Remarques épistémologiques sur l'astrologie mondiale autour des travaux d'André Barbault
par Jacques Halbronn
Nous
pronons une certaine déontologie de la recherche astrologique qui
passe par le respect des Anciens, faute de quoi l'on basculerait
insidieusement dans une sorte d'anti-astrologie caractérisée par une
façon de bafouer le passé de l'Astrologie.. André Barbault nous
reproche, sans nous nommer, mais c'est bel et bien nous qu'il vise, de
faire de l'anti-astrologie au prétexte que nous mettons en doute
certaines de ses "réussites" prévisionnelles. On lit sur Google
(renvoyant à son site) un long article de Barbault datant de 2004
intitulé "La mascarade astrologique" que nous reproduisons en annexe.
On trouvera sur google la liste de nos travaux antérieurs au sujet de
Barbault en Mondiale:, comme par exemple "
André Barbault et
l'histoire du communisme(site hommes-et-faits)" Certains sites comme
Cura.free.fr, grande-conjonction.org, nofim.unblog etc comportent
des études dans ce sens.
Nous demanderons à
Barbault au vu de ses publications depuis le début des années soixante
en Astrologie Mondiale s'ii considére que ce qu'il propose correspond
de près ou de loin à la pratique des astrologues de l'Anitiquité et ce
qui l'autorise 1 à utiliser des planétes inconnues à l'époque et 2 à
négliger des facteurs qui devaient jouer un rôle central, à savoir les
étoiles fixes.. Et nous dirons qu'une telle façon cavalière de traiter
le passé de l'astrologie reléve d'une forme d'anti-astrologie.
Nous
pensons qu'il est suicidaire pour l'astrologie de se démarquer et de
se décaler de la sorte des conditions des pratiques astrologiques telles
que l'on peut raisonnablement les imaginer et les reconstituer.
On
aimerait que l'on nous expliquât en effet par quelle démarche
intellectuelle se permet-on ainsi au nom de quelque idée de la
modernité, de faire fi des conditions que les Anciens ont connues.
Est-ce le résultat d'un constat d'échec? Est-ce une fuite en avant qui
est souvent le symptome d'une perte de contact avec le passé?
Il
semble bien plutôt que l'on ait ici affaire à une sorte de credo qui
s'est mise en place dans la première moitié du XXe siècle et qui
s'apparenterat à un type de messiiansme. L'astrologie va enfin pouvoir
s'imposer car elle a reçu des éléments asttronomiques qui lui faisaient
cruellement défaut et qu'elle est parvenue à évacuer certaines de
ses erreurs grossières, toujours au regard de l'astronomie moderne;
comme de tenir compte des étoiles fixes. On connait cette litanie selon
laquelle la découverte de chaque nouvelle planéte correspondraiit à une
nouvelle étape du développement de l'Humanité comme si l'on avait
attendu la découverte de telle ou telle planéte pour accéder à telle ou
telle dimension, le cas le plus grotesque étant le traitement d'Uranus,
carrément appelée la planéte du changemenr?
On sait que nous avons
pris le contre-pied de ce courant prophético-astrologique en laissant
de côté les astres inconnus des anciens et en tenant le plus grand
compte des rapports entre planétes et étoiles fixes afin de bâtir une
nouvelle école d'astrologie mondiale que l'on peut qualifier d'orthodoxe
comme ces orchestres qui jouent les pièces avec des instruments
d'époque. Donc, on se demandera qui est "anti-astrologue"? Pour nous la
réponse est simple: celui qu se sert de Neptune et de Pluton et qui ne
se sert pas des aspects avec certaines étoiles fixes est un ennemi de
l'Astrologie, un "sceptique" à l'encontre des pratiques astrologiques
antiques; que de facto il désavoue. Or, ce faisant, de tels astrologues
coupent la branche sur laquelle est posée l'Astrologie qui est celle
d'une présence millénaire dans l'univers mental de l'Humanité lequel
comprenait les planétes jusqu'à Saturne et les principales étoiles
fixes.. Rappelons que l'astrologie cycliqiue - on ne traitera pas ici de
l'astrologie bien plus ancienne de la carte du ciel, liée à une
astronomie qui ignorait encore le cours des planétes comme Mars, Jupiter
et saturne et donc ne les avait pas encore désignées comme telles.- est
née de la découverte de ces deux types de corps célestes lumineux, les
uns dotés de leur propre lumière et les autres reflétant celle du
soleil, lune y compris. Ne pas respecter la dualité planéte/étoile en
faisant de l'astrologie cyclique est une hérésie/
Maintenant,
comme dit Barbault, il y a les "résultats" qui seraient le "juge de
paix" ayant le dernier mot. Reprenons ce passage du texte en annexe!
Voilà ce que Barbault répliquait il y a 12 ans :
"
Le même quidam (sic) s’échine stérilement à déconsidérer mon pronostic
d’échéance capitale pour le communisme au tribunal du temps de la
conjonction Saturne-Neptune de 1989. Prévision pourtant venue de loin et
atteignant un cap historique grandiose. Hautement portée – faut-il le
rappeler ? – dans une périodisation cyclique, par le tremplin d’une
succession de sauts progressifs : apparition du marxisme à la
conjonction de 1847, création du parti russe à la suivante de 1882,
prise du pouvoir à l’ultérieure de 1917 et entrée dans l’ère
post-stalinienne à la dernière de 1953 ! Fallait-il, avec la suivante de
1989, rester muet, attendre mollement l’arrivée de l’histoire pour se
contenter d’engranger un résultat
post-eventum, plutôt que de
tremper de plus belle la corrélation à l’épreuve répétitive d’un nouveau
risque prévisionnel ? Un risque alors devenu obligé en tenant lieu de
mission accomplie de l’art d’Uranie. Eh bien ! ce discoureur malsain
bafoue cette aventure en discréditant le résultat. Mais, en tenant à me
dessaisir du bénéfice de l’opération, c’est l’astrologie elle-même, en
fonction dans une manifestation aussi exemplaire, qu’il dépouille d’un
de ses plus beaux témoignages historiques. N’est-ce pas là
l’aboutissement pervers d’une obscure démarche à finalité
anti-astrologique ? L’astrologie est bonne fille : que, du moins, elle
sache l’identité des mauvais coups qu’on lui porte."
Donc
Barbault défend ici "son" cycle Saturne-Neptune", soit l'alliance
incongrue à l'échelle l'astrologie antique entre une ancienne et
nouvelle planéte.(découiverte et baptisée par les astronomes en 1846).
On signalera que cette vieille prévision qui date d'avant la mort de
Staline, avait été mise de côté par Barbault dès le milieu des années
soixante, quan il publia son indice cyclique annonçant une troiisiéme
guerre mondiale pour les années 80 et nous sommes bien placés pour
savoir quelle fut l'impact de cette prévision sur le milieu
astrologique, puisqu'en 1978 nous avions organisé au FIAP un congrès
sur la "grande conjonctione. On peut dire qu'alors la prévision pour
1989 au regard du cycle Saturne-Neptune était devenue la dernière roue
du carrosse, Barbault ayant opté pour un cycle universel et ayant
abandonné l'idée d'une astrologie apte à localiser les effets d'une
configuratiion à une zone géographique bien spécifique; I
On ne
comprend pas en fait l'histoire de la démarxche de Barbault si l'on ne
fait pas la part de ses remises en question; de ses revirements et des
dénis qui s'en suivront. Le contraste entre l'ouvrage paru en 1963 chez
Denoel et celui paru en 1967 chez Pauvert est saisissant. Barbault
entre temps a changé de modéle.. Il constate que l'ancien modéle ne
marche pas et que cette année 1965 désigné comme "la crise mondiale" ne
se déroule pas comme il l'aurait souihaité - même si en 2004 ill tente
de se justifier-40 ans après- assez laborieusement -sur une base
démographique qui vaut ce qu'elle vaut. Barbault en 66 va donc revoir
sa copie et pondre son indice cyclique qui reporte la crise sur les
années 80. Et puis à la fin de cette décennie également assez peu à la
hauteur de ses prévisions "mondiales", Barbault va se raccrocher à un
ancien modéle dont il se servait dans les années 50 et qui avait annoncé
1989. mais cette fois ill ne prend pas de risque puisqu'il part de ce
qui s'est déjà produit car autrement il aurait très bien pu passer sous
silence une prévision plus ou moins oubliée. Cela nous fait penser à
un truc de magicien consistant à cacher des objets dans différents
lieux d'une pièce pour être sûr que l'un des emplacements fera
l'affaire, le cas échéant. Barbault peut ainsi se servir de tout ce
qu'il a pu produire depuis les années 50 et plus le pronostic est
ancien, plus cela aura, selon liui, de la valeur.
Barbault a un
tempérament de chercheur et un chercheur est capable d'abandonner une
piste quand elle se révéle fausse, à ses yeux. Le pathétique,ici,
apparait quand le chercheur, avec l'âge, entend "sauver" son oeuvre en
tant que totalité indivisible. La seule solution qui se présente alors
est "centurique", c'est à dire qu'elle consiste à ne prendre en compte
que les conclusions prévisionnelles en les dépouillant de leur appareil
théorique. On pourrait ainsi faire un recueul de toiut ce que Barbault a
écrit en langage non technique et le présenter comme un voyant, comme
un prphéte de la même manière que l'on ne s'intéresse pas au pourquoi
et au comment des quatrains nostradamiques mais est-ce bien ce que
Barbault ambitionnait tout comme d'ailleurs Nostradamus n'aurait guère
apprécié ce que l'on a fait de son oeuvre d'astrologue?
Bien
plus, Barbault semble bien avoir eu à partir de 1962 et de la crise
cubaine, puis à la suite de l'arrivée sur la Lune en 1969 des
Américains, un désamour pour la Russie sur laquelle il avait beaucoup
parie (cf son ouvrage sur la crise mondiale, Ed. Albin Michel, 1963),
annonçant que prochainement les résultats économiques de l'URSS
rejoindraient ceux des USA. On peut donc dire, sans trop risquer de se
tromper, que l'URSS n'était plus la tasse de thé de Barbault, à
l'approche des années 80. L'URSS allait encore décevoir Barbault dans la
mesure où il n'y aurait finalement pas le conflit planétaire tant
attendu qu'il avait prophétisé, ce qui aurait forcément impliqué
l'URSS, à en croire son graphique!!
Rappelons que ces derniers
temps, à plusieurs reprises, nous avions souligné quel avait été
l'apport de Barbault à la pensée astrologique en mondiale mais aussi
ses limites. Apport notamment quant à la recherche d'un modéle
universel, qui ne saurait être géographiquement déliimité, mise sur la
touche des symbolismes zodiacaux et mythologiques et nous avons assez
protesté contre ces astrologues actuels qui trahissent ainsi la pensée
de Barbault en réactualisant l'entrée du passage d'une planéte dans un
signe, ce qui est aux antipodes de la démarche barbaultienne!. Bien
plus,; Barbault dans un souci de simpliicité juge inutile de préciser
en quoii que ce soit ce qui se passera en 1989. Prudemment, il se
contente de dire que cette année fera date.
Donc arrive l'année
1989 et c'est la divine surprise Barbault se souvient de son pronostic
de 1953, 36 ans plus tôt, désavouant de facto tout son travail
théorique des années 60-70 qui avait il est vrai fait long feu du fait
de cet embrasement mondial qui avait fait défaut comme comme Blucher à
Waterloo:.
Barbault s'est-il demandé si les évenements de 1989 ne
pouvaient point s'expliquer au prisme d'un autre modéle que le cycle
Saturne-Neptune? Car le chercheur doit faire l'inventaire de toutes les
configurations qui pourraient convenir à commencer par celles
correspondant à un état antique de l'Astrologie, sans recourir à
Neptune, le grand absent de l'astronomie antique!
En touit cas,
Barbault semble bien avoir un rapport compliqué avec la Russie qui lui
apporte à la fois des déconvenues et des compensations:
Il écrit
: Ma plus grande erreur concerne le devenir de l’U.R.S.S. Percevant avec
l’opposition Saturne-Uranus une « grandeur et décadence » des U.S.A.
(ils vont perdre la guerre du Vietnam), un trigone Saturne-Neptune
envisagé comme un « grand essor » (ce sera le temps de sa plus grande
prospérité) de l’U.R.S.S., j’ai cru, alors, que les Soviétiques
l’emporteraient sur les Américains dans la grande compétition engagée
entre les deux systèmes, les considérant gagnants au cap futur de
1989-1991. Ce n’est qu’au tournant de l’opposition Saturne-Neptune
suivante que je corrigerai cette erreur (revoir mon « Histoire d’une
prévision »). Ici, c’est moins l’astrologue qui est pris en défaut que
l’homme dans son jugement personnel."
Mais revenons sur la chronologie présentée par Barbault:.
""apparition
du marxisme à la conjonction de 1847, création du parti russe à la
suivante de 1882, prise du pouvoir à l’ultérieure de 1917 et entrée dans
l’ère post-stalinienne à la dernière de 1953" Mais revenons sur sa
chronologie:": 1847 parution d'un ouvrage sans rapport aucun avec la
Russie, 1882 création d'un parti, 1953, mort d'un dictateur dans son
lit. Autant d'événements d'une dimension très secondaire par eux mêmes
au regard de la Révolution de 1917 . On ne doit pas confondre la cause
et l'effet. Bien plus, une prévision à aussi long terme -36 ans et ses
multiples- fait-elle sen dès lors que l'on ignore- par la force des
chioses - le contexte de l'époque visée? On est là dans le fantasme du
tout astrologique où l'on ferait les questions et les réponses, ce qui
va notamment à l'encontre de l'astrologie condiitionaliste de
Jean-Pierre Nicola. Quand on pense que la Seconde Guerre Mondiale
n'était pas encore prévisible en 1937 quand Léon Lasson publia son livre
sur les perspectives de paix! Qiand on pense à la fin des années 70, où
l'on attendait la troisiéme guerre mondiale, pour quelques années plus
tard. On n'était pas alors 36 ans à l'avance!
Ce cycle de 36 ans,
par lui même fat probléme et souligne les effets pervers de l'usage de
planéte aussi lentes que Neptune et Pluton, ce qui surdimensionne
l'astrologie tentée de consiférer certaines dates comme cruciales du
fait de la rareté des configurations..l est vrai qu'un Pierre d'Ailly
avait annoncé 1789 dès 1414- avec le seul cycle Jupiter-Saturne- mais on
bascule dans le prophétisme et l'annonce de la fin des temps!
Toute
idée d'une astrologie limitant l'impact d'un cycle quel qu'il soit à
une région particulière nous apparait comme contraire à l'esprit de
l'astrologie dans la mesure où justement il s'agit de montrer que les
paramétres astrologiques transcendent toute division géo-politique. Il
aurait fallu tout au contraire montrer que tel cycle impactait les pays
les plus divers. D'aucuns nous objecteront qu'il faut bien que chaque
planéte trouve son emploi et que le mérite de Barbault aura été
justement d'associer Neptune au communisme. Mais c'est bien là le hic de
ce pluriplanétarisme sauvage ( et cela s'est aggravé avec les
astéroïdes que l'informatique dispose complaisamment dans les cartes du
ciel) que cette inflation de facteurs, qui pousse à l'erreur. En tout
état de cause, c'est totalement se fourvoyer que de vouloir se servir de
l'astrologie pour situer les choses dans l'espace alors qu'elle a
seulement vocation à le faire dans le temps.
Est ce rendre service
à l'astrologie que de discréditer les astrologues d'autrefois en
recourant à des pratiques qui n'étaient pas les leurs. Ce cycle
Saturne-Neptune incarne, à nos yeux, tous les errements de l'astrologie
contemporaine. Il est des réussites qui nous enferment dans l'erreur.
Faut-il au nom de cette réussite prévisionnelle -de facto- valider les
méthodes qui la sous-tendent et donc s'évertuer dans une pratique digne
de la "géographie sacrée" (cf Jean Richer et le chorographie) à
localiser les prévisions astrologiquement (on sait qu'il existe des
méthodes pour cela), ce qui n'interdit en revanche aucunement que l'on
applique tel modéle universel à une situation spécifique, en tenant
compte des données socio-historiques nécessaires, la seule astrologie ne
suffisant point à la tâche?
L'astrologue peut-il se permettre de
disserter sur l'avenir de telle ou telle région du monde comme le fait
Barbault quand ill écrit, planétes inconnues de l'Antiquité à l'appui
: "L’Europe – en tant que civilisation et mouvement mondial – n’est
plus guère appelée à prendre dans l’histoire que la part que lui assigne
son exiguïté géographique : celle d’un petit cap du continent
asiatique. C’est la fin de sa suprématie mondiale … ». Depuis la récente
conjonction Uranus-Neptune, la mondialisation qui s’installe, en mode
de multi-ethnicité, est en train d’effacer la prédominance de la
civilisation de la chrétienté occidentale, venue il y a cinq siècles de
la précédente conjonction Neptune-Pluton."? L'astrologie a bien plus à
dialoiguer avec la sociologie qu'avec l'Histoire. Barbault aura ainsi
essayé de s'aligner sur les astronomes d'une part et les historiens
d'autre part et dans les deux cas,ill ne sera parvenu que décentrer
l'astrologie aussi bien dans le temps que dans l'espace. L'astrologie ne
permet pas de prévoir ce qui ressort de l'Histoire mais uniquement ce
qui tient à la sociologie; en ce sens, elle peut contribuer à mettre en
ordre certaines données "brutes" notamment pour des périodes anciennes
en se servant d'un modéle anthropologique lui même fort ancien.
JHB
16 09 16
Annexe:
Une mascarade astrologique 2004
par André Barbault.
On
prête à Tristan Bernard ce propos humoristique : « L’auteur écrit une
pièce, l’acteur en joue une deuxième et le public en comprend une
troisième. » Pareil quiproquo s’insinue entre l’astrologie, l’astrologue
et son cobaye. S’il faut du soin pour établir une prévision, il faut
aussi de la précaution pour la juger, et surtout de l’honnêteté
intellectuelle. Faute de quoi cela peut tourner à la mésaventure d’une
trahison. Trahison pouvant aller – perversité de basses œuvres de
vulgaire démolisseur – jusqu’à frapper le dos du brave interprète du
bâton de l’anti-astrologie.
Car, par exemple, quand un
confrère annonce, aussi clairement et manifestement que possible, seize
mois à l’avance, la fin de la guerre d’Algérie, en mettant à
contribution une conjonction Soleil-Jupiter dont il a déjà éprouvé
prévisionnellement, sur trois cycles antérieurs, son lien avec une
négociation franco-algérienne, et qu’un autre « confrère », avec un
culot monumental, tente de discréditer cette prouesse prévisionnelle, ce
n’est plus seulement nuire intentionnellement à son auteur, pourtant
plus courageux et autrement engagé que lui au cœur du savoir
astrologique : c’est aussi, du même coup – transgression indigne –
porter atteinte directement à l’astrologie elle-même, en frappant de
nullité son œuvre propre à travers une de ses plus belles
configurations ! L’histoire s’avance masquée et c’est à nous de la
démasquer, en même temps que les singeries qui répudient nos plus
authentiques résultats. Est-ce bien clair ? Halte à l’astrologue voyou !
Le
même quidam s’échine stérilement à déconsidérer mon pronostic
d’échéance capitale pour le communisme au tribunal du temps de la
conjonction Saturne-Neptune de 1989. Prévision pourtant venue de loin et
atteignant un cap historique grandiose. Hautement portée – faut-il le
rappeler ? – dans une périodisation cyclique, par le tremplin d’une
succession de sauts progressifs : apparition du marxisme à la
conjonction de 1847, création du parti russe à la suivante de 1882,
prise du pouvoir à l’ultérieure de 1917 et entrée dans l’ère
post-stalinienne à la dernière de 1953 ! Fallait-il, avec la suivante de
1989, rester muet, attendre mollement l’arrivée de l’histoire pour se
contenter d’engranger un résultat
post-eventum, plutôt que de
tremper de plus belle la corrélation à l’épreuve répétitive d’un nouveau
risque prévisionnel ? Un risque alors devenu obligé en tenant lieu de
mission accomplie de l’art d’Uranie. Eh bien ! ce discoureur malsain
bafoue cette aventure en discréditant le résultat. Mais, en tenant à me
dessaisir du bénéfice de l’opération, c’est l’astrologie elle-même, en
fonction dans une manifestation aussi exemplaire, qu’il dépouille d’un
de ses plus beaux témoignages historiques. N’est-ce pas là
l’aboutissement pervers d’une obscure démarche à finalité
anti-astrologique ? L’astrologie est bonne fille : que, du moins, elle
sache l’identité des mauvais coups qu’on lui porte.
Dans
ce trouble au cœur du milieu astrologique français, c’est aux sources
qu’il faut revenir, à l’expérience prévisionnelle elle-même, en traitant
directement le produit interprété face à l’histoire. Puisque mes
prévisions sur la guerre d’Algérie y sont contestées, qu’on les juge à
ce retour à la base. J’en offre la possibilité en se reportant au texte
particulier de mon site (WWW.Andrebarbault.com) intitulé : « La
conjonction Soleil-Jupiter », où est exposé le bilan de la pratique de
cette configuration, étalée sur plus d’un demi-siècle et finissant sur
mes récentes applications prévisionnelles aux dernières guerres. Ce qui
est la meilleure façon de voir à l’œuvre mes possibilités et mes limites
de lecture du calendrier astral de l’histoire. Il n’est pas non plus
déplacé, lors d’une telle visite, de se reporter au texte : « Une
expérience utile », cette fois à propos de la guerre du Vietnam, ayant
sept mois à l’avance (
L’Astrologue
n° 18) dressé un calendrier de la paix à son sujet, finissant sur
l’échéance de la conjonction Soleil-Jupiter du 10 janvier 1973 : c’est
au cours des 35 heures de la négociation Kissinger-Le Duc Tho du 8 au 13
janvier 1973 qu’aboutit l’accord de cessez-le-feu
américano-nord-vietnamien, annoncé le 23 janvier suivant. Mais ici, mon
contradicteur venait de l’autre bord, son refus de résultat n’étant pas
une démarche dévoyée.
L’ « invité d’honneur » de cette
« mascarade » a, lui aussi, dénigré mes résultats concernant la guerre
d’Algérie. Mais il a fait mieux encore en prenant pour cible mon premier
livre prévisionnel de 1963 :
La Crise mondiale de 1965.
Nous allons voir ce que devient cet ouvrage entre ses mains et de
quelle façon élégante il s’en débarrasse. A l’autel de la vérité, la
pièce vaut le détour. Il s’agit de Jacques REVERCHON avec sa :
Valeur des jugements et pronostics astrologiques.
Brochure de 1971, de 13 pages, cartonnée, sur papier glacé, en double
version franco-anglaise, alors gratuitement distribuée dans le milieu
astrologique : que d’honneur pour sa cible ! Je n’avais pas pris cette
critique au sérieux et ne lui avais pas répondu. Indulgence ou
négligence, erreur en tout cas, car le site de Patrice Guinard, le CURA,
la diffuse encore, ce qui me résigne enfin à donner ma version qui
apporte une vérité d’un tout autre ordre, cette fois au bénéfice de
l’astrologie, l’essentiel étant là.
Dans cette étude,
prétextant une méthode de contrôle, Reverchon entreprend mes pronostics
concernant la guerre d’Algérie, et surtout ceux de cet ouvrage évoqué à
l’instant. Comparant mes textes à un recensement des événements de cette
année-là, selon
Spectacle du Monde,
1966, et après avoir procédé par classement de résultats, non-résultats
et contre-résultats, il termine ainsi sur ce verdict impitoyable :
Si
aucune divination ne s’est réellement exercée, on doit trouver
sensiblement autant d’affinités directes, inverses et de « coups nuls ».
C’est bien ce qu’on constate : 6 (+), 4 (-), 5 (0). En toute
objectivité, ce qui ressort le plus sûrement de cette discussion, c’est
la parfaite inanité de l’entreprise astrologique en l’occurrence. Le
pronostiqueur, avec ses déclarations dramatiques, semble constamment en
dehors du problème, quand il n’est pas d’aventure aux antipodes de la
réalité. Son travail (221 pages) est littéralement »bon à mettre au
cabinet ». Et voilà !
Présentons d’abord la pièce, qui
remonte à une quarantaine d’années, sur laquelle s’abat une si
déshonorante condamnation, affectant de scandaliser dans le milieu
d’Uranie. Puis, entrons dans le vif du sujet.
Quittons
aussitôt la procédure biaisée de comptabilité d’apothicaire que trafique
Reverchon en s’en prenant au surplus au menu de mes textes - une
manière de voir les choses par le petit bout de la lorgnette - et
venons-en franchement au plan général d’une confrontation en direct.
Annonce est faite de la venue d’une « crise mondiale de 1965 »

.
S’en est-il présenté une, oui ou non, et laquelle ? Tout est là ! A
entendre mon critique, c’est carrément non ; il n’en est rien,
absolument. Ainsi, dit-il, 1965 aura été une année
banale
(c’est lui qui souligne), une année « que n’a marqué aucun événement
grave ». Et d’ajouter : « Aucun n’atteint la dimension d’un fait de
grande portée : en tous domaines on observe (re-souligné par lui)
la continuité ou le conservatisme,
rien qui évoque une nouvelle crise mondiale, une grande flambée ou un
bouleversement universel se déroulant à partir du printemps 1965. »
Reverchon
s’est piégé ou trahi en puisant ses références historiques dans une
publication qui brille par sa mondanité. Voici, en tout cas, le relevé
du sérieux
Monde diplomatique
de janvier 1966. En gros caractères, il est titré : « De l’Amérique
latine à l’Asie, 1965 a vu se multiplier les crises et se développer un
inquiétant climat de tension. » Vient en sous-titre : « 1965 laisse dans
l’histoire le souvenir d’une année particulièrement agitée, d’une année
où les crises, tant internes qu’externes, se sont non seulement suivies
mais ajoutées les unes aux autres, pour aboutir à créer un climat de
tension, de remise en question générale (…). Peu de pays auront échappé,
au cours des douze mois qui viennent de s’écouler, à l’agitation
politique et sociale et aux coups de théâtre. ». Vient ensuite un défilé
d’événements traités : Trois guerres : engagement militaire américain
au Viêt-nam, intervention armée USA à Saint-Domingue et guerre
indo-pakistanaise du Cachemire. Un record séculaire de coups d’Etat :
Algérie, Congo, Soudan, Dahomey, République Centrafricaine, Irak, Ghana,
Indonésie (conduisant à une guerre civile qui fera un demi-million de
victimes). A quoi s’ajoutent une effervescence inédite du Tiers-Monde
(les guérillas de la « tricontinentale » de Che Guévara), de violents
troubles raciaux aux U.S.A. (venue derrière Martin Luther King, de
Stokeley Carmichael et de Malcolm X) ou commence une agitation du monde
étudiant, ainsi qu’une panne annuelle unique de la croissance économique
sur la longue durée des « trente glorieuses ». Outre que de Gaulle
prépare le retrait de la France de l’OTAN, crise de l’Alliance
Atlantique qui aura lieu quelques mois plus tard. Ouf !
Ainsi donc, année
banale, « marquée (d’)aucun événement grave » …Mon critique me paraît loin du compte. Mais encore, année où « on observe
la continuité ou le conservatisme, rien qui évoque une nouvelle crise mondiale. » Bien ?
Ma
plus grande erreur concerne le devenir de l’U.R.S.S. Percevant avec
l’opposition Saturne-Uranus une « grandeur et décadence » des U.S.A.
(ils vont perdre la guerre du Vietnam), un trigone Saturne-Neptune
envisagé comme un « grand essor » (ce sera le temps de sa plus grande
prospérité) de l’U.R.S.S., j’ai cru, alors, que les Soviétiques
l’emporteraient sur les Américains dans la grande compétition engagée
entre les deux systèmes, les considérant gagnants au cap futur de
1989-1991. Ce n’est qu’au tournant de l’opposition Saturne-Neptune
suivante que je corrigerai cette erreur (revoir mon « Histoire d’une
prévision »). Ici, c’est moins l’astrologue qui est pris en défaut que
l’homme dans son jugement personnel.
Naturellement, ce
fait démographique, en tant que tel, n’était pas un article de matière
prévisionnelle. N’empêche, c’est tout de même le thème du « déclin de
l’Occident » qui fait le propos dominant du chapitre général consacré à
« Une nouvelle ère révolutionnaire », les années 1965-1970 y étant
présentées comme « le point de la plus haute tension de ce déclin de
l’Occident » ; non sans avoir rappelé la citation de Paul Valéry :
« Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes
mortelles. »
Ayant traité essentiellement le thème des
répartitions des grandes conjonctions et des cycles planétaires, je ne
pouvais qu’aboutir à cette conclusion globale : « La période générale de
1964 à 1971 se présente astralement comme une nouvelle étape critique
et importante de l’histoire mondiale. Cette crise tend à surgir autour
de 1965, en se présentant alors comme le commencement d’un processus
radicalement transformateur de notre société, dont le plein des effets
se localiserait autour des années 1968 et 1969. » ( triple conjonction
Jupiter-Uranus-Pluton).
On était alors en 1963 …Or, qui
peut nier que « 68 » fut un cap critique historique, un grand tournant
du siècle, avec – séisme sociopolitique - la déferlante révolte de la
jeunesse occidentale en rejet de nos valeurs ? La dénatalité occidentale
observée a ses racines dans une crise morale profonde, qu’accompagne
notamment un effondrement familial sans précédent : les divorces sur
notre continent doublent entre 1960 et 1973 ! Il n’est pas étonnant que
les adolescents, ainsi fragilisés, cherchent refuge dans la drogue qui,
en ces mêmes années, commence à déferler sur le monde, source de
marginalité, de délinquance, de terrorisme naissant. Sans oublier une
révolution des mœurs très déstabilisante C’est en même temps que

1900-1913 :
14 années durant avec seulement 2 groupes espacés de 2 conjonctions.
Puis, soudain, 6 en 5 années de 1914 à 1921, dont 4 au cours de la
Première Guerre mondiale. Ensuite, le vide, ou presque, dans les 17
années de 1922 à 1939 (3 conjonctions dispersées). Retour d’une
concentration de 5 conjonctions dans les 6 années 1940-1945 de la
Seconde Guerre mondiale. Leur succèdent 6 conjonctions non groupées au
cours des 19 années allant de 1946 à 1964. « Nous arrivons maintenant à
une étape concentrée avec 4 conjonctions comprises entre 1965 et 1971
… ». Avec cette incursion première du chapitre inaugural : « Vers une
nouvelle crise mondiale », une telle introduction de l’ouvrage incriminé
n’est-elle pas, déjà, la lecture astrologique la plus appropriée ?
Nous
prenons conscience d’une destruction du milieu vivant avec l’apparition
d’une pollution de l’air, de l’eau, du sol. Bref, qu’on est loin d’une
tranquille « continuité » … Disons plutôt même qu’on bascule carrément
dans un tout autre monde.
Reverchon aurait-il eu
globalement tout faux ? Il n’est que de poursuivre l’inventaire de mon
expérience pour savoir si, vraiment, j’aurais été, comme il le prétend,
« constamment en dehors du problème » et même « d’aventure aux antipodes
de la réalité ».
A l’époque, la configuration de la
couverture du livre fiche une véritable »pétoche » aux collègues de la
« mondiale ». Déjà, dans son texte du printemps 1939 de
L’Avenir du monde
où mon frère Armand Barbault déclare que « La guerre n’aura pas lieu »,
celui-ci ajoute : « Mais nous ne perdons rien pour attendre car la
grande guerre européenne se produira vers 1965 … ». Mais son erreur de
1939 imposait une révision de son jugement et c’était bien loin. Tandis
que nous sommes à la veille de la configuration ultra-critique : la
vedette de l’époque, Jean Viaud, Volguine, Hadès (n° 93 & 95 des
Cahiers astrologiques),
tous annoncent carrément une troisième guerre mondiale. Or, c’est un
tout autre son de cloche que je fais entendre, non loin pourtant de
l’alerte des fusées de Cuba, rappelant le climat inquiétant dans lequel
nous vivions, justifiant la crainte de mes confrères. Ayant retenu du
trigone Uranus-Neptune le double temps du pacte germano-soviétique et de
l’union anglo-américano-soviétique de guerre, puis de son carré
l’épisode de la »guerre froide », de son sextil, j’annonce une détente
Est-Ouest qui allait devenir la coexistence pacifique
américano-soviétique. C’est ailleurs que résidait un danger, alors
inattendu à l’époque. Une épreuve de force risquait de surgir du choc de
deux autres cycles : la juxtaposition des oppositions Saturne-Uranus et
Saturne-Pluton. D’où mon annonce d’une confrontation possible
sino-américaine, limitée, par pays interposés en Asie , ce qu’allait
devenir la guerre du Vietnam.
Je me devais de prendre le risque d’une confirmation de cette conclusion dans
Les Astres et l’Histoire
(J.-J. Pauvert, 1967) : « … s’il fallait encore douter de la
signification de cette interprétation, n’est-ce pas sur le doute même
que se déplacerait le point d’interrogation si se trouve confirmé, comme
nous le croyons, l’indice d’une détente Washington-Pékin, voire d’un
certain accord entre les Etats-Unis et la Chine, avec les trigones
Saturne-Uranus et Saturne-Pluton de 1971-1972 ? » (…) « … les
Etats-Unis consentant, par exemple, à leur retrait militaire et
politique du Sud-Est asiatique, et la Chine se rendant, en l’occurrence,
à la politique de coexistence pacifique. » Pronostic très risqué à
l’époque où le monde vivait avec une idée reçue, dans une certitude
ancrée : aucune conciliation n’était possible entre les U.S.A.
« gendarmes du monde capitaliste » et la Mecque du communisme, en pleine
« révolution culturelle » avec ses Gardes rouges enragés. Or, le monde
entier a été sidéré par la poignée de mains de Nixon et Mao Zedong en
février 1972 à Pékin, début d’un dégel conduisant au retrait américain
de la guerre du Vietnam et à l’entrée de la Chine communiste à l’ONU.
Ainsi évolue la conjoncture d’une phase à l’autre du même cycle
planétaire.
Ce n’est pas tout. Entrons dans le détail du
calendrier, et, pour se contenter de l’essentiel, retenons seulement les
trois passages – recours aux conjonctions solaires aux planètes lentes
- annoncés comme les plus critiques de cette année 1965. 1) Entre les
derniers jours de février et le milieu de mars : c’est dans la seconde
quinzaine de février que commencent les bombardements aériens U.S.A. sur
le Nord-Viêtnam. 2) Fin-mai, début-juin : le 5 juin, un porte-parole du
Département d’Etat américain reconnaît que des militaires participent
au combat terrestre, leur intervention au Viêt-nam devenant totale. 3)
Première quinzaine de septembre : la guerre indo-pakistanaise du
Cachemire, du 6 au 18 septembre, avec ultimatum chinois à l’Inde et
menace de représailles atomiques américaines sur la Chine.
Faut-il
encore m’étendre pour défendre mon travail ? Ce tournant de 65-70 est
considérable, parce que généralisé aux divers aspects de la société
mondiale. En voici un nouvel aperçu avec ce tableau de
L’Expansion
d’octobre 1983, qui montre un autre angle du déclin de l’Occident. On y
voit la percée nippone dans la technologie de pointe, l’Europe ratant
le train de la nouvelle révolution industrielle, les lignes Japon-Europe
se croisant autour de 1968, les U.S.A. étant eux-mêmes dépassés
quelques années plus tard. Outre qu’en 1969, le terrorisme d’Etat fait
son apparition avec la venue au pouvoir de Kadhafi en Libye. Sans
oublier le lancement des « dragons » asiatiques sur le marché mondial,
avec la naissance d’un OPEP qui va bientôt (1
er choc
pétrolier de 1973) mettre l’Occident économique à genoux. De 1965 à
1971, c’est toute la société qui chavire en direction du monde renouvelé
de la fin du siècle.
L’échappée
économique nippone ne fut pas tout à fait une surprise. J’étais déjà
sur la piste d’un parallélisme de l’histoire de ce pays et du cycle
Uranus-Pluton, et en 1962, je m’étais interrogé : « Le Japon pourrait-il
connaître un nouveau réveil spectaculaire en 1965-1966 ? ». Ici, pour
une meilleure information, je renvoie chacun au chapitre : «Bilan
historique de la conjonction Uranus-Pluton », ainsi que pour
l’explication du réveil - inattendu celui-là - de l’Islam qui commence
alors, en devenant un avènement historique.
Je dois aussi
rappeler avoir déchiffré une positivité de la conjonction Uranus-Pluton
sous l’aspect d’un triomphe prométhéen. Estimant que l’on devrait avoir
une nouvelle poussée de croissance technologique comparable en
importance à la révolution technique industrielle qui s’était produite
sous la conjonction Uranus-Neptune du XIXe siècle : « … il est certain
que l’on va vers une seconde révolution industrielle » (sans avoir pu
préciser qu’elle serait électronique, l’ordinateur commençant seulement à
faire son apparition publique).
Je me suis même risqué à
une prévision téméraire. J’avais remarqué que c’est dans les années
1954/1956 des relais de Jupiter avec Uranus et Pluton en semi-sextil,
qu’avaient été posés les premiers jalons de la conquête de l’espace.
Suivis au cours de l’Année Géophysique Internationale 1957-1958
(textiles jupitériens) de ses débuts véritables avec le lancement des
premiers satellites artificiels. Tout au long de ce double cycle
jupitérien devaient se succéder les réalisations astronautiques : Lunik,
Venera, Mariner … Sur une telle lancée, comment ne pas croire que nous
devrions connaître un ultime moment de la conquête de l’espace lorsque –
pointe aiguë d’un sommet de ces trois cycles – ces trois planètes se
réuniraient en 1968-1969 ? J’ignorais qu’à l’époque, un grand ponte
était loin de partager cet enthousiasme naïf. En effet, patron de
l’astrophysique en France, professeur de physique cosmique au Collège de
France, Alexandre Dauvillier écrivait dans la
Revue de Synthèse
de janvier-mars 1962 : « Il n’est pas question pour un humain de poser
le pied sur le sol lunaire … », et il ne se singularisait pas dans son
milieu qui laissait ces anticipations à quelques amateurs de
merveilleux. Je n’en devais pas moins annoncer : « A quand le premier
débarquement humain sur la lune ? Il est pratiquement impossible de le
prévoir astrologiquement, tout au moins précisément, car on peut être
assuré que l’alunissage du premier Terrien aura lieu en ces années
décisives 1965-1969. » Avec un moindre recul d’années, ce devais-être
plus précis dans
Les Astres et l’Histoire
(1967) t « … il ne serait donc pas impossible que nous ayons un
premier grand fait de la conquête cosmique de l’homme – le débarquement
sur la lune – sous la triple rencontre Jupiter-Uranus-Pluton de
1968-1969. » Ce fut le 20 juillet 1969, jour même d’une conjonction
Jupiter-Uranus, à laquelle s’était joint notre satellite humainement
visité.

Graphique
de l’ouvrage de 1963 présentant, encadrée de celles de Saturne, la
traversée par Uranus du champ spatial du cycle Neptune-Pluton. Son
entrée dans son sillage appelle la citation de Valéry qui donne le ton
de la crise de 1965-1971 : « Cette crise se présente d’abord comme le
déclin de l’Occident ou plus exactement comme le point de la plus haute
tension de ce déclin de l’Occident … L’Europe – en tant que civilisation
et mouvement mondial – n’est plus guère appelée à prendre dans
l’histoire que la part que lui assigne son exiguïté géographique : celle
d’un petit cap du continent asiatique. C’est la fin de sa suprématie
mondiale … ». Depuis la récente conjonction Uranus-Neptune, la
mondialisation qui s’installe, en mode de multi-ethnicité, est en train
d’effacer la prédominance de la civilisation de la chrétienté
occidentale, venue il y a cinq siècles de la précédente conjonction
Neptune-Pluton.
Le fait est que l’ordinateur entre
nos mains est le plus parfait symbole du « legs » de cette conjonction
Uranus-Pluton, dont l’apport technologique est devenu le formidable
levier d’une croissance accrue du progrès matériel, cette avancée ne
faisant que contraster avec un déséquilibre mondial qui se creuse de
plus en plus. Derrière ces aperçus du déclin de l’Occident devait se
profiler une dramaturgie profonde de l’humanité. L’un des premiers à
l’avoir pressentie, dès 1965, est François d’Harcourt dans
La France, l’Europe, le Monde
(Hachette) : « La lutte des classes se transporte sur le plan
international pour opposer les pays « nantis » aux pays « prolétaires ».
Un jour viendra, peut-être, où les « damnés de la terre » en révolte se
précipiteront aux portes des pays riches ; où cette humanité
loqueteuse, malade, sous-alimentée, se lancera dans un dernier sursaut
d’énergie vers les greniers d’Europe ou d’Amérique. Que feront les
Blancs (Russes compris) menacés par les foules grandissantes d’Asie,
d’Afrique et d’Amérique ? » …C’est ce que nous allions connaître
ensuite, en moins violent, avec une marée d’immigration européenne sans
précédent, affaiblissant plus que jamais l’Occident, en mal
d’intégration des populations nouvelles, leur assimilation étant le
problème majeur d’aujourd’hui, non encore résolu.
Après ce
tour d’horizon, revenons à notre point de départ. Il reste, en effet, à
se demander pourquoi tant d’acharnement à nier l’évidence de cette
« crise mondiale de 1965 », assez précisément perçue dans sa globalité,
jusqu’à dénigrer avec mépris ce malheureux-valeureux bouquin jeté aux
latrines.
Ici, l’astrologie nous tend les bras pour nous
apporter un éclairage édifiant. Simplement en comparant les astralités
de Reverchon (Paris, 27-03-1909, 12 h 30) avec les miennes (89,
01-10-1921, 17 h). Aussitôt s’y perçoit une antinomie radicale : une
conjonction MC-Soleil-Saturne (6-13° Bélier) face à une conjonction
Saturne-Jupiter-Soleil-Lune (29° Vierge/10° Balance) : soit, en orbe
élargi, un faisceau alignant 12 oppositions (et davantage encore si l’on
ajoute sa Vénus à 28° des Poissons) ! Je devais être pour ce confrère
la cible idéale de son humeur atrabilaire, jusqu’à une hostilité
aveuglante, peu importent ici les raisons psychologiques de cette
détestation.
A effet de double nuisance. Offense
personnelle à un auteur publiquement discrédité. Ainsi, la condamnation
aussi péremptoire de sa plaquette fut telle qu’après sa citation, je
disparus totalement des
Recent Advances in Natal Astrology de
Geoffrey Dean, éclopé de ces « farces et attrapes » passé aux
oubliettes. Mais aussi, du même coup, entrave à la communication du
savoir. Ainsi, mes recherches sur les cycles planétaires ont été
longtemps ignorées du milieu anglo-saxon qui les a appréciées
tardivement (voir
L’Astrologie mondiale
de Harvey, Campion, Baigent). N’est-ce pas là un péché contre
l’astrologie, qu’on eut attendu seulement d’un anti-astrologue ? Chute
disgracieuse d’un Saturne du Bélier au Milieu du ciel lui faisant jouer
ici le rôle d’un fossoyeur de l’astrologie. Car, sa « Valeur des
jugements et pronostics astrologiques » aboutit à enterrer depuis trois
décennies une prévision d’une grande portée : l’annonce d’un tournant
crucial de l’histoire du XXe siècle, la conjonction Soleil-Saturne de
mon infortuné collègue faisant finalement de lui un alchimiste déchu
transmutant l’or en plomb. Alors que, faisant honneur à Uranie, toute
réussite prévisionnelle de notre discipline se doit d’être une fête
pour tous les astrologues ! Et si ceux-ci réussissaient brillamment
l’ensemble de leurs prévisions, notre discipline serait aujourd’hui
autrement considérée …
Si l‘on accepte que je n’aie pas
démérité d’avoir écrit ce livre pour annoncer ce tournant historique de
1965-1970 de façon aussi claire, finissons sur mes échecs qui n’en sont
pas moins réels, mais connaissez-vous un prévisionniste qui ne se trompe
pas tôt ou tard ? Certes, le chapitre consacré aux hommes d’Etat a fait
les choux gras de mon critique (je n’ai pas prévu le départ précipité
de Khrouchtchev, ni l’avenir présidentiel de Georges Pompidou, par
exemple, etc). Mais il ne concerne que 9 pages sur les 223 du livre,
outre qu’il aurait mérité d’être traité équitablement, au lieu de faire
l’objet d’un tir de foire. Retenons seulement les trois principaux
échecs, situés dans leurs contextes.
Ma plus grande erreur
concerne le devenir de l’U.R.S.S. Percevant avec l’opposition
Saturne-Uranus une « grandeur et décadence » des U.S.A. (ils vont perdre
la guerre du Vietnam), un trigone Saturne-Neptune envisagé comme un
« grand essor » (ce sera le temps de sa plus grande prospérité) de
l’U.R.S.S., j’ai cru, alors, que les Soviétiques l’emporteraient sur les
Américains dans la grande compétition engagée entre les deux systèmes,
les considérant gagnants au cap futur de 1989-1991. Ce n’est qu’au
tournant de l’opposition Saturne-Neptune suivante que je corrigerai
cette erreur (revoir mon « Histoire d’une prévision »). Ici, c’est moins
l’astrologue qui est pris en défaut que l’homme dans son jugement
personnel.
Ma seconde grande erreur est impliquée dans le
titre même du chapitre : « France : la fin du gaullisme ». J’eusse dû
dire seulement « le déclin du gaullisme », et sans assigner l’année 1965
même au départ du général de Gaulle. Certes, année d’une opposition
Jupiter-Neptune (cycle de la Ve République), 1965 a vu se former un
front d’opposition au gaullisme qui a gagné aux élections municipales et
mis de Gaulle en ballottage aux élections présidentielles. Un tournant,
mais sans plus. En revanche, le texte du même chapitre se termine – ce
qui vaut citation – sur la phrase suivante : « Mais le train Ve
République ne risque-t-il pas de dérailler avant la fin du cycle (J-N),
sous le coup de l’intrusion dans son circuit des facteurs groupés
Uranus-Pluton de 1968-1969 ? ». J’ignorais tout à fait le contenu
existentiel de cette finale qui portait en elle le choc sociopolitique
de « mai 68 » et la « mort du père » d’avril 1969. Prévision à visage
bandé, j’en conviens, mais faite comme annonce de tournant critique 5-6
ans à l’avance : ne corrige-t-elle pas, en partie, l’erreur commise, ne
m’étant pas trompé complètement ?
Mon troisième échec
important concerne John F. Kennedy que je reconduisais aux
présidentielles de novembre 1964, alors qu’il nous avait déjà quittés à
Dallas un an plus tôt. Le contexte accompagnateur mérite toutefois
d’être rappelé, car le climat prévisionnel annoncé était inquiétant à
son sujet, au point de donner l’impression d’avoir « tourné autour du
pot ». J’avais localisé un danger plus tard, à l’éclipse solaire du 30
mai 1965, tombant sur son anniversaire : « Comment, en cet anniversaire,
ne pas le voir touché au cœur de sa puissance, de son autorité, de son
prestige ? Nous ne pensons pas que ce soit l’individu qui soit concerné,
l’homme qui soit menacé (interrogation quand même), mais le
représentant des U.S.A. dont il est le symbole solaire. Eclipse, entrée
dans les ténèbres, affaissement vital…, ici, le langage métaphorique de
l’astrologie n’en dit pas plus. » Mais il n’y avait pas que cette
éclipse. Et je finissais ainsi : « Cela dit, il est certain que le ciel
de Kennedy, avec une problématique Saturne proche de sa culmination – ce
« Saturne en maison X » est la pire des positions qui soient pour un
politique : C’est elle que l’on rencontre le plus souvent chez les
souverains détrônés et hommes d’Etat qui ont mal fini, de Napoléon III à
Hitler en passant par Charles X, Louis-Philippe et Laval – est lourd
de présages inquiétants pour sa carrière propre, sinon pour son pays,
lors de son mandat présidentiel. » Il y a là presque un résultat
inachevé, rendant l’échec respectable.
Au total, je ne
crois pas être déshonoré dans mes échecs qui font le secondaire de
l’ouvrage. Je paie ici pour mon défaut uranien d’un parler radical trop
fort, mais mieux vaut aller jusqu’au bout de sa pensée et l’exprimer
franchement. Néanmoins, pour l’essentiel de ce qu’il y avait à dire de
ces années 65-70, j’avoue même que je ne suis pas mécontent de cette
expérience publique. A chacun d’en juger …
En finale se
débat la question de savoir si l’aventure prévisionnelle – dont chaque
échec entache gravement l’art d’Uranie – ne serait pas une fréquentation
de mauvaise compagnie. Il est naturel que soit mal vu l’aventurisme du
débiteur à tout va de prévisions à sensation, avec les misérables moyens
du bord qui sont encore les nôtres, condamnant au désastre. Pourtant,
il n’en faut pas moins mettre la main à la pâte, sans pouvoir faire
l’économie de l’échec, mais dans un esprit de recherche expérimentale où
l’on s’exécute « sans filets ». Et là, il faut revendiquer le droit de
se tromper – au diable le bavardage des tricheurs ! – parce que
l’erreur, reconnue pour être corrigée, est la meilleure leçon que nous
ayons à apprendre. C’est pour celui « qui se mouille » une façon d’aller
jusqu’au bout de son savoir, d’obtenir la réponse d’un oui ou un non.
Il y a là comme un combat qu’il faut mener pour arracher son secret à la
configuration, pour lui faire dire sa vérité dans un passage de l’autre
côté du miroir. Mieux vaut la lui soustraire par anticipation, plutôt
que d’attendre passivement qu’elle se dévoile à sa venue. C’est en tout
cas la seule manière d’être intégralement astrologue.
Nous
ne devons pas nous cacher la principale critique à la merci de laquelle
nous sommes : la faiblesse d’une astrologie qui a davantage la tête
dans les nuages que les pieds sur terre.. Notre connaissance actuelle,
c’est un fait, souffre surtout d’inconsistance empirique, son défaut
majeur étant un déficit de réalité. C’est cette carence qu’il faut
combler et ce qui peut le mieux la conforter est encore que son arbre
livre ses plus beaux fruits. Sans pour autant minimiser ses autres
œuvres, convenons que la prévision est le sommet de son art, ses
lettres de noblesse par excellence.
Paris, 6 avril 2004
Laissons la parole à Astroemail (Claude Thébault) en 2012
17 09 16
Bien plus, peut-on sérieusement, rétrospectivement, faire un lien entre 1989 et 1953 ? Est-ce que la mort de Staline mit fin alors à la domination de l'URSS sur l'Europe de l'Est ? Dès 1956, la répression soviétique en Hongrie démontrait le contraire et il faudra attendre précisément jusqu'en 1989 pour que les choses changent !
Prédiction ou prévision ? En ce qui concerne la date avancée de 1989 s'agit-il d'une prévision articulée sur un système cohérent ou bien d'une date obtenue par hasard voire par on ne sait quelle intuition ne relevant pas stricto sensu de l'astrologie ? On pense au Varennes de Nostradamus.
Dix ans après 1989, force est de constater que cette date n'a pas constitué le début d'un nouveau cycle pour la Russie. Il n'y a pas eu après la déstalinisation qui aurait débuté à la mort de Staline en 1953, un nouveau régime militaire, par exemple. 1989 n'a pas été marqué par une entente entre l'URSS et les USA pour le gouvernement du monde. Depuis l'époque de Gorbatchev, dans les années Quatre Vingt, la Russie n'a pas, avec Eltsine et Poutine, changé de régime quinze ans plus tard ! Le pouvoir n'est pas passé aux mains des généraux du type Lebed.
Il semble bien que les événements des années 88 - 89 appartiennent à un autre cycle que celui d'Uranus Neptune. Ceux-ci relèveraient, bien plus tôt, on l'a dit, de la décolonisation, ce qui n'est nullement propre aux dates de ce cycle, comme on l'a montré Ce processus frappe alternativement tel ou tel empire. Et d'ailleurs, la meilleure preuve que les événements ne sont pas propres à la Russie est qu'ils ont lieu ailleurs comme ce fut le cas en 1988 en Israël avec l'Intifada.(voir notre article in Ayanamsa 2000) Car le problème de cette affirmation d'un cycle réservé à un seul pays est que cela est falsifiable, cela exige que l'onde de choc s'arrête aux frontières".