation: le passage de Saturne sur les axes saisonniers ne déterminent pas le début d’un signe mais son point culminant. Il y a une trentaine d’années, dans notre Astrolologie selon Saturne, nous avions noté que l’événementialité ne débutait sur le point vernal mais sensiblement plus tot en poissons. Mais nous n’avions pas à l’époque appliquer le mode de triangulation qui aurait placé le passage de Saturne en signe cardinal en milieu de phase et non pas en début de phase ou de signe. Soit un décalage de plusieurs années dans le repérage des 8 signes de 45°. Excusez du peu, tant au début de la phase qu’à sa fin. Tout se trouvait ainsi décalé. Ce ne serait plus désormais le 0° bélier mais le 15° Verseau qui serait à considérer et ainsi de suite… La croix des fixes serait la base de notre repérage et non plus la croix cardinale qui signalerait le passage à la phase 2 du signe et non plus à la phase 1. Mais un tel décalage était également susceptible de fausser notre description des phases vu que le contenu des dites phases s’en trouvait décalé de 45°. Les équinoxes et les solstices ne déterminent donc plus les changements de phase et convient-il – alors de parler de phases équinoxiales et solsticiales? Le probléme recoupe le débat posé par l’astrologie sidéraliste (Dorsan, Marie Delclos, Labouré, J. de Lescaut etc FAS, Fédération des astrologues sidéralistes) Dans l’immédiat, on s’en tiendra aux appellations actuelles. En phase équinoxiale de Saturne (débutant donc en signe fixe) cela favorise les expansions, les dépassements alors qu’en phase solsticiale, cela favorise la verticalité et la distanciation. C’est ainsi que le démembrement des empires serait d’ordre solsticial tandis que leur constitution ou reconstitution serait d’ordre équinoxial. Actuellement, le passage de Saturne en bélier aura donc été préparé dès son passage à 15° verseau en 2022 pour culminer en 2025-26.(avec une rétrogradation) Ce passage aura amélioré la compatibilité et le sens du compromis entre formations politiques. C’est ainsi que Gorbatchev est arrivé au pouvoir en 1985 et donc les événements de 1989 n’en sont que la conséquence. JHB 24 05 26

samedi 23 mai 2026

jacques halbronn Astrologie septénale et écliptique divisé en 8 signes de 45 degrés/ Cas du serpentaire (Ophiucus). Nouvelle méthodologie.

jacques halbronn Astrologie septénale et écliptique divisé en 8 signes de 45 degrés/ Cas du serpentaire (Ophiucus). Nouvelle méthodologie. Selon nous, on sera passé à un certain moment, de 8 à 12 signes ou secteurs/ La constellation du Serpentaire se situe en 9e position et porte donc la trace d’une telle addition au delà du huitiéme signe: C’est d’ailleurs, sous le signe d’Ophiucus que nous serions nés, en date du Ier décembre: t. Serpentaire ou Ophiuchus : c'est quoi ce "treizième signe" astro ? © 123RF sur le web Le Serpentaire (ou Ophiuchus) : la 13ème constellation du zodiaque Le Serpentaire, appelé également Ophiuchus selon la mythologie grecque, est symbolisé par un homme portant à bout de bras un serpent. On trouve aussi un reptile entourant un bâton et ressemblant au caducée, symbole du corps médical et des pharmaciens. Cette constellation est traversée par le soleil entre le 29 novembre et le 18 décembre de notre calendrier. Voilà ce que nous dit l’astronomie. Et du côté de l’astrologie ? Quel est votre nouveau signe astrologique depuis l’apparition du Serpentaire ? Avec l’arrivée du Serpentaire, l’attribution des signes astrologiques s’est vue totalement bouleversée. Voici les nouvelles dates pour vous permettre de déterminer votre (véritable ?) signe : Entre le 18 avril et le 12 mai ? Bélier. 1 Entre le 13 mai et le 20 juin ? Taureau. 2 Entre le 21 juin et le 19 juillet ? Gémeaux 3. Entre le 20 juillet et le 9 août ? Cancer. 4 Entre le 10 août et le 15 septembre ? Lion 5. Entre le 16 septembre et le 29 octobre ? Vierge 6 . Entre le 30 octobre et le 22 novembre ? Balance 7 . Entre le 23 novembre et le 28 novembre ? Scorpion 8. Entre le 29 novembre et le 17 décembre ? Serpentaire. Entre le 18 décembre et le 19 janvier ? Sagittaire. A un certain stade,, comme le note Cyril Fagan, les astrologues grecs auront cru bon de diviser le mouvement diurne en 8 secteurs, renonçant ainsi ,, en faveur d’une division en 12, alignée sur les 12 constellations zodiacales, à une division en 8 de l’écliptique, ce qui est la base de notre Astrologie Septénale. Encore au XVIIe siècle, l’on désignait les signes en tant que ‘maisons » (Nicolas Bourdin,Eustache Lenoble), ce qui induira en erreur un Patrice Guinard qui associera la formule au thème de nativité.(cf notre dernière étude sur ce chercheur) dans le cadre de son étude érudite sur la fortune de l’octotopos (site du CURA; 2020) Eustache Lenoble Uranie ; « Ainsi le Soleil a pour maison le Lion, pour exaltation le Bélier, pour décadence le Verseur d’eau, & pour chute la Balance. La Lune a pour maison l’Ecrevisse » Pour nous, les configurations ne sont pas fonction des degrés mais des signes, ce qui modifie sensiblement la méthodologie prévisionnelle en lui accordant une plus grande marge de manoeuvre. Des événements survenant dans le même signe divent se ressembler et se recouper, quelle que soit la distances dans le temps et dans l’espace, ce qui permet d’instaurer un continuum d’un nouveau type. L’astrologie saturnienne est vouée à remplacer pour le grand public l’astrologie solaire et s’axe non plus sur le mois de naissance mais sur les phases de Saturne qui déterminent un certain climat général, partagé par tous. C’est Marie Louise Sondaz qui aura lancé cette mode du signe solaire natal en France, dans la ligne du Brittanique Richard Naylor: « En 1937, Naylor avait développé un système utilisant les 12 signes solaires ( signes astrologiques ) qu’il appelait « Your Stars ». Ce système simplifié d’astrologie permettait de faire douze prévisions basées uniquement sur la date de naissance du lecteur. » Auparavant, l’on faisait dans la presse des prévisions identiques pour tout le monde, ce qui selon nous, était plus valable, quitte à considérer le critère du genre et non celui de la naissance. Ce syncrétisme entre prévisions mondiales et thème natal aura été préjudiciable à l’Astrologie contemporaine. On peut donc regretter que Patrice Guinard ait suivi cette voie en comprenant, anachroniquement, le mot « maison » comme renvoyant au théme natal, ce qui constitue un dévoiement. Il importera donc que le public se familiarise avec la division en 8 secteurs égaux du cycle de Saturne de 28 ans, étant entendu qu’il n’existte que 4 cas de figure à connaitre au sein d’un demi-cycel de 14-15 ans. JHB 23 05 26

jacques halbronn Les piéges de la recherche astro-prophétique. La carence citique de Guinard

jacques halbronn Les piéges de la recherche astro-prophétique. La carence citique de Guinard Nous avons rencontré Guinard en 1983, dans ses 25 ans, lors du congrès de Nantes que nous avions organisé avec Alain de Chivré et donc pendant une quarantaine d'années, nous sommes restés en contact et avons pu observer l'avancement de ses activités tant en astrologie que dans le champ cenurico-nostradamique dans lequel il se sera investi à la fin de sa vie. Disons d'emblée que selon nous Guinard aura été un chercheur malheureux dans tous les domaines concernés mais cela vaut certainement la peine d'analyser ses errances qui sont celles de bien d'autres chercheurs sur ce créneau. . Dans le cas de l'astrologie, Guinard avait été formé dans le cadre de l'astrologie conditionaliste de Nicola.Il va produire à la fin des années 90 un Manifeste à la suite de sa soutenance de doctorat, (1993) avec F. Bonnardel (Paris I). qui profitera des collections de notre Bibliotheca Astrologica".L'astrologie : Fondements, Logique et Perspectives". Dans son jury, il y avait Max Lejbowicz de la même mouvance astrologique. Force est de constater que Guinard a besoin de l'astronomie pour fonder l'astrologie, sans comprendre que l'astrologie tout au contraire doit s'émanciper de l'astronomie qui n'en est que la matière première à transmuter. Comme Nicola, il veut croire que tout le système solaire fait sens pour notre Humanité, que les astronomes, par leur découverte de nouvelles planétes, ont la clef de l'achèvement de l'astrologie, jusque là incompléte, alors qu 'elle n'a, selon nous, besoin que de Saturne pour fonctionner.De même Guinard accorde de l'importance aux 12 signes, comme Nicola, alors que l'astrologie n'a besoin que de 8 signes., liés aux axes équinoxiaux et solsticiaux et à leur division en 2 périodes. egales de 3 ans et demi chacune. Il est resté un adepte du thème natal, ce dont son maitre Nicola n'avait pas su se libérer(d'où sa participation à Astroflash). Le succés de son Manifeste autour de l'an 2000 sera du à sa thèse selon laquelle l'Astrologie reléverait d'un processus évolutif devant aboutir à son apothéose final. Déçu par l'astrologie, Guinard aura fini, au XXIe siècle, par s'investir dans la recherche nostradamologique, suivant notre exemple mais incapable de porter un regard critique sur la succession des éditions centuriques, pas plus qu'il n'était parvenu à faire le tri de ce que l'astrologie devait garder de l'astronomie.D'où une certaine carence du sens critique qui lui fera prendre des lampions pour des lanternes. Il qualifiera de "canular" nos travaux de réévaluation de la chronologie centurique...D'où sa formule ". Halbronn et autres rêveurs de complots d'éditeurs et d'imprimeurs qui auraient antidaté la plupart des éditions". Heureusment, Gérard Morisse en 2011 aura mis les pendules à l'heure en accueillant dans la Revue Française d'Histoire du Livre un correctif en bonne et due forme de notre cru du dossier de Guinard sur Nostradamus qu'il avait laissé malencontreusement paraitre. en 2008 dans la même revue. Guinard s'était laissé tenter par la validation des prophéties pseudo- nostradamiques, ce qui avait pour effet de rendre impossible la notion d'antidatation car pour lui, tout le processus ces éditions centuriques était déjà planifié dès l'origine dans les années 1550! Guinard n'avait pas compris, en dépit de nos publications qui lui indiquaient la bonne voie (errare humanum est,perseverare diabolicum), que la production proprement due à Michel de Nostredame n'avait constitué qu'une matière première, largement retravaillée et prolongée après sa mort, survenue en 1566, puisque les quatrains eux mêmes sont des transpositions versifiées de textes en prose, à commencer par les épitres qu'il rédigea (à l'adresse d'Henri II, du pape Pie IV et de son fils César) outre le fait que certains quatrains auront subi des interpolations en lien avec les enjeux de telle ou telle époque, notamment sous la Ligue, comme nous l'avions montré en 1997 lors du Colloque Prophétes et prophéties, actes parus aux Ed de l'ENS), un corpus donc collectif et étalé dans le temps, ce qu'aura toujours refusé Guinard s'accrochant en astrologie comme en nostradamique à l'idée d'une source première intangible et indépassable. Guinard dans son étude du Dominion n'a pas compris qu'au XVIIe siècle le terme "maison" désigniait les signes zodiacaux et non les maisons astrologiques. Un Nicolas Bourdin tout comme un Eustache Lenoble (cité par Guinard) emploient bel et bien le mot "maison" pour désigner les signes, en tant que domiciles des planétes. C'est ainsi que la division en secteurs de 45°, Guinard l'associe au thème natal et ne voit pas que cela concerne l'écliptique et le passage des planétes sur l'écliptique et non pas sur la base du mouvement diurne Patrice Guinard suit à tort Cyril Fagan lequel reprochait aux " Grecs d'avoir assimilé le Dodekatopos au zodiaque, débutant au premier degré du Bélier" Or, pourtant, ce sont les Grecs qui avaient raison! " Les huit secteurs d'environ 45 degrés, centrés sur les Angles pour quatre d'entre eux, se succèdent dans le sens du mouvement diu"rne. Dans le dodekatopos les secteurs sont comptés à partir des Angles, qui définissent les quatre "pointes" de référence, et, illogiquement, dans le sens inverse du mouvement diurne. La triple divergence entre les deux systèmes (le nombre des Maisons, leur positionnement, et leur sens de succession) s'expliquerait par l'incompréhension du système initial, dont résulte l'élaboration relativement tardive, par les Grecs, d'une répartition duodécimale, calquée sur le modèle zodiacal. Cette assimilation factice prive l'espace domifié de ses caractères spécifiques et implique une redondance de la structure zodiacale. L'astrologue Cyril Fagan : "Les Grecs ont assimilé le Dodekatopos au zodiaque, débutant au premier degré du Bélier, en dépit du fait que les maisons se succèdent d'ouest en est, alors que les signes zodiacaux se succèdent d'est en ouest. D'où leur incompatibilité : on ne peut pas apparier douze signes et douze maisons alors qu'ils se succèdent dans un sens opposé." La leçon de l'octotopos n'a pas été oubliée à la Renaissance : Tycho Brahe expose en 1573 un système de 8 maisons de 45°, divisées à partir du premier vertical.L'octotopos est aussi utilisé en astrologie médicale par Cardan, par le mathématicien et astrologue Thomas Finck (1561-1656) dans son Horoscopographia (Schleswig, 1591), par le pionnier de l'astrologie anglaise, Christopher Heydon, dans ses journaux inédits, et par Nicholas Culpeper (1616-1654) qui l'associe au cycle lunaire et à la théorie des "jours critiques" (les 7e, 14e, 21e et 28e du cycle lunaire).Plus récemment, le docteur Hans Michel de Nuremberg a présenté un système de 8 maisons fondé sur les travaux du géophysicien F. Lehner. " JHB 23 05 26

Patrice Guinard Le Dominon Les 8 maisons astrologiques Octotopoes

Patrice Guinard Le Dominon Les 8 maisons astrologiques Octotopos Le Dominion 2/2 Textes et Articles Historique Liens ACCUEIL (FR) HOME (EN) Les 8 Maisons 2/2 : Le Dominion Domaines Célestes de la Conscience par Patrice Guinard 4. Origine du Dominion et Histoire des 8 Maisons 5. Organisation du Dominion 6. Sémantique des Domaines 7. La Domification : l'Octotope 8. Quadriversité et Cultures 9. Documents historiques Les 8 Maisons astrales 1/2 : L'Espace qualitatif 4. ORIGINE DU DOMINION ET HISTOIRE DES 8 MAISONS "Il y avait dans l'Antiquité un système de huit, plutôt que de douze maisons." (John North : Horoscopes and history) "La division par huit était une conception plus ancienne que le système de douze régions." (Frank Robbins) "Il a dû exister une tradition délaissée qui divisait le cercle de la géniture en huit cases" (Bouché-Leclercq) Les navigateurs de l'Antiquité, infatigables nomades des étendues aquatiques, furent les premiers à penser la forme de l'espace et la Terre. Les Vents ! Le vent d'Ouest et le vent du Sud diffèrent. On ne s'aventure pas impunément et sans précaution dans une direction sans en connaître les propriétés et les qualités. L'espace est hétérogène et vivant, "vi-vent". Et c'est la Rose, celle des vents, avec ses huit directions, qui s'impose avec évidence à l'esprit de ces pionniers. [1] Les astrologues hériteront de cette conception ogdoadique de l'espace, probablement à l'époque proto-historique de l'astrologie. On a conservé une proclamation du souverain assyrien Sargon II (721-705 B.C.) : "Devant et derrière, sur toutes les faces exposées aux huit vents, j'ai ouvert huit grandes portes." [2] Les devins Étrusques, contemporains de Sargon, utilisaient également une répartition par huit. [3] On sait que la triade sumérienne divine, cosmogonique, AN (Anu) / EN.LIL (Enlil) / EN.KI (Ea) avait déjà été remplacée par la triade planétaire sémitique Sîn (Lune) / Shamash (Soleil) / Ishtar (Vénus) avant le XIVè siècle B.C., époque à laquelle apparaissent leurs emblèmes. On reconnaît le croissant lunaire, l'étoile vénusienne à 8 branches et le disque solaire à 4 axes et à 4 rayons intercalés, sur un kudurru datant de l'époque du roi kassite Melishipak (1188-1174). [4] King observe : "La présence des emblèmes du Soleil, de la Lune, et de Vénus sous forme d'une étoile à huit branches en haut de la plupart des kudurru (boundary-stones) incite à penser qu'un caractère astral les sous-tend." [5] La représentation de Vénus et d'ailleurs celle de tout astre en général sous forme d'un sigle à 8 branches atteste d'une division très ancienne de l'espace céleste en 8 secteurs, comme semble le montrer la seule planisphère mésopotamienne connue, laquelle divise la sphère céleste en 8 zones. [6] La division de la sphère locale en 8 secteurs existait aussi dans la première astrologie chinoise, [7] et le célèbre Mânava-Dharma-Shâstra (Le Traité des Lois de Manu), issu de la tradition brahmanique, mentionne les 8 régions célestes. [8] En haut la Lune, Vénus, l'étoile à huit branches, et le Soleil. (Kudurru de Melishipak II, Louvre, c. 1100 BC) Au centre, le disque solaire aux 8 rayons, déposé devant Shamash, assis à droite (British Museum, c. 870 BC) Cette division naturelle de l'espace a-t-elle été intégrée chez les Assyriens ou chez les Chaldéens à une proto-théorie des Maisons astrologiques, ou cette assimilation a-t-elle été le fruit d'une spéculation plus tardive élaborée par les premiers astrologues Grecs ? Ce qui est certain, c'est la préexistence chez les Grecs du système des 8 maisons sur celui des 12 maisons, comme le souligne John North, dont l'ouvrage sur les horoscopes fait autorité, notamment en ce qui concerne les divers modèles de domification chez les Grecs et les Arabes. [9] La localisation des maisons (8 ou 12) apparaît très rarement dans les horoscopes grecs qui nous sont parvenus : les plus significatifs datent de septembre 428 A.D. et d'octobre 497 A.D. ! [10] L'astrologue stoïcien Marcus Manilius (~ 48 B.C. - 20 A.D.) fait allusion à ce système des huit lieux, auquel les anciens astronomes auraient donné le nom d'octotopos. [11] Cependant Manilius semble confondre le système ancien avec le système des 12 lieux, ou tout au moins tente d'en faire la synthèse, le caractère poétique de son énonciation l'empêchant d'entrer dans le détail. Il en résulte un texte obscur en deux parties, la première présentant les 4 angles du ciel et les 4 intervalles qui les séparent (éd. Alleau, p.160-163), la seconde décrivant les caractéristiques des 12 maisons (éd. Alleau, p.164-170). Les commentaires de René Alleau sur ce passage sont aussi obscurs que la traduction du bibliothécaire de Sainte-Geneviève à Paris, et l'édition londonienne de 1697 n'est guère plus éclairante. [12] De même, Firmicus Maternus, vers 335 A.D., consacre le quatorzième chapitre de son second livre aux huit loci (1 vie, 2 espoir [de richesses], 3 frères et soeurs, 4 parents, 5 enfants, 6 santé, 7 conjoint, 8 mort), avant de poursuivre par l'analyse des douze maisons. [13] Au livre IV il énumère à nouveau les lieux de géniture : "du naturel, des subsistances, de la race, des parents, des frères, des mariages, de la descendance, du dernier jour de la vie." [14] Bouché-Leclercq a suggéré dès 1899, dans sa somme polémique, l'antériorité de l'octotopos (ou oktotopos) sur le dodekatopos : "Il a dû exister une tradition délaissée qui divisait le cercle de la géniture en huit cases, ou en douze cases dont huit seulement étaient considérées comme actives, et ce système a pu n'être compris ni de Manilius, ni de Firmicus, l'un et l'autre capables de défigurer, incapables d'inventer." [15] Cette antériorité du système des huit maisons semble confirmée par les significations classiques attribuées aux maisons I (la vie) et VIII (la mort). C'est après l'échéance de la huitième maison qu'un nouveau cycle journalier pouvait recommencer. [16] On retrouve encore des traces de l'octotopos dans les quelques rares fragments qui nous restent des écrits d'un disciple d'Hipparque, Sérapion d'Antioche (~ 125 B.C.), de l'astrologue de Tibère, le fameux Thrasyllos, [17] et de l'athénien Antiochos (IIè A.D.). Le célèbre astronome-astrologue indien Varâha Mihira (~505-585), héritier de l'astrologie grecque comme des théories babyloniennes, a préservé dans son Brihat-Samhitâ la théorie des 8 quartiers, liés aux 8 directions de l'espace et aux divinités hindoues. [18] Wilhelm Gundel a proposé en 1936 une théorie de l'évolution du système des Maisons astrologiques en 4 étapes : une organisation initiale en 4 quadrants définis par les points cardinaux (se succédant dans le sens des aiguilles de l'horloge et symbolisant les 4 âges de l'existence), une organisation en 8 secteurs de 45° (quadrants et secteurs cardinaux), une organisation en 12 secteurs (toujours comptés dans le sens des aiguilles), et enfin l'organisation en 12 secteurs (comptés dans le sens inverse des aiguilles), qui a donné naissance aux systèmes couramment utilisés aujourd'hui et dont Hermès Trismégiste aurait été l'inventeur et "Nechepso-Petosiris" le légataire. [19] Il est possible que le modèle des 8 maisons ait été organisé en relation avec le système des Éléments et des valeurs élémentales, à une époque assez reculée, antérieure donc aux premiers écrits astrologiques hermétistes (~ 250-200 B.C.), peut-être dans les milieux stoïciens du début du IIIe siècle B.C., lesquels, reprenant la succession platonicienne des Éléments (Feu, Air, Eau, Terre) [20] et les ordonnant dans le sens du mouvement diurne, leur auraient ajouté les valeurs élémentales intermédiaires (sec, chaud, humide, froid), marqueurs des 4 moments caractéristiques du parcours solaire (lever, culmination supérieure, coucher, culmination inférieure). Il en résulte un modèle qui aurait été en rivalité avec le modèle élémental zodiacal (Air = Printemps, Feu = Été, Terre = Automne, Eau = Hiver), dont les symboles des quartes se succèdent dans l'ordre inverse du mouvement diurne. Les deux organisations circulaires, l'une tournant dans le sens des aiguilles de l'horloge, l'autre dans le sens inverse, concordent si l'on superpose logiquement le midi au solstice d'été. Ce modèle a pu être le prototype d'une théorie unifiée des Maisons astrologiques et des Signes zodiacaux. [21] [Cf. un schéma similaire des éléments et qualités élémentaires dans un manuscrit du Dragmaticon philosophiae de Guillaume de Conches, daté du 3e quart du XIIe siècle (Languedoc), BL London: Sloane ms 2424, f. 24v, et un autre assez proche, décalé de 45°, la "Demonstrance des eslementz et premieres callittez et leur discord et convenance" dans Les premieres Oeuvres de Jacques Devaulx, pillote en la marine, Le Havre, 1583 ; BNF ms. fr. 150, fol. 4r ; Gallica.] éléments et valeurs élémentales dans la journée et dans l'année Guillaume de Conches, Dragmaticon philosophiae, Sloane 2424 eslementz et premieres callittez, Devaulx, 1583 On sait par ailleurs que les gnostiques valentiniens avaient établi une procession des Éons (essences ou énergies immortelles), au nombre de 30 : c'est la théorie du Plérôme, paradigme de la Totalité. Les 30 éons sont répartis en 3 groupes : l'Ogdoade, la Décade et la Dodécade. Markos de Haeresiarcha (fin IIè A.D.) a développé un modèle assimilant les éons valentiniens aux opérateurs astrologiques : l'Ogdoade formée des 4 émanations ou éons premiers (les Éléments) et des 4 agents (les valeurs élémentales), la Décade constituée des 7 planètes, de la "8è sphère", du Soleil et de la Lune, et la Dodécade des 12 signes zodiacaux. [22] Ce qui est remarquable dans le rapport concis de son contemporain Irénée, c'est que non seulement "l'Ogdoade" semble se rapporter évidemment à l'octotopos, mais aussi que les gnostiques avaient une sorte de prescience de l'existence d'Uranus et de Neptune. On connaît encore un texte contemporain, du IIe siècle A.D., le texte essentiel en la matière, rédigé par un astrologue anonyme, qui expose un système de 8 maisons ou lieux (loci) qu'il attribue à Asclepius : "A partir de l'horoscope on recherche tout ce qui concerne la vie, à partir du deuxième secteur, en allant vers le haut, on recherche la vie matérielle, à partir du troisième les frères et soeurs, à partir du quatrième les parents, à partir du cinquième les enfants, à partir du sixième le malheur et l'épreuve, à partir du septième la femme, à partir du huitième le sort et la mort-qui-met-un-terme-à-la-vie, selon celles [les planètes] qui exercent une influence dominante dans leurs maisons..." [23] Les huit secteurs d'environ 45 degrés, centrés sur les Angles pour quatre d'entre eux, se succèdent dans le sens du mouvement diurne. Dans le dodekatopos les secteurs sont comptés à partir des Angles, qui définissent les quatre "pointes" de référence, et, illogiquement, dans le sens inverse du mouvement diurne. La triple divergence entre les deux systèmes (le nombre des Maisons, leur positionnement, et leur sens de succession) s'expliquerait par l'incompréhension du système initial, dont résulte l'élaboration relativement tardive, par les Grecs, d'une répartition duodécimale, calquée sur le modèle zodiacal. Cette assimilation factice prive l'espace domifié de ses caractères spécifiques et implique une redondance de la structure zodiacale. L'astrologue Cyril Fagan : "Les Grecs ont assimilé le Dodekatopos au zodiaque, débutant au premier degré du Bélier, en dépit du fait que les maisons se succèdent d'ouest en est, alors que les signes zodiacaux se succèdent d'est en ouest. D'où leur incompatibilité : on ne peut pas apparier douze signes et douze maisons alors qu'ils se succèdent dans un sens opposé." [24] La leçon de l'octotopos n'a pas été oubliée à la Renaissance : Tycho Brahe expose en 1573 un système de 8 maisons de 45°, divisées à partir du premier vertical. [25] L'octotopos est aussi utilisé en astrologie médicale par Cardan, par le mathématicien et astrologue Thomas Finck (1561-1656) dans son Horoscopographia (Schleswig, 1591), par le pionnier de l'astrologie anglaise, Christopher Heydon, dans ses journaux inédits, [26] et par Nicholas Culpeper (1616-1654) qui l'associe au cycle lunaire et à la théorie des "jours critiques" (les 7e, 14e, 21e et 28e du cycle lunaire). [27] Plus récemment, le docteur Hans Michel de Nuremberg a présenté un système de 8 maisons fondé sur les travaux du géophysicien F. Lehner. [28] Finck, Horoscopographia, thème de Henrik Rantzau, 8 Maisons Si l'idée des huit directions spatiales est bien l'assise originelle et opérative qui a guidé l'élaboration du système des maisons astrologiques, il doit être possible d'en retrouver des traces dans la littérature antique et dans les représentations culturelles. Le thème de "l'Ogdoade" est récurrent dans la théo-cosmogonie égyptienne : selon Isha Schwaller de Lubicz, les cosmogonies successives de Memphis, de Hermopolis et de Thèbes admettent chacune, selon leur mode d'organisation, la prépondérance de 4 couples de "Neter", ou Dieux-principes primordiaux. [29] Cette interprétation semble compatible avec la présentation de Sénèque : "Les Égyptiens ont posé quatre éléments et fait un couple de chacun d'eux." [30] Le Kaushîtaki Upanishad indien (~ 600-400 B.C.) met en parallèle deux séries de situations, représentées par des personnages, chaque série étant formée de quatre couples qui illustrent la coïncidence des possibilités divines et humaines. Sur le plan divin coexistent celui qui est "dans le soleil" (le Grand) et celui qui est "dans la lune" (le roi Soma, l'âme de la nourriture), ceux qui résident "dans l'éclair" et "dans le tonnerre", "dans le vent" (Indra) et "dans l'espace", "dans le feu" et "dans l'eau". Ces 8 stations correspondent sur le plan individuel à une nouvelle série de quatre couples polaires : respectivement, ceux qui sont "dans le miroir" et "dans l'ombre", "dans l'écho" et "dans le son", "dans le rêve" (le roi Yama) et "dans le corps" (Prajâpati) , "dans l'oeil droit" et "dans l'oeil gauche". [31] Par ailleurs, le symbolisme solaire de la roue est attesté depuis longtemps dans les écrits védiques et dans les Brâhmanas. On le retrouve en architecture : les 8 directions, représentées sur la roue du temple de Konarak (près de Puri), dédié au dieu Soleil Sûrya, symbolisent les 8 rayons solaires. [32] Dans le kemari (jeu de ballon japonais du VIIè A.D., mais attesté en Chine dès le IIè B.C.), 8 joueurs occupent les 8 directions spatiales et doivent se renvoyer un ballon symbolisant le Soleil. [33] Ces exemples tendent à montrer que la même ronde archétypale a été interprétée sous différents modes au sein de cultures relativement indépendantes, et contrairement au zodiaque, la raison d'être du dispositif s'est étiolée au fil des siècles. Il est vraisemblable que l'ordonnance spatiale par huit a précédé l'ordonnance plus structurale par douze, d'un maniement plus délicat. Avec le Zodiaque, on quitte le concret, le terrestre, pour l'abstrait, le céleste. La désaffection de la sensibilité à l'espace (et au temps) ne date pas d'aujourd'hui : elle marque l'incapacité de la conscience "moderne", plongée dans le kali yuga depuis 3101, [34] la 28è année du 7è Manu, à penser par lieux et par moments. 5. ORGANISATION DU DOMINION "Car il est juste, sur ce point aussi, d'écouter le témoignage de l'expérience : comme ce qui avant toute chose a forgé la première conviction avant les raisons." (Kepler : Harmonices mundi, IV 5) L'espace domifié s'organise en Secteurs orientés ou Domaines : c'est la théorie des Maisons astrologiques. Les incertitudes qui subsistent dans cette branche disputée de l'astrologie ont incité de nombreux praticiens à l'évacuer, à l'instar de Kepler. En effet ils ne s'accordent ni sur leur localisation, ni sur leur nombre, ni même sur leur nature, leur fonction ou leur signification. A l'inverse du Zodiaque ou du Planétaire, le Dominion n'est à ce jour l'objet d'aucune corrélation neuro-physiologique probante, susceptible de guider l'élaboration d'un modèle. Il est possible que de nouvelles avancées scientifiques, notamment dans le domaine géomagnétique, puissent contribuer à débrouiller l'imbroglio. Les zodiaques peuvent être définis comme des cycles géocentriques et structurants des planètes, dont les signes zodiacaux représentent les phases successives : cycle annuel pour le Soleil, cycle "mensuel" pour la Lune, cycle de 12 ans pour Jupiter (essentiel dans l'astrologie chinoise), cycle de 165 ans pour Neptune... La domification est un découpage de la sphère céleste, des différentes phases de son rythme journalier, rythme apparent dû à la rotation de la terre sur elle-même. Elle conceptualise l'enracinement spatio-temporel de l'organisme sur la Terre et permet l'ordonnance des positions successives quotidiennes des planètes pour un observateur situé en un lieu spécifique de la surface terrestre. [35] Les Maisons sont des divisions topocentriques de la sphère céleste. Il en résulte que la délimitation des Maisons, dépendante de l'heure et du lieu de naissance du natif, "personnalisent" un thème natal parmi une multiplicité de thèmes similaires, ceux d'une journée donnée. La terre tourne sur elle-même d'Ouest en Est en 24 heures, de sorte que semble se déplacer, pendant cette période, d'Est en Ouest, l'ensemble de la sphère céleste, y compris les acteurs privilégiés du système solaire que sont les planètes, l'étoile qui les maintient dans son champ d'attraction, et le satellite terrestre. Le mouvement journalier apparent de ces astres s'inscrit dans une courbe sinusoïdale à quatre phases, semblable à celle qui caractérise leur mouvement zodiacal : de l'Ascendant au Milieu-du-Ciel l'astre s'élève au-dessus de l'horizon, du Milieu-du-Ciel au Descendant il redescend, toujours au-dessus de l'horizon, du Descendant au Fond-du-Ciel il décline au-dessous de l'horizon, du Fond-du-Ciel à l'Ascendant il s'élève, mais au-dessous de l'horizon. Ces 4 phases définissent ses semi-arcs diurnes et nocturnes de l'astre. [36] Le mouvement journalier d'un astre traverse huit phases successives qui délimitent huit portions spatiales, huit domaines spécifiques, diurnes (positifs, ouverts), puis nocturnes (négatifs, fermés), selon leur localisation au-dessus ou en-dessous de l'horizon : - 1. L'astre se lève et passe l'Ascendant. - 2. Il s'élève au-dessus de l'horizon à l'Est (à la gauche d'un observateur tourné vers le Sud). - 3. Il franchit sa hauteur maximale (culmination supérieure au Milieu-du-Ciel). - 4. Il redescend à l'Ouest, au-dessus de l'horizon. - 5. Il se couche et passe le Descendant. - 6. Il redescend au-dessous de l'horizon à l'Ouest. - 7. Il atteint son point le plus bas (culmination inférieure au Fond-du-Ciel). - 8. Il s'élève à nouveau, mais au-dessous de l'horizon, à l'Est. Secteurs diurnes et nocturnes L'organisation du Dominion en 8 secteurs différenciés découle d'un double principe : l'alternance d'un quaternaire diurne (maisons 1, 2, 3 et 4) avec un quaternaire nocturne (maisons 5, 6, 7 et 8), et l'imbrication d'un quaternaire angulaire (maisons 1, 3, 5 et 7) avec un quaternaire intermédiaire (maisons 2, 4, 6 et 8). Dans les phases 1, 2, 3 et 4 du mouvement journalier, l'astre est au-dessus de l'horizon (secteurs diurnes) ; dans les phases 5, 6, 7 et 8, il est au-dessous de l'horizon (secteurs nocturnes). Dans la phase 1, l'astre se lève et devient visible (Objectivation) ; dans la phase 3, il culmine (Individuation) ; dans la phase 5, il se couche et redevient invisible (au diurne se joint le nocturne : Alligation) ; dans la phase 7, il atteint sa culmination inférieure (Participation). [37] L'angle AS marque l'introversion (une attitude d'esprit tournée vers l'intérieur), l'angle MC marque l'extraversion (une attitude d'esprit tournée vers l'extérieur), l'angle DS l'extériorisation (une tendance à projeter au dehors ce qui est en dedans), et l'angle FC l'intériorisation (une tendance à ramener au dedans ce qui est au dehors). [38] Une logique formelle sous-tend l'organisation du Dominion. En effet il admet un centre de symétrie qui oppose les secteurs Alligation aux secteurs Objectivation et les secteurs Individuation aux secteurs Participation, et un axe de symétrie qui oppose une seconde fois les secteurs diurnes aux nocturnes : l'individuation à l'objectivation et l'alligation à la participation. En outre les secteurs angulaires (3, 5, 7, 1), comme les secteurs intermédiaires (8, 2, 4, 6) se succèdent de l'individuation à l'objectivation, en passant par l'alligation et la participation, dans le sens du mouvement journalier apparent de l'astre. Dominion. Les 8 Maisons, Individuation Alligation Participation Objectivation Les courbes mises en évidence par les recherches statistiques "des Gauquelin" illustrent cette répartition. En effet, hormis leur intérêt douteux quant à leur projet de valider ou d'infirmer la réalité astrale, elles montrent que la répartition des positions natales angulaires de certaines planètes chez les individus exerçant des activités spécifiques présente une courbe caractéristique, et notamment pour Mars chez les militaires et les sportifs, pour Saturne chez les scientifiques et pour Jupiter chez les politiques. Malgré l'exubérance d'articles se référant aux travaux des astro-statisticiens français, rares sont ceux qui ont seulement envisagé ce qui est à mon sens la seule véritable découverte, inconsciente, de ces travaux, à savoir l'inscription dans les courbes globales des huit maisons astrologiques. [39] Au graphique qui suit, extrait de l'un des premiers ouvrages de Michel Gauquelin [40] , j'ai rajouté les limites des 8 secteurs, tels qu'ils résultent logiquement du tracé des 16 segments de la courbe. les 8 secteurs Gauquelin Huit secteurs, les quatre zones angulaires et les quatre zones intermédiaires, s'inscrivent dans un schème qui pourrait trouver son explication dans le magnétisme terrestre. [41] Je pensais que le décalage par rapport aux Angles qui apparaît pour les secteurs 1 et 3 pouvait provenir du fait que l'échantillonnage Gauquelin contient une majorité d'heures approximatives, souvent à la demi-heure près, et que la tendance "naturelle" des parents était de déclarer à l'état civil une heure de naissance postérieure à l'heure de naissance réelle. Cependant il me semble à présent que la latitude des thèmes de l'échantillonnage (zone tempérée septentrionale) soit également concernée, et qu'il faille remettre en cause leur repérage angulaire (cf. infra : La domification). La disposition circulaire des Trigrammes dite "succession du ciel antérieur" et traditionnellement attribuée à Fou Hi, l'inventeur légendaire des Hexagrammes du Yi King chinois, a pu être un proto-modèle du Dominion. Les 8 directions spatiales, traditionnellement associées aux 8 vents et symbolisées par les 8 Trigrammes, forment une rose des vents : LI à l'Est, TOUEI au Sud-Est, K'IEN au Sud, SOUEN au Sud-Ouest, K'AN à l'Ouest, KEN au Nord-Ouest, K'OUEN au Nord et TCHEN au Nord-Est. [42] TCHEN, LI, TOUEI et K'IEN sont dits "masculins" [diurnes] en raison du trait plein situé à leur base ; SOUEN, K'AN, KEN et K'OUEN sont "féminins" [nocturnes]. De plus les Trigrammes sont couplés par le centre selon leur morphologie structurelle et leur signification : "Le ciel [K'IEN] et la terre [K'OUEN] déterminent la direction. La montagne [KEN] et le lac [TOUEI] unissent leurs forces. Le tonnerre [TCHEN] et le vent [SOUEN] s'excitent l'un l'autre. L'eau [K'AN] et le feu [LI] ne se combattent pas. Ainsi les huit trigrammes sont mariés." [43] En respectant la polarisation commune à l'organisation des Trigrammes comme à celle du Dominion, et en comparant les significations symboliques des Trigrammes à celles du Dominion (cf. infra), on peut admettre les rapprochements suivants : TCHEN (le Tonnerre, l'éveilleur) : Objectivation diurne (la Communication) LI (le Feu, ce qui s'attache) : Alligation diurne (l'Amitié) TOUEI (le Lac, le joyeux) : Individuation diurne (la Situation) K'IEN (le Ciel, le créatif) : Participation diurne (l'Harmonie) SOUEN (le Vent, le pénétrant) : Individuation nocturne (la Renommée) K'AN (l'Eau, l'insondable) : Participation nocturne (le Mystère) KEN (la Montagne, l'immobilisation) : Objectivation nocturne (la Connaissance) K'OUEN (la Terre, le réceptif) : Alligation nocturne (le Couple) Le Dominion et les 8 Trigrammes Le zodiaque et les 8 directions spatiales. Partie d'un mandala tibétain en fer forgé (in Cahiers Astrologiques 135, 1968) Il en résulte que la succession des Trigrammes dans la disposition dite de Fou Hi est isomorphe à celle du Dominion, par la substitution d'une symétrie axiale à la symétrie centrale [44] , et en commençant par TCHEN, le premier Trigramme diurne. [45] Ainsi les Trigrammes seraient les symboles, plus ou moins bien interprétés et compris depuis les temps reculés de leur invention, des maisons astrologiques, et leur organisation serait un prototype du Dominion. 6. SÉMANTIQUE DES DOMAINES "La nature de la maison est plus forte que celle du signe." (Marcus Manilius : Astronomica, II 860) On a remarqué depuis longtemps que les "significations" attribuées aux maisons du Dodekatopos semblaient obéir à une certaine logique et réclamaient en quelque sorte une systématisation : par exemple les maisons 3 (frères et soeurs), 7 (conjoint) et 11 (amis), associées, artificiellement, aux signes zodiacaux des Gémeaux, de la Balance et du Verseau, et plus artificiellement encore, à l'élément AIR, relevaient d'une catégorie commune, celle des relations. Diverses tentatives ont été élaborées, aboutissant toutes à un découpage similaire. J'ai retrouvé le même schéma quadripartite, répété à 32 ans d'intervalle : chez Alan Leo (1913), les maisons 1, 5 et 9 sont associées au Feu et au Moi (self), les maisons 2, 6 et 10 à la Terre et au Non-Moi (not-self), les maisons 3, 7 et 11 à l'Air et à la Relation, les maisons 4, 8 et 12 à l'Eau et au Bilan (summation). Chez Marc Edmund Jones (1945), les maisons 1, 5 et 9 sont associées au Moi, les maisons 2, 6 et 10 aux affaires et aux objets (concern), les maisons 3, 7 et 11 aux relations, les maisons 4, 8 et 12 aux récompenses et aux résultats (reward). Chez Jean-Pierre Nicola (1977), les maisons 1, 5 et 9 sont associées au Sujet, les maisons 2, 6 et 10 à l'Objet, les maisons 3, 7 et 11 à la Relation, les maisons 4, 8 et 12 à l'Intégration. [46] Outre le fait que ces distributions systématisent, à mon sens, un système caduc des Maisons, celui du dodekatopos calqué sur le zodiaque [47] et dont les éléments se succèdent dans le sens inverse du mouvement diurne, ils se réfèrent à une extériorité. Comment les objets du monde sensible pourraient-ils figurer dans le thème? Kepler, détracteur de la théorie classique des Maisons, fait observer que le ciel "ne donne pas à l'homme ses habitudes, son histoire, son bonheur, ses enfants, sa richesse, sa femme (...)" [48] Aucun "objet" du monde sensible ne peut être inscrit dans le thème d'un natif. Même si l'on énonce que la troisième maison ne concerne pas "les frères", mais le rapport qu'on peut avoir avec eux, subsiste alors néanmoins un existant extérieur qui n'a rien à voir avec l'astral. Il faudrait par exemple que tous les fils uniques ait une sorte de configuration similaire dans "la maison des frères" ! Et pourquoi l'existence des frères et des soeurs, événement aléatoire d'ordre biologique, serait-il inscrit dans le thème d'un natif dont la naissance, dans certains cas, est antérieure à cet événement ? Les Maisons ne peuvent pas désigner des plans de réalisation individuelle extérieurs à la conscience ; elles ne se rapportent pas à des objets extérieurs, mais à des états, à des incitations intérieures. La différenciation de l'espace symbolique présuppose divers champs d'organisation des impressionaux. Les Maisons astrales sont les modes d'appréhension subjective de son environnement, les textures relationnelles qu'elle découpe dans son milieu, les modes subjectifs de structuration de l'espace vécu, et non des lieux où l'on retrouverait le Père, le Frère, les Amis, le Patron, etc. Elles traduisent pour la conscience la manière dont elle perçoit sa relation à ce qui l'entoure, la façon dont elle se sent impliquée dans le monde, son mode d'insertion existentielle, son mode d'être-au-monde. Ainsi chacun construit son espace à travers l'une ou l'autre de ces armatures astrales. Le Dominion est constitué de quatre groupes de deux Maisons, l'une diurne et l'autre nocturne. Chacun de ces groupes marque un certain degré d'ouverture de la conscience à ce qui l'environne. Je les nomme Individuation, Alligation, Participation et Objectivation. L'ouverture de la conscience est maximale en Objectivation, minimale en Individuation. On peut définir les implications conditionnelles de ces divers modes relationnels au monde qui pilotent la conscience. Ainsi la maison 3 (Individuation diurne = maison 10 du dodekatopos) ne désigne pas le métier, la profession, ni même la carrière, les honneurs ou la réputation, mais le mode d'intégration de la conscience au monde, le mode individué, qui incite celle-ci à croire que la recherche des honneurs et de la gratification sociale est la valeur évidente qui justifie son existence, nonobstant les résultats effectifs des actions qu'il pourra être amené à entreprendre pour réaliser ses idéaux. Les maisons Individuation [49] marquent une tendance à s'individualiser, à acquérir des caractères distinctifs, à se réaliser par ce qu'on a de plus particulier, de plus personnel, de plus subjectif, à se démarquer des réalités environnantes, et même à s'opposer à tout le reste. L'individué se sent isolé : il se bat et se débat dans la lice de la compétition. Les maisons Alligation [50] marquent une tendance à s'extérioriser, à s'ouvrir à autrui, à se rapprocher de réalités ou de personnes particulières, à s'unir à elles dans un rapport de réciprocité, à s'épanouir dans la relation et dans la transparence des consciences. L'alligué se sent lié : il se meut dans l'aire de l'interaction. Les maisons Participation marquent une tendance à intérioriser les réalités les plus diverses en vue d'une interdépendance à ces réalités, à s'éprouver comme une partie vivante d'une totalité englobante et organique, dans la résonance à une multiplicité d'êtres et par une réceptivité indéfinie au vivant. Le participé se sent entouré, absorbé : il baigne dans la sphère de l'intégration. Les maisons Objectivation marquent une tendance à s'abstraire du réel, à le rapporter à une extériorité qui prolonge et diversifie les phénomènes appréhendés, à perdre soi-même toute identité définie jusqu'à devenir l'élément, parmi d'autres, d'une complexité qui induit pour chacun d'eux des relations déterminées. L'objectivé se sent enclavé : il s'abstrait dans le réseau de l'incorporation. Les pronoms personnels de la langue illustrent cette quadripartition. Le JE (individuation) marque l'isolement et l'affirmation d'un sujet séparé affrontant une multitude indistincte. Le TU - et le VOUS - (alligation) marquent la liaison à autrui, la mise en perspective de l'altérité sous la forme du dialogue, de l'échange et de la perméabilité des consciences. Le NOUS (participation) marque l'intégration à un ensemble organique qui agit à l'unisson, et non la simple association en vue d'intérêts communs. Le ILS - le ELLE, le ELLES, le IL - (objectivation) marquent l'extériorité et l'objectivité du regard. Ces marques d'énonciation dans les littératures et dans l'écriture en général sont souvent des indicateurs assez fiables des tendances de l'écrivain : les JE d'Augustin, de Montaigne et de Descartes, le TU des dialogues de Platon, le NOUS héraclitéen... Les pronoms dits "possessifs" ne marquent pas invariablement la possession, mais s'appliquent, selon les situations, à l'un ou l'autre des quatre modes relationnels : si j'évoque mon stylo, ma chatte qui ronronne sous la table, mon état de santé, ou mon texte, le possessif indique, respectivement, l'appartenance, la liaison, l'intégration, ou l'imbrication. Mon stylo est un objet extérieur à moi-même : je l'utilise, je pourrais l'échanger, il n'existe que pour me servir. Ma chatte est un être avec lequel j'entretiens une relation particulière : elle a ses envies, ses sautes d'humeur, ses ruses, et j'ai les miennes. Quand je parle de ma santé, j'imagine difficilement parler d'autre chose que de moi-même. Enfin le texte que je suis en train d'écrire m'est extérieur, car je me plie à de multiples contraintes, mais il est aussi, tel que j'entends le mener, le reflet de ma compréhension d'un langage et d'une pensée qui ne m'appartiennent pas en propre : par l'acte d'écriture, je me soumets toujours à l'infrastructure d'une langue et d'un univers mental qui existent avant moi. Le caractère "individué" - qui n'est précisément tel, individu, que sous ce mode - cherche à augmenter son prestige et à acquérir du pouvoir sur le monde qu'il fréquente. Il mène ses "entreprises" en vue d'un profit substantiel, matériel ou social. Son mode d'apprentissage est pragmatique : il recherche des résultats concrets par sa transformation active du monde environnant. Sont prioritaires pour lui l'efficacité de l'action et le caractère utilitaire du savoir. La différence ontologique d'un individu à son semblable, à son concurrent, est vécue sur le mode de la séparation des consciences. Le Moi se conçoit lui-même comme limité et entravé par le Non-Moi : Fichte. La conscience se sent aliénée par toute altérité ou extériorité : Sartre. Individuation diurne ou ouverte (la Situation) : multiplication des expériences afin de porter son empreinte sur les choses, affirmation de l'ego à travers l'action, réalisation d'un projet ou d'une entreprise susceptible de satisfaire le sentiment subjectif de puissance, exaltation permanente dans la poursuite d'objectifs diversifiés. N'est réel que ce que valide la force. Individuation nocturne ou fermée (la Renommée) : préservation de ses intérêts et fermeture sur soi-même, appropriation de l'énergie disponible dans le milieu, constitution et affirmation de soi sous une forme univoque, assimilation et réorganisation égocentrique de l'extériorité. L'intellect comme moyen pour la puissance personnelle. Le caractère "alligué" vit en symbiose avec autrui. Il construit sa personnalité à travers ses rencontres, par le dialogue et par l'échange. Il s'éveille sous le regard de l'autre et en fonction de ses réactions. Son mode d'apprentissage est affectif : il croît dans la confiance et la chaleur créées par la présence d'autrui. L'autre est quelqu'un : c'est la condition à la transformation mutuelle des consciences. La différence ontologique est ressentie comme une imperfection, comme une insuffisance de chaque être isolé, et prédispose au besoin de trouver son (ou ses) complémentaire(s). La sociabilité n'est possible que dans l'espace de consciences qui s'avouent : Rousseau. Le réel immédiatement offert à la conscience n'est pas le Moi, mais Autrui : Scheler. [51] Alligation nocturne ou fermée (le Couple) : constitution d'un espace protecteur, permettant des relations privilégiées et chargées d'émotions, adhésion viscérale au plus proche, au plus intime, abandon et attention à ce qu'on aime, épanchement simultané des consciences, cohabitation totale pour le meilleur et pour le pire. Équivalence du mien et du tien. Alligation diurne ou ouverte (l'Amitié) : participation à un champ communautaire dont on préserve l'intégrité et dont on se réserve la fonction d'organisateur, création de figures, de rôles et de scénarios dans un espace convivial où chacun trouve sa place, épanouissement dans la mise en scène du quotidien. Chacun joue son personnage dans la comédie humaine. Le caractère "participé" aspire à son être essentiel et se tient à l'écoute de son intériorité. Immergé dans la mouvance indéfinie du monde, il prend part à ses moindres variations, à ses plus infimes vibrations. Son mode d'apprentissage est éthique : il incite à la réalisation de ce que réclame la situation, dans l'abandon au moment et par l'acceptation préalable des conséquences de ses actes. La vertu résulte d'une contemplation désintéressée, animée par une exigence intérieure. La différence ontologique est une condition préalable à l'intégration différentielle de chacun au même tout. Chaque être exprime une perspective particulière d'une totalité harmonieuse : Leibniz. Seule l'intersubjectivité est susceptible de combler le fossé qui sépare la conscience du monde : Husserl. Participation diurne ou ouverte (l'Harmonie) : imprégnation immédiate des réalités les plus subtiles, ouverture au possible et à l'intemporel, recherche du climat propice à l'épanouissement, intégration de l'atmosphère intemporelle baignant le réel, contemplation de sa beauté indicible au-delà des apparences. Le monde est magique et vivant de part en part. Participation nocturne ou fermée (le Mystère) : dépossession de soi par la remise en cause de toute identification formelle, attention à l'improbable, capacité de se transformer soi-même au sein d'un champ étroit mais localement intensifié, spiritualisation de la conscience sensibilisée à l'indicible. Le monde est insondable et n'est pas ce qu'il paraît être. Le caractère "objectivé" recherche un savoir qui traite, par une même logique, les phénomènes extérieurs et ceux qui commandent son esprit, et appréhende une connaissance susceptible de le libérer des intérêts égoïstes issus de son enracinement existentiel. Son mode d'apprentissage est cognitif : il présuppose l'adéquation de l'intellect et du langage au monde extérieur, et se développe par l'abstraction et par le raisonnement. La différence ontologique est régie par des lois générales. Le réel est rationnel dans sa totalité : Hegel. Le réel peut être l'objet d'une analyse logique infinie : Peirce. Objectivation nocturne ou fermée (la Connaissance) : contrôle des restrictions et des contraintes menant à un dépassement de toute dépendance matérielle ou existentielle, dépouillement et élimination des artifices, mise en sommeil de toute excitation, construction raisonnée de soi-même et du monde. Le savoir libère de l'ignorance et de l'agitation. Objectivation diurne ou ouverte (la Communication) : expérimentation sur soi-même par l'implication dans un tissu de relations abstraites, multiplication des relations médiatisées avec le milieu, abolition de l'ego et du sentiment tragique de l'isolement de chacun. Le savoir rapproche les hommes. Dominion. Noms des 8 Maisons Dominion Vade Mecum Les 8 Maisons s'inscrivent dans une succession assez logique. [52] En Communication et en Amitié, l'homme cherche à surmonter son isolement : il s'éveille au monde, puis se lie à autrui. En Situation et en Harmonie, il cherche à surmonter son impuissance : il s'installe dans la société, puis il s'ouvre à la vie dans toute sa diversité. [53] Dans le Couple et dans la Connaissance, il cherche à surmonter son incomplétude : il se retire avec ce qu'il aime, puis avec ce qu'il sait. En Mystère et en Renommée, il atteint le terme de son existence et cherche à surmonter son destin : il abandonne tout et découvre l'ineffabilité du monde, puis il n'est plus là et lègue son héritage, ses propriétés, et son nom. Les désignations grecques des Maisons astrologiques (la Porte Infernale, la Mauvaise Fortune, le Dieu...) ont été abandonnées et remplacées par de simples nombres, ce qui me semble être un signe de l'échec du système des 12 Maisons sur le plan symbolique. [Elles subsistent au moins jusqu'à la Renaissance sous les noms : Angle d'Orient, Succédente, la Déesse, Angle de la Terre, Bonne Fortune, Mauvaise Fortune, Angle d'Occident, Maison de Mort, Maison de Dieu, Coeur du Ciel, le Bon Ange, le Malin Esprit (cf. par exemple dans l'édition parisienne de 1560 du traité Le plaisant jeu du Dodechedron de Fortune ou dans La Geomance de Christoforo Cattaneo, Paris, Gilles Gilles, 1558).] Si l'on compare les "significations" des 12 maisons [54] à celles que je propose dans mon interprétation de l'octotopos, on observe une relative concordance : 1 (dodekatopos) la vie = 1 (octotopos) la Communication, l'éveil au monde 11 (dodekatopos) les amis = 2 (octotopos) l'Amitié 10 (dodekatopos) les honneurs = 3 (octotopos) la Situation, la carrière, les honneurs 9 (dodekatopos) les voyages, les révélations = 4 (octotopos) l'Harmonie, l'expérience spirituelle 7 (dodekatopos) le mariage, le conjoint = 5 (octotopos) le Couple 6 (dodekatopos) la santé, le travail, la peine = ? 6 (octotopos) la Connaissance 4 (dodekatopos) les parents, les origines = 7 (octotopos) le Mystère 2 (dodekatopos) l'argent, les propriétés = 8 (octotopos) la Renommée, l'héritage Par ailleurs, je suis depuis longtemps déconcerté par le couplage incohérent des désignations grecques des 12 maisons : la Bonne Fortune (Agathê tuchê) et la Mauvaise Fortune (Kakê tuchê) des maisons 5 et 6, le Bon Esprit (Agathos daimôn) et le Mauvais Esprit (Kakos daimôn) des maisons 11 et 12, le Dieu (Theos) et la Déesse (Thea) des maisons 9 et 3, les deux premiers couples associant des maisons contiguës, le troisième des maisons symétriques. Je propose l'explication suivante : les maisons 5, 12 et 3 auraient été rajoutées postérieurement, ainsi que la maison 8 dont la désignation grecque reste d'ailleurs problématique. Il aurait donc existé un autre modèle de l'octotopos qui ne comprenait, outre les 4 maisons angulaires, que les maisons 2 (Haidou pulê = latin Porta inferna = la Porte d'Hadès ou Porte Infernale), 6 (Kakê tuchê = latin Mala fortuna = la Mauvaise Fortune), 9 (Theos = latin Deus = le Dieu) et 11 (Agathos daimôn = latin Bonus daemon = le Bon Esprit) du dodekatopos ultérieur. Ce système est cohérent pour les raisons suivantes : la Mala fortuna (Kakê tuchê) et la Porta inferna (Haidou pulê) se retrouvent sous l'horizon (à noter leur caractère féminin et négatif), le Deus et le Bonus daemon au-dessus de l'horizon ; la Mala fortuna s'oppose sémantiquement au Bonus daemon et la Porta inferna au Deus ; la Porta inferna est logiquement la dernière maison, celle qui marque le passage à la mort. Voici donc la version grecque probablement la plus ancienne de l'octotopos, et son équivalence au modèle du Dominion : 1 le Marqueur de l'Heure (grec hôroskopos) = AS = la Communication, l'éveil au monde 2 le Bon Esprit (= Maison 11 du dodekatopos) = l'Amitié 3 le Milieu du Ciel (grec mesouranêma) = MC = la Situation 4 le Dieu (= Maison 9 du dodekatopos) = l'Harmonie, l'expérience spirituelle 5 le Coucher (grec dysis) = DS = le Couple 6 la Mauvaise Fortune (= Maison 6 du dodekatopos) = la Connaissance 7 la Souterraine (grec hupgeion) = FC = le Mystère 8 la Porte d'Hadès (= Maison 2 du dodekatopos) = la Renommée, l'héritage Sebastian Dietrich (Theodoricus), Novae quaestiones Sphaerae, Witemberg, 1573, p.173, Noms grecs des 8 Maisons Représentation des 8 Maisons en pages de titre des Lectionum memorabilium et reconditarum Centenarii XVI (Lauingen, Leonhardus Rheinmichel, 1600, 2 vols.) de Johann Wolf (1537-1600) L'existence d'un octotopos, organisé dans le sens diurne, et allant de la maison 1 (vita) à la maison 8 (mors) est attesté (cf. supra). L'existence de cet autre octotopos, organisé lui aussi selon le mouvement diurne, me semble donc fortement probable : de plus il est totalement compatible avec le Dominion, tel que je l'ai imaginé, intuitivement, dès 1982. Il est probablement antérieur à l'autre octotopos, lequel ne serait apparu qu'après l'assimilation des douze signes zodiacaux aux douze maisons du Dodekatopos, selon le schéma qui guide encore, hélas, la plupart des interprètes : Bélier/la vie, Taureau/l'argent, Gémeaux/les frères... Pour une argumentation en faveur de cette hypothèse, cf. aussi mon texte, "Le thème du Monde à l'origine de la distribution des Joies planétaires dans les 8 Maisons" (CURA, sept. 2018). Reprenons le schéma évolutif de Gundel, mais cette fois, en 6 stades : 1 : Un système initial à 4 quadrants 2 : Une organisation en 8 secteurs de 45°, très ancienne sous sa forme grecque (~ 350 B.C. ?), et peut-être d'origine babylonienne ou assyrienne. 3 : Une organisation en 12 secteurs comptés dans le sens des aiguilles de l'horloge, avec adjonction des 4 maisons dont on a conservé les noms grecs. 4 : L'organisation hermétiste en 12 secteurs, comptés dans le sens inverse des aiguilles et calquée sur le modèle zodiacal (~ 250 B.C.). 5 : L'assimilation des noms des deux dodekatopos, tournant désormais dans le même sens. 6 : Un octotopos antérieur à Manilius (~ 100 B.C.), attesté au IIe siècle A.D., calqué sur le dodekatopos "zodiacal", duquel on aurait conservé que 8 maisons, dont la huitième, la mort, semble correspondre à la Porte Infernale du premier octotopos. Ainsi, face à ce véritable casse-tête, à savoir l'existence d'au moins deux modèles sémantiques concurrents de l'octotopos, et de plusieurs variantes du dodekatopos, il n'est pas étonnant que Manilius ait pu ne pas s'y retrouver : ce qui est certain, c'est que Bouché-Leclercq, 1900 ans après, n'y a rien compris non plus. 7. LA DOMIFICATION : L'OCTOTOPE "Ces royaumes ne sont pas venus d'un point extérieur. Ils viennent des quatre divisions de ton coeur." (Bardo Thödol, II) Une soixantaine de systèmes de domification (c'est-à-dire d'organisation des Maisons astrologiques dans la sphère céleste) ont été élaborés. Théoriquement on peut en imaginer beaucoup plus, en fonction d'un certain nombre de critères : le nombre de maisons, leur situation par rapport aux points de repérage (maisons comptées à partir de points ou pointes, ou bien centrées sur ces pointes), leur succession (sens du mouvement diurne ou sens inverse), les plans de division (écliptique, équateur, horizon, vertical, méridien), la projection ou non des points de division sur l'écliptique... John North a montré que les systèmes de domification attribués à Campanus (XIIIe siècle), Regiomontanus (XVe siècle) et Placidus (XVIIe siècle) sont plus anciens. [55] Le grand al-Bîrûnî (973-1049) préconisait la "méthode Campanus". Ralph Holden et Geoffrey Dean ont réparti les méthodes de domification en trois catégories : celles qui divisent directement l'écliptique (dont le système des Maisons égales (Modus Equalis), la méthode de Porphyre, et la méthode des Maisons égales avec fixation du MC au début de la maison X), celles qui divisent l'espace par projection sur l'écliptique des points calculés selon un autre plan de division de la sphère céleste (dont le système de Jean-Baptiste Morin, ceux dits de Campanus et de Regiomontanus, et la méthode du Point Est), ceux qui résultent de la division temporelle des semi-arcs planétaires, diurnes et nocturnes (dont le système d'Alcabitius, celui attribué à Placidus, celui de Walter Koch (1895-1970), et la méthode topocentrique (1963) de Wendell Polich et Anthony Page). [56] Une autre méthode originale, basée sur plusieurs plans de division de la sphère céleste, a été adoptée par l'astrologue italien Aldo Lavagnini. [57] Les systèmes de division qui s'avèrent impraticables pour les latitudes extrêmes me semblent d'emblée disqualifiés (Placidus par exemple), ainsi que ceux qui, pour ces mêmes latitudes, présentent de trop fortes disproportions entre les Maisons (comme Campanus). En raison de l'inclinaison de l'écliptique par rapport à l'équateur, on relève des temps inégaux pour les levers des signes zodiacaux au cours d'une journée. La principale difficulté des techniques de domification résultent de leur volonté de pointer les Maisons sur l'écliptique. J'ai abandonné en 2009 le système de domification présenté dans ma thèse de 1993 et ici au CURA en 1999. Je préconise désormais un système de Domification plus simple consistant en 8 secteurs égaux, dont les impairs sont centrés sur les Angles (orthogonaux) et les pairs sont les intermédiaires. La position des planètes dans les Secteurs est déterminée par son altitude. Sur la distribution des 8 Maisons et leur adaptation au Dominion, cf. mes articles de 2010 (La réforme du thème astrologique et Pour une nouvelle approche du thème astrologique) ; pour des exemples de thèmes, cf. les Thèmes du CURA et analyse CurAstro4, 2015). Thème natal Paul Valéry Pratiquement, c'est la position du Soleil, puis celles de la Lune et d'un éventuel amas planétaire, qui déterminent la qualité sectorielle du natif. Ainsi chez Valéry, le Soleil, à 7° du Scorpion, est en maison 6 (la Connaissance) et la Lune, à 4° des Gémeaux, est en maison 1 (la Communication), les deux maisons de l'objectivation. Le plus souvent, une nativité présente une maison principale et une maison secondaire. A l'aide d'un programme de valorisation et de hiérarchisation des opérateurs astrologiques (planètes, signes zodiacaux et maisons), qui fonctionne sous DOS, auquel je travaille depuis août 1983, et que je mettrais peut-être un jour à la disposition des lecteurs du C.U.R.A., j'ai recherché des thèmes d'écrivains qui présentaient une valorisation particulière en ce qui concerne les planètes et les signes zodiacaux (autrement dit presque un seul signe et une seule planète, ce qui est assez rare) afin d'illustrer l'importance de l'opérateur sectoriel dans le thème, et j'ai trouvé les données suivantes, qui "parlent" d'elles-mêmes : - Valéry, né le 30 octobre 1871 à 19h, Sète : Scorpion, Vénus, Mars, Objectivation nocturne - Baudelaire, né le 9 avril 1821 à 15h, Paris : Bélier, Mars, Participation diurne - Proust, né le 10 juillet 1871 à 23h30, Paris : Cancer, Saturne, Participation nocturne - Miller, né le 26 décembre 1891 à 12h30, Brooklyn (New York) : Capricorne, Mercure, Individuation diurne et Alligation nocturne - Freud, né le 6 mai 1856 à 18h30, Freiberg (Moravie) : Taureau, Uranus, Alligation nocturne Je soutiens qu'il est impossible de comprendre ces thèmes sans tenir compte du Dominion. L'auteur des essais Du vin et du haschisch (1851) et Les Paradis artificiels (1860) est un enfant de la Maison 4. Celui de La Soirée avec Monsieur Teste (1896) et des Cahiers, cette entreprise colossale et unique d'analyse distancée, celui pour qui la bêtise n'était pas le fort, est un enfant de la Maison 6. Et les notions de résistance et de transfert jouent un rôle moteur dans cette thérapie inter-relationnelle (Maison 5) qu'est la psychanalyse. 8. QUADRIVERSITÉ ET CULTURES "Nous n'en avons amené que trois, le quatrième ne voulait pas venir. Il disait être celui qui a raison, celui qui pense pour eux tous." (Goethe : Faust, 2.2) La culture hindoue a élaboré divers traités [58] qui légifèrent sur l'un ou l'autre des quatre domaines de l'activité humaine, ces champs de déploiement du comportement, qui sont aussi les quatre finalités de l'action, à travers lesquelles chacun est invité à accomplir son humanité. [59] L'individuation incite à rechercher artha (l'intérêt, le succès) par la possession matérielle (richesses et prospérité) ou par la reconnaissance sociale (honneurs, respectabilité, célébrité), l'alligation kâma (l'amour, le plaisir), à la fois satisfaction des sens, jouissance, et affection, désir, réalisation du bonheur, la participation dharma (le devoir, la vertu) par l'accomplissement vertueux de la loi immanente propre à chacun, et l'objectivation moksha (le salut, la délivrance) qui est libération, déconditionnement, affranchissement de l'ignorance et dépassement des trois autres buts de l'existence. Chacune de ces finalités cardinales de l'existence (l'intérêt, l'amour, la vertu, le savoir) réclame un mode de comportement spécifique : comportement réaliste en individuation, comportement rituel en alligation, comportement éthique en participation, comportement idéaliste en objectivation. Le comportement réaliste se définit par la propension à utiliser les moyens adéquats en vue de tirer parti de l'environnement et de ses possibilités présentes ; le comportement rituel est marqué par l'imitation des usages et des coutumes, par le respect accordé à l'organisation sociale et aux différences personnelles ; le comportement éthique est marqué par l'attention portée envers l'intégrité de chacun et par la propension à suivre ses inclinations, expurgées de toute fin égoïste ou intéressée ; le comportement idéaliste se définit par le souci d'appréhender le réel, épuré de ses manifestations contingentes, dans une rationalité totale. [60] On trouve chez Max Weber une conception quaternaire, mais discordante, des motivations de l'action et des types de comportement, hiérarchisés du plus simple au plus évolué. [61] La perspective propre à chaque système de pensée, au sein d'un même espace culturel, s'inscrit nécessairement dans l'un ou l'autre de ces cadres relationnels. Restons en Inde où quatre courants principaux innervent la métaphysique. Dans le brahmanisme (alligation), le salut s'opère par la réunification au brahman, substance unique, présente en tout être, et auquel chacun peut se joindre sous la forme du Soi (âtman). Dans le jaïnisme (individuation), la monade de vie (jîva), âme unique et particulière à chacun, se distingue absolument de la matière karmique (a-jîva) et s'en sépare au terme de ses réincarnations successives. Dans le bouddhisme (objectivation), la vacuité universelle (çûnyatâ) explique l'illusion (mâyâ) des phénomènes, artefacts de l'esprit qui les perçoit, et desquels il peut se libérer par l'extinction (nirvâna). Dans l'hindouisme (participation), la première, dernière et éternelle conception de l'Inde, le salut est indépendant de toute intentionnalité et s'obtient par l'action désintéressée et par le renoncement à ses bénéfices. [62] Vishnu est doté de 4 bras et se manifeste à travers un nombre théoriquement indéfini d'avatars qui régénèrent le monde. Qu'on se discipline par l'exercice (yoga) ou qu'on se consume dans l'expérience immédiate (bhoga) : c'est tout un. Les quatre voies conduisent au même but : artha, kâma, dharma et moksha sont une seule et même chose. [63] De même, au sein des diverses écoles de la Chine pré-bouddhiste, se détachent quatre courants principaux : l'École des Lois qui enseigne l'art de légiférer et d'administrer (individuation), l'École des Dénominations qui enseigne la logique et l'art des désignations (objectivation), le courant taoïste (participation) qui enseigne l'autonomie et le détachement du monde, et les Écoles du Bien Public de Confucius et de Mö Tseu (alligation), confondues, jusqu'à la dynastie des Han, "sous une désignation commune (jou-mö)". [64] Cette quadripartition (différenciation quaternaire) est susceptible d'apparaître au sein d'un même courant de pensée. Dans le Bardo Thödol, le fameux traité bouddhiste tibétain, la succession des quatre "Bouddha", après l'apparition de Vairocana (le maître de tout objet de connaissance), illustre la quadriversité des points de vue et des chemins de sagesse : par l'alligation avec Vajrasattva Aksobhya (représentant la sagesse "semblable au miroir"), par l'objectivation avec Ratnasambhava (représentant la sagesse de l'équanimité), par l'individuation avec Amitabha (représentant la sagesse discriminative), et par la participation avec Amoghasiddhi (représentant la sagesse "qui peut tout accomplir"). [65] La philosophie grecque a cherché à rendre compte du mouvement et de la multiplicité du monde phénoménal - de l'agitation, au regard de la pensée chinoise, ou encore de l'extériorité au regard de la métaphysique hindoue - mais aussi de l'origine de ce monde phénoménal, par les notions de Principe (Héraclite, Zénon de Cittium), de Modèle (Pythagore, Platon), de Fondement (Parménide, Aristote), et de Cause (Démocrite, Épicure). Ces formes archétypales du commencement ont été cristallisées dans les quatre grands courants de la pensée grecque, qui ont marqué la destinée de la philosophie occidentale pendant deux millénaires. [66] Pour Platon (alligation), le monde temporel a été créé à l'image d'un monde idéal, intemporel, auquel l'âme, autrefois, était liée, qu'elle a oublié, et auquel, parfois, elle accède, indirectement, par la réminiscence. Ainsi le monde sensible, second, n'existe pas par lui-même, mais par sa dépendance au monde intelligible. Le désir (eros) est l'aspiration au complémentaire, à la moitié perdue (mythe de l'androgyne) qui n'existe véritablement que dans le monde originel. Le Modèle est l'ultime référence judicative de la ressemblance des copies à leur archétype idéel. Chez Aristote (individuation), chaque partie du monde est autonome et suffisante à elle-même. Tout peut s'appréhender à partir de la substance présente, de l'existant, de "l'être-en-acte", particularisé et actuel, individualité accomplie (entéléchie), organique ou inorganique. Le réel se conçoit de manière multiple et présuppose l'absolue transcendance d'un premier moteur, Dieu, qui a produit le monde sans s'y mêler, et dont l'existence n'a aucune incidence morale directe. Il est le Fondement, l'assise, qui légitime toute manifestation phénoménale individuelle. Épicure (objectivation) préconise un matérialisme intégral appliqué à la totalité des phénomènes. Le monde est strictement corporel, composé d'atomes, en nombre infini, aux propriétés définies, et dont les diverses combinaisons déterminent la multiplicité phénoménale indéfinie. Quelques prémisses en nombre limité, ayant trait à la pesanteur et à la déclinaison de ces particules, suffisent à rendre compte du mouvement matériel, du désir humain et des passions, comme de la diversité des langues et des cultures. La Cause est la condition d'une explication in extenso de la réalité phénoménale, naturelle et culturelle. Dans la philosophie de Zénon (participation), la pénétrabilité de la matière suppose l'existence d'une force unifiante, le souffle (pneuma), intrinsèque à la substance corporelle. Le monde est Un, organisme immanent, vivant et divin de part en part, uniformément parsemé de vie et d'esprit, éternellement régénéré. Tout conspire au sein d'une sympathie cosmique. Le Principe justifie l'origine commune de la multiplicité phénoménale qui en dérive et de l'harmonie universelle qui en résulte. Le néoplatonicien Damascius (~ 462-538), le dernier géant de la philosophie de langue grecque, coordonne les trois théories rivales de l'auteur du Timée et du Parménide, et réserve le "mot de la fin" au Modèle - même si ce dernier n'aura pas fini de "faire jaser" - au sein d'une métaphysique syncrétiste de l'Un, lequel est l'archétype suressentiel du regard que porte le philosophe sur le monde, et dont les trois modes sont la pure subsistance comme manence indifférenciée ou l'Un-Tout (proche du monde stoïcien), la procession vers le multiple comme vecteur de pluralité ou le Tout-Un (proche de l'atome épicurien), et la conversion vers l'Un comme vecteur de composition ou l'Unifié (proche de l'entéléchie aristotélicienne). [67] Le quaternaire apparaît dans la philosophie sous de multiples formes qui sont des illustrations de la quadriversité des points de vue, comme de l'exercice de la raison matricielle. Par exemple Johann Fichte note la séparation absolue de quatre formes de conscience qui traduisent, soit la diversité absolue des objets (objectivation), soit l'unité et l'identité du sujet (individuation), soit la moralité de l'action procédant du pur moi de la conscience (participation), soit l'unité réelle ou l'adéquation sujet-objet (alligation). [68] Maurice Merleau-Ponty distingue quatre stades de la perception (auditive) : "un son objectif qui résonne hors de moi dans l'instrument" (objectivation), "un son atmosphérique qui est entre l'objet et mon corps" (participation), "un son qui vibre en moi comme si j'étais devenu la flûte" (alligation), et un son qui "disparaît et devient l'expérience (...) d'une modification de tout mon corps" (individuation). [69] Le quaternaire sectoriel rend compte d'une axiologie : les valeurs pratiques (le Fort, l'Utile, l'Efficace...), les valeurs affectives (le Beau, l'Agréable, l'Aimé...), les valeurs éthiques (le Bien, le Juste, le Vertueux...) et les valeurs cognitives (le Vrai, l'Exact, le Logique...). Les valeurs pratiques privilégient le Moi et ses intérêts ; les valeurs affectives supposent la capacité de se tourner vers l'autre ; les valeurs éthiques réclament une attention à tous et à chacun en particulier ; les valeurs cognitives privilégient l'analyse abstraite des relations entre les êtres. Ce quaternaire inaugure aussi le Yi King, introduit par le premier hexagramme Khièn (= K'IEN) : yuán (cause initiale) - heng (libre expansion) - li (bien) - tsheng (perfection) : "La cause initiale [énergie], c'est ce qu'il y a de plus primordial dans le bien ; la liberté, c'est la réunion de toutes les beautés ; le bien, c'est l'harmonie des devoirs ; la perfection, c'est la tige qui supporte toutes choses." [70] On sait la préférence de Platon pour l'idée de Bien. La pensée moderne dans son ensemble feint de privilégier les valeurs cognitives, alors qu'elle se soumet le plus souvent aux valeurs pratiques. Benedetto Croce, ce survivant de l'éclatante pensée italienne de la Renaissance, postule une égale grandeur aux quatre formes ou "fonctions de l'esprit" : l'économico-technique, l'esthétique, l'éthique, le logique. Il insiste sur l'idée que la logique ne joue aucun rôle privilégié dans le quaternaire : ce n'est pas elle qui fait les distinctions ; elle se contente seulement d'apporter le concept de distinction : "Elle est à l'intérieur et non à l'extérieur de la philosophie, de la même manière que (...) le miroir de l'eau qui reflète le paysage est une partie du paysage." [71] Les manifestations de cette quadrialectique sont innombrables dans la philosophie. Il y a toujours quatre mondes, ou plutôt quatre visions du monde, qui s'affrontent et cohabitent. Les systèmes de pensée adoptent nécessairement et cherchent à imposer la primauté de l'une ou l'autre de ces perspectives : philosophies du Moi et de la conscience (individuation), philosophies de l'autre et de la relation (alligation), philosophies panthéistes et organicistes (participation), philosophies analytiques et structuralistes (objectivation). Au XVIIe siècle s'affrontent le Cogito cartésien, la vision en Dieu de Malebranche, le monisme pluraliste de Leibniz et l'atomisme mental de Locke. Les Maisons astrologiques déterminent des optiques : elles représentent les modes d'enracinement existentiel au sein desquels chacun s'insère : la lice du pouvoir social, l'aire de la convivialité, la sphère de la spiritualité, ou le réseau de la connaissance. Elles renseignent sur la réceptivité de la conscience à un certain rapport relationnel au monde, et finalement sur l'autorité que chacun reconnaît sur son existence propre : celle de la société dans son ensemble, celle de personnes particulières, celle du sacré et de l'indéfini, ou encore celle d'une communauté savante plus ou moins idéale. Ce regard-là, et lui seul, est juge devant notre conscience, de ce que nous valons. S'il est des "comptes à rendre", ils se concluent en ces lieux. [Voynish manuscript, p.68r] [MET Goose Game Board] Falkener, 1892 - Board games or/and Astrological Diagrams? [Quatrième image : 6 diagrammes gravés au sol de la basilique Julia dans l'antique forum à Rome, transmis par George Dennis en janvier 1892 à Edward Falkener (1814-1896) qui les reproduit en appendice de son ouvrage classique, Games ancient and oriental and how to play them (London, Longmans, Green and Co., 1892, p.365). Ils dateraient du IVe siècle AD et sont assimilés à des plateaux de jeu selon les correspondants. En réalité des diagrammes astrologiques attestant de l'intérêt pour les 8 Maisons pendant le Bas Empire à Rome.] [1] Cf. Léopold de Saussure, "L'origine de la rose des vents", in Archives des Sciences Physiques et Naturelles, 5.5, Genève, 1923. « Texte [2] "Before and behind, in all the sides opposite to the eight winds, I opened eight great gates." (D. Haigh, "Yorkshire dials", in Yorkshire Archaeological Journal, 1896, p.166); cité par Prudence Jones, "Celestial and terrestrial orientation", in Annabella Kitson (éd.), History and astrology (Clio and Urania confer), Unwin, London, 1989, p.40. « Texte [3] Cf. Prudence Jones, Ibid., p.41 et p.45 (note 11). « Texte [4] Cf. la tablette n° 90827 du British Museum (in L.W. King, Babylonian boundary-stones and memorial-tablets in the British Museum, London, 1912, vol. 2, plate XVIII), et aussi Giovanni Schiaparelli (Die Astronomie im alten Testament, Giessen, 1904) et Astrologie en Mésopotamie (Les Dossiers d'Archéologie 191, 1994, p.43, p.51 et p.65). « Texte [5] L.W. King, Ibid., vol. 1, p.XV. King avertit néanmoins de la nécessité de "distinguer le caractère originel des symboles de la signification plus tardive que la spéculation néo-babylonienne leur a donnée." (in Ibid., vol. 1, p.XVI). « Texte [6] Cf. la tablette du British Museum, provenant de Ninive et datée du VIIe siècle B.C., in Astrologie en Mésopotamie, Les Dossiers d'Archéologie 191, 1994, p.36. « Texte [7] Cf. Joseph Needham, Science and civilisation in China, Cambridge University Press (UK), vol. 2, 1956, p.355. « Texte [8] Mânava-Dharma-Shâstra, tr. fr. A. Loiseleur-Deslongchamps, Paris, Garnier, [1939?], I 13, p.4. « Texte [9] in Horoscopes and history, London, Warburg Institute, 1986, p.1. Cf. aussi Frank Robbins : "La division par huit était une conception plus ancienne que le système de douze régions." (in "A new astrological treatise: Michigan Papyrus N°1", I 20-26 (in Classical Philology 22.1, University of Chicago Press, 1927, p.36). L'auteur anonyme du texte grec présente un système de 8 maisons inégales de 48° autour des Angles et de 42° entre les Angles, confondu avec un système original de Termes : 0° Tau - 12° Gém, 13° Gém - 30° Can, 0° Lio - 18° Vie, 19° Vie - 30° Bal, 0° Sco - 12° Sag, 13° Sag - 30° Cap, 0° Ver - 18° Poi, et 19° Poi - 30° Bél. « Texte [10] Cf. Otto Neugebauer & Henry Van Hoesen, Greek horoscopes, Philadelphia, American Philosophical Society, 1959, p.138-140 & p.152-157. « Texte [11] Marcus Manilius, Les Astrologiques (Astronomicon), trad. fr. Alexandre-Guy Pingré (1711-1796), Paris, 1786; éd René Alleau, Paris, Denoël, 1970, p.171. Cf. aussi la traduction versifiée de Louis Ricouart : Les cinq livres des astronomiques, Anzin, E. Dugour, 1882. « Texte [12] The five books of M. Manilius, trad. angl. Thomas Creech, London, 1697; Washington, National Astrological Library, 1953. « Texte [13] Julius Firmicus Maternus, Mathesis (Livres I et II), éd. et trad. fr. P.Monat, Paris, Belles Lettres, 1992, p.109-110 & p.114-118. « Texte [14] Julius Firmicus Maternus, Mathesis (Livres III à V), éd. et trad. fr. P.Monat, Paris, Belles Lettres, 1994, IV 16.4, p.170. « Texte [15] Auguste Bouché-Leclercq, L'astrologie grecque, Paris, Ernest Leroux, 1899, p.279-280. « Texte [16] Cf. Cyril Fagan, Astrological origins, St Paul (Minnesota), Llewellyn Publications, 1971, p.162. « Texte [17] C'est à Thrasyllos que l'on doit le regroupement tétralogique des oeuvres de Platon, qui prévaut dans les manuscrits médiévaux et qui est actuellement toujours en vigueur. « Texte [18] "Les seigneurs des huit quartiers (Est, Sud-Est, Sud, Sud-Ouest, Ouest, Nord-Ouest, Nord et Nord-Est) sont respectivement Indra, Agni, Yama, Nirriti, Varuna, Vayu, la Lune et Siva." (Varâha Mihira, in Brihat Samhita, éd-tr Panditabhushana Subrahmanya Sastri & Vidwan Ramakrishna Bhat, Bangalore (Inde), Soobbiah, 1947, 86.75, p.666). Cf. aussi Ibid., 54.3, p.459 et 86.34, p.656. Il est encore question des 8 quartiers dans l'ouvrage d'un de ses disciples (de son fils ?), Prithuyasas (cf. son Horasara, éd-tr Panditabhushana Subrahmanya Sastri & Vidwan Ramakrishna Bhat, Bangalore (Inde), Soobbiah, 1949). « Texte [19] Wilhelm Gundel, Neue astrologische Texte des Hermes Trismegistos, München, Abhandlungen der Bayerischen Akademie der Wissenschaften, 1936, chap. 13 (Die Lehre der Kentra und der Quadranten) et 14 (Die Lehre der zwölf Haüser oder Orte), p.301-313. « Texte [20] Platon, Timée (32b), in Ouvres complètes, tr. fr. Léon Robin, Paris, Gallimard, 1950, vol. 2, p.447. « Texte [21] Ce modèle est spéculatif : il demande à être confirmé par des analyses collatérales. On peut discuter l'association du lever du jour à la sécheresse. Cependant c'est bien au lever du jour que le soleil commence à assécher la terre, et les vents de l'Est sont secs. (cf. par exemple Fred Gettings, The Arkana dictionary of astrology, London, Routledge & Kegan Paul, 1985; éd. rév., London, Arkana, 1990, p.404). « Texte [22] "They [les disciples de Marcus] maintain, then, that first of all the four elements, Fire, Water, Earth, and Air, were produced after the image of the primary Tetrad above, and that then, we add their operations, viz., heat, cold, dryness, and humidity, an exact likeness of the Ogdoad is presented. They next reckon up ten powers in the following manner: There are seven globular bodies, which they also call heavens; then that globular body which contains these, which also they name the eighth heaven; and, in addition to these, the Sun and Moon. These, being ten in number, they declare to be types of the invisible Decad, which proceeded from Logos and Zoe. As to the Duodecad, it is indicated by the zodiacal circle, as it is called; for they affirm that the twelve signs do most manifestly shadow forth the Duodecad, the daughter of Anthropos and Ecclesia." (in Irénée de Lyon (~135-205), Contre les hérésies, I 17.1; texte disponible à la Gnostic Society Library. Cf. aussi Irénée (saint), Contre les hérésies, éd.-tr. Adelin Rousseau (et al.), Paris, Cerf, 1965- « Texte [23] in Frank Robbins, "A new astrological treatise: Michigan Papyrus N°1", I 20-26, in Classical Philology 22.1 (University of Chicago Press), 1927, p.14 (édition sans traduction). Cf. aussi le Michigan Papyrus 149 dont Wilhelm Gundel a souligné l'importance et l'originalité par rapport à la vulgate astrologique (in Wilhelm Gundel & Hans Georg Gundel, Astrologumena, Wiesbaden, Franz Steiner, 1966, p.25 et p.36), et que Rupert Gleadow a traduit (in American Astrology, sept-oct 1950). [Je n'ai pas encore réussi à me procurer ce texte, ni sa traduction]. « Texte [24] Cyril Fagan, in Astrological origins, St Paul (Minnesota), Llewellyn Publications, 1971, p.161. « Texte [25] Tycho Brahe, De nova stella, in Opera omnia, éd. John Dreyer, Hauniae, vol. 1, 1913, p.35-44. (Cf. aussi dans le même volume la représentation de thèmes avec les 8 directions symbolisant les maisons (p.83-130), ainsi que celle, tout-à-fait étonnante, de thèmes sous forme elliptique (p.75-82), laquelle a pu inspirer Kepler lors de sa découverte de la première loi du mouvement orbital des planètes. « Texte [26] Selon John North, Horoscopes and history, London, Warburg Institute, 1986. « Texte [27] Cf. Nicholas Culpeper, Astrological judgment of diseases, London, 1655; Tempe (Arizona), American Federation of Astrologers, s.d. [1959], p.17-18. « Texte [28] Cf. Wilhelm Knappich, Geschichte der Astrologie, ms Wien, 1953, p.566-567. [Je n'ai pas encore pu me procurer son article paru dans Astralen Warte, mai-oct. 1950]. « Texte [29] Isha Schwaller de Lubicz, Her-Bak "pois-chiche", Paris, Flammarion, 1955, p.369-373. « Texte [30] Sénèque, in Questions naturelles, III 14.2, tr. fr., Paris, Belles Lettres, 1929, vol. 1, p.129. « Texte [31] Kaushîtaki Upanishad, tr. fr. Louis Renou, Paris, Adrien Maisonneuve, 1948, IV 2-18, p.61-68. « Texte [32] Ce sont "les différents points de l'espace que parcourt régulièrement le soleil selon la cosmologie indienne." (Jeannine Auboyer, "Le char du Soleil à Konarak", in Archeologia 23, 1968, p.8). « Texte [33] Arlette Leroi-Gourhan & Ichiro Ayamanaka, "Un très ancien football", in Archeologia 320, 1996, p.62-65. « Texte [34] La date du 17 février 3102 B.C. (- 3101) marque une configuration astrologique exceptionnelle : toutes les planètes se situent dans un écart angulaire de 90° (de 41° si l'on exclut Uranus et Neptune). « Texte [35] L'astrologie n'a pas été déboussolée par l'avènement de l'héliocentrisme, et ne le sera pas tant que le centre de perception ne quitte pas la surface terrestre. Seuls les astronautes peuvent brusquement transformer leur potentiel astral. (Cf. le retour problématique sur terre des premiers astronautes américains, le film Solaris (1972) d'Andreï Tarkovski, et Daniel Verney, Fondements et avenir de l'astrologie (Paris, Fayard, 1974). « Texte [36] Le schème s'applique strictement à un astre situé exactement sur l'écliptique, puisque l'Ascendant est un point d'intersection entre les plans de l'écliptique et de l'horizon, le point qui "se lève" à l'Est, sur la gauche d'un observateur tourné vers le Sud, c'est-à-dire dans la direction du soleil à midi dans l'hémisphère Nord. « Texte [37] Pour le sens que je donne à ces termes (Individuation diurne I+ et nocturne I-, Alligation diurne A+ et nocturne A-, Participation diurne P+ et nocturne P-, Objectivation diurne O+ et nocturne O-), cf. infra : "Sémantique des domaines". « Texte [38] L'AS marque "les tendances à se replier sur soi", le MC "les tendances à s'élever", le DS "les tendances à se projeter vers autrui" et le FC "les tendances à s'appesantir" (in Armand Barbault, Technique de l'interprétation, 1952; Paris, Dervy, 1986, vol. 1, p.134-136). Le consensus est assez général parmi les astrologues quant à ces connotations. Toutefois le terme d'introversion concernant l'Ascendant permet d'éviter certains contre-sens quant à la signification de ce secteur. « Texte [39] Graham Douglas signale les 8 maisons in "Astrology and semiotics", Martin Budd (éd.), Radical astrology, London, Radical Astrology Group, 1983. « Texte [40] Michel Gauquelin, Les hommes et les astres, Paris, Denoël, 1960. « Texte [41] T.O. McGrath (in Timing business activity and the Sun) : "Dans tout corps magnétique présentant deux pôles (à l'instar du Soleil et de ses satellites), les courants magnétiques circulent du pôle nord vers le pôle sud, leur activité minimum se manifestant tous les 90 degrés et leur activité maximum tous les 45 degrés." (cité in Dane Rudhyar, L'astrologie de la personnalité, New York, Lucis Press, 1936; version fr., Paris, Librairie de Médicis, 1984, p.196). Cependant Rudhyar attribue improprement cette polarisation magnétique au zodiaque. « Texte [42] Yi King (Le livre des transformations), version allemande Richard Wilhelm, tr. fr. Étienne Perrot, Paris, Librairie de Médicis, 1973; 1977, p.306. Cf. aussi Marcel Granet, La pensée chinoise, 1934; Paris, Albin Michel, 1950, p.186. « Texte [43] Yi King (Le livre des transformations), version allemande Richard Wilhelm, tr. fr. Étienne Perrot, Paris, Librairie de Médicis, 1973; 1977, p.305. « Texte [44] K'AN reste apparié à LI, et KEN à TOUEI, non plus selon le centre, mais selon un axe de symétrie. Jean Marolleau observe que le T'ai Ki chinois symbolise la réunion des symétries centrale et axiale, et que l'arrangement circulaire des Hexagrammes et des Trigrammes obéit à une logique binaire qui dévoile une symétrie axiale derrière une symétrie centrale apparente (in La Galaxie Yin Yang, Paris, Robert Dumas, 1975). Demetrio Santos Santos aboutit à la même conclusion concernant la symétrie axiale qui sous-tend l'ordre des Trigrammes (in Investigaciónes sobre astrología, Madrid, Editora Nacional, 1978, vol. 1). « Texte [45] TCHEN marque d'ailleurs l'Est dans la seconde disposition, celle attribuée au roi Wen. Cf. Yi King (Le livre des transformations), version allemande Richard Wilhelm, tr. fr. Étienne Perrot, Paris, Librairie de Médicis, 1973; 1977, p.308, et Marcel Granet, La pensée chinoise, 1934; Paris, Albin Michel, 1950, p.186. « Texte [46] Alan Leo, in Esoteric astrology, London, Fowler, 1913, p.55 ; Marc Edmund Jones, in Astrology, how and why it works, Philadelphia, David McKay, 1945, p.45-76 ; Jean-Pierre Nicola, "Les Maisons astrologiques", in Astrologique, Hors Série n°1, Paris, 1977, p.33-38. Le système du S.O.R.I., sans doute antérieur à Alan Leo, fait figure en France de système original auprès d'une certaine clientèle ! Il est d'ailleurs usuel dans la littérature astrologique de se taire sur ses sources, ou encore de les ignorer et de laisser croire qu'on a tout inventé. Pour être complet, précisons que Nicola réintroduit artificiellement les désignations conditionalistes qualifiant les planètes comme facteur de différenciation du S.O.R.I. : la maison 3 serait "Transcendance de la Relation", la maison 7 "Représentation de la Relation", et la maison 11 "Existence de la Relation". Outre l'inutilité d'un tel jargon, on attendrait plutôt des frères la "Représentation de la Relation", du conjoint l'"Existence de la Relation" et des amis la "Transcendance de la Relation", ou encore l'une ou l'autre des quatre autres combinaisons possibles : ma femme par exemple voit ses frères comme "Existence de la Relation", son conjoint comme "Transcendance de la Relation" et ses amis comme "Représentation de la Relation" ! Quoiqu'il en soit, ces catégories semblent incohérentes (Comment "l'Objet" pourrait-il trouver sa place dans le thème du natif ?), et surtout impraticables, tant qu'elles restent ancrées dans de simples présupposés empiriques, et tant qu'on ne donne pas les raisons logiques de leur répartition sémantique (à supposer d'ailleurs que le système "Représentation - Existence - Transcendance" soit lui-même sémantiquement cohérent, ce qui est loin d'être le cas). « Texte [47] Ce qui conduit souvent les dresseurs de thèmes à amalgamer allègrement la sémantique des signes zodiacaux à celle des maisons. « Texte [48] Johannes Kepler, in Lettre à Herwart, Gesammelte Werke, éd Max Caspar, Franz Hammer (et al.), München, Beck, 1945, vol. 13, p.232; cité par Arthur Koestler, in Les somnambules, tr. fr., Paris, Calmann-Lévy, 1960, p.286. « Texte [49] Je ne retiens pas la connotation "intégrante" que Jung donne à ce terme : l'individuation circonscrit le champ de l'affirmation de l'ego (au sens strict). Ce terme ne suppose aucune réalisation d'une conscience élargie, ou d'un Soi ouvert aux aspirations de l'inconscient. La "conscience individuée" reste cartésienne : séparée, imperméable à toute extériorité, équilibrée par la seule évidence du Cogito, impliquée dans l'arène où s'affrontent les consciences concurrentes. Autrement dit je donne à ce terme d'individuation son sens le plus restrictif, proche de l'acception "utilitariste" d'un Herbert Spencer. « Texte [50] - du latin ligare (lier, unir, joindre, assembler). « Texte [51] Max Scheler a souligné la densité "entitative" de la relation à autrui et le caractère irréductible de la sympathie (Einfühlung) à la base de la communion inter-subjective et de la communication affective des consciences (in Nature et formes de la sympathie, tr. fr., Paris, Payot, 1928; 1971). Cf. aussi Martin Buber, Je et Tu, tr. fr. Geneviève Bianquis, Paris, Aubier, 1938. « Texte [52] D'ailleurs les 4 quadrants du modèle qui, selon Gundel, auraient devancé l'octotopos, sont associés aux 4 âges de la vie. « Texte [53] Il est certain que les enfants de la maison 4 sont aujourd'hui les plus malheureux de tous. Charles Fourier ! « Texte [54] Cf. Otto Neugebauer & Henry Van Hoesen, Greek horoscopes, Philadelphia, American Philosophical Society, 1959, p.8. « Texte [55] in Horoscopes and history, London, Warburg Institute, 1986. « Texte [56] Cf. Ralph William Holden, The elements of house division, Romford (UK), Fowler, 1977, p.60-61; et Geoffrey Dean, Recent advances in natal astrology, Subiaco (Australie), Analogic, 1977, p.166-167. Cf. aussi Henri Selva, La domification ou construction du thème céleste en astrologie, Paris, Vigot, 1917; les articles de Joseph Frederici parus dans The Astrological Journal: 16.3, 17.1-3-4, 19.4 (1974-1977), son article, "Les maisons astrologiques: pour un système universel?" in Le Ciel Étoilé, 6/7, 1987; et Pierre Brind'Amour, Nostradamus astrophile, Ottawa, Presses de l'Université d'Ottawa, & Paris, Klincksieck, 1993. Ce dernier ouvrage, en dépit de son titre, recèle l'exposé le plus clair et le plus documenté, disponible en langue française, sur l'histoire et les techniques des systèmes de domification. « Texte [57] Cf. Fred Gettings, The Arkana dictionary of astrology, London, Routledge & Kegan Paul, 1985; éd. rév., London, Arkana, 1990, p.278-279. « Texte [58] Cf. le traité politique de Kautilya, l'Arthashâstra, le Mânava Dharmashâstra (Les Lois de Manu) ou le fameux Kâmasûtra de Vâtsyâyana. « Texte [59] Cf. l'excellente présentation de la métaphysique indienne par Heinrich Zimmer, in Les philosophies de l'Inde, tr. fr. Marie Renou, 1953; Paris, Payot, 1978. « Texte [60] J'emploie ici les termes réaliste et idéaliste dans leur acception commune, et non dans leur signification philosophique. « Texte [61] Le comportement "strictement traditionnel" [rituel?], le comportement "strictement affectif" [éthique?], le comportement "rationnel par valeur" [idéaliste?] et le comportement "rationnel par finalité" [réaliste] (in Wirtschaft und Gesellschaft, Tübingen, 1922; 1956; cité par Julien Freund, in Max Weber, Paris, P.U.F., 1969, p.96-99). Avec les réserves suivantes : le caractère réaliste du "comportement-type" de l'européen ne suffit pas à légitimer cette prétendue hiérarchie des comportements, largement tributaire des préjugés issus de l'éducation et de la culture, autrement dit de l'idola specus de Francis Bacon, préjugés qui infléchissent les analyses de Weber. En outre ce système des comportements masque difficilement son dualisme qui est l'écueil quasi obligé de la pensée occidentale. Les types de comportement de Weber dits "traditionnel" et "affectif" sont purement réactifs et à la limite de la conscience, au contraire de ses types dits rationnels, "par valeur" et "par finalité", seuls dignes d'être appréhendés. Or l'efficacité du dernier est loin d'être prouvée et suppose une connaissance et une maîtrise des données et des situations généralement absentes, si ce n'est dans l'illusion de la maîtrise de la situation, parfois dans l'aveuglement et l'ignorance qui guident le plus souvent ce mode de comportement. Des résultats parfois nettement supérieurs sont atteints par un comportement strictement rituel ou affectif, ou par un comportement éthique, ou encore intellectuellement idéaliste, ces deux derniers étant confondus par Weber dans sa catégorie "rationnel par valeur". Ce n'est pas parce qu'un comportement est rationnel, finalisé, conscient, qu'il est forcément plus efficace qu'un autre mode de comportement. Cette hiérarchie webérienne des comportements n'est que leur ordonnance sous le seul critère pragmatique, d'ailleurs contestable dans sa particularité. « Texte [62] Bhagavad-Gîtâ II 47, in La Bhagavad-Gîtâ, Shrî Aurobindo (éd.), 1942; tr. fr. Camille Rao & Jean Herbert, Paris, Albin Michel 1970; 1977, p.63. « Texte [63] Le géant de l'histoire des religions, le roumain Mircea Eliade (Poissons solaire), a souligné dans son Histoire des croyances et des idées religieuses (Paris, Payot, 1976, vol. 1, p.140-143) le caractère déjà "hindouiste" de la religion harappienne et de la civilisation de l'Indus (2500-1500 B.C., antérieures aux invasions aryennes et au Corpus védique (brahmaniste). Ce qui tend à corroborer l'idée que l'Inde "a toujours été" Participation (cf. ma Géoculturologie astrale) et à éclairer un des paradoxes les plus étonnants de l'histoire religieuse : à savoir l'expulsion du bouddhisme de son foyer originel et son implantation en Chine et au Japon (aire culturelle de l'Objectivation). L'hindouisme s'oppose à la vacuité et à la sécheresse bouddhiques par l'exubérance des formes, des cultes et des rituels, par la surabondance de ses dieux, déesses et démons. Dans l'hindouisme, chacun trouve sa place, son dieu, sa vérité. Chaque vision, chaque tendance, chaque perspective, est compatible avec toutes les autres. L'hindouisme est la religion, la plus proche de l'animisme, et aussi la plus authentique et la moins élitiste, car elle est à peine "une religion". « Texte [64] Marcel Granet, La pensée chinoise, 1934; Paris, Albin Michel, 1950, p.6. « Texte [65] Bardo-Thödol (Le Livre tibétain des Morts), version du lama Teunzang, éd. all., München, 1977; trad. fr. Valdo Secretan, Paris, Dervy, 1980; éd. rev., Paris, Albin Michel, 1981. Cf. aussi Bardo Thödol (Livre des morts Tibétain), version anglaise du Lama Kazi Dawa Samdup, éd. W. Evans-Wentz, trad. fr. Marguerite La Fuente, Paris, Adrien Maisonneuve, 1933; éd. rev. 1987 ; « Texte [66] A l'exception toutefois de l'atomisme, moins continûment influent, mais qui a "rattrapé son retard" depuis le XVIIIe siècle puisqu'il s'est régénéré dans l'actuel système de la science, malgré l'attitude "anti-scientifique" d'Épicure. Ces quatre points de vue, cardinaux et irréductibles, traversent l'histoire de la pensée, des philosophies et des idéologies. Le biologiste Rupert Sheldrake les fait comparaître dans son explication du vivant et de l'organique par "la forme": s'affronteraient les théories platonicienne (formes idéales transcendantes), mécaniste ou atomiste (lois immuables, régissant atomes et molécules), aristotélicienne (entéléchies in situ), et celle, "néo-stoïcienne", de la causalité formative et des champs morphogénétiques ou morphiques, préconisée par l'auteur. (Rupert Sheldrake, La mémoire de l'univers [The presence of the past], London, 1988 ; tr. fr. Paul Couturiau, Le Rocher, 1988, p.121) « Texte [67] Damascius, Traité des premiers principes, tr. fr. Joseph Combès, Paris, Belles Lettres, 1986, vol 1. « Texte [68] Cf. la conférence 28 de Johann Gottlieb Fichte, in La théorie de la science : exposé de 1804, Paris, Aubier-Montaigne, 1967. « Texte [69] Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, Paris, Gallimard, 1945; 1979, p.263. « Texte [70] Paul Philastre, in Le Yi:King ou Livre des changements de la dynastie des Tsheou, éd.-tr., Paris, Annales du Musée Guimet, 8 & 23, 1881, 2 vol.; Paris, Adrien Maisonneuve, 1982, vol. 1, p.36. Le quaternaire est aussi associé aux saisons comme l'explique l'auteur de la meilleure version existante du prodigieux traité chinois (in Ibid., p.14-15). « Texte [71] Benedetto Croce, in Logica come scienza del concetto puro, Bari, Laterza; tr. fr. Paul Olivier, in Denis Huisman (éd.), Dictionnaire des philosophes, Paris, P.U.F., 1984, vol. 1, p.643. « Texte 9. DOCUMENTS HISTORIQUES 1.1 Manilius, in Salmasius, De annis climactericis et Antiqua Astrologia Diatribae, Leiden, Elzevier, 1648, pp.187-188. 1.2 Manilius, in edition Edmund Burton, London, J. Nichols, 1783, p.108. 1.3 Manilius, in edition-translation Alexandre Pingré, Paris, 1786, vol. 2, p.313. Salmasius-p187-188 Burton-1783-p108 Pingré1786-2-p313 1.4 Manilius, in edition Alfred Edward Housman, London, Grant Richards, vols. 2, 3, 5, (1912 ; 1916 p.69 ; 1930 pp.147-148). Housman2-1912 Housman3-1916-p.69 Housman5-1930-p.147-148 2. Antiochus (in CCAG 8.3, translated by Roger Beck, in A Brief History of Ancient Astrology ( Malden (MA), Blackwell, 2007, p.45) : Antiochus, tr. Beck 3. Auguste Bouché-Leclercq, L'astrologie grecque, Paris, Ernest Leroux, 1899, p.276-279 Bouché-Leclercq, 8 Maisons, 1 Bouché-Leclercq, 8 Maisons, 2 Bouché-Leclercq, 8 Maisons, 3 Bouché-Leclercq, 8 Maisons, 4 4. in the Prasna Marga, c. 1649 (volume 1, edited by Raman, 1980, 2nd ed, Delhi, Motilal Banarsidass, 1991), le chapitre III sur les 8 stations solaires de la journée : See the chapter III on kala hora, i.e. the eight stations of Sun in a day (cf. Some B.V. Raman's and Jyotish books available online). 5. Cyril Fagan (1962) : Houses "were connected with the civic events that normally occurred during the temporal hours that corresponded with them. In short, the houses were measures of time and not of 'spaces'. (...) Apparently some "bright genius" among the Greek astrologers, obsessed with the Aristotelian love for symmetry and schematicism - the bug-bear of astrology from its inception - altered all this by endeavouring to make the houses synchronize with the zodiacal signs." (in "Importance of the Varshaphal", The Astrological Magazine, 51.1, 1962, p.22). 6. Cf. aussi ma remarque en note 12 β au texte de Mark Riley (California State University, Sacramento), Theoretical and Practical Astrology: Ptolemy and his Colleagues, concernant la valeur négative accordée par Valens aux maisons III, VI ou peut-être V, VIII et XII, qui seraient les 4 maisons du Dodekatopos ajoutées ultérieurement aux 8 maisons initiales. M. Riley m'écrit en janvier 2010 : "It is hard to be certain, but your suggestion may well be correct." Patrice Guinard: Les 8 Maisons 2/2 : Le Dominion Domaines Célestes de la Conscience (version 4.5.2 : 19-11-2020) http://cura.free.fr/02domi2.html -----------------------