Faculté Libre d'Astrologie de Paris (FLAP)

Le but de ce blog est lié à la création en 1975 du Mouvement Astrologique Universitaire (MAU) . Il sera donc question des passerelles entre Astrologie et Université mais aussi des tentatives de constituer des enseignements astrologiques.
Constatant les lacunes des astrologues dans le domaine des
sciences sociales (hommes et femmes, structures
nationales et supranationales etc), la FLAP assurera à ses
étudiants des connaissances de première main et les plus
récentes qui leur serviront de socle pour appréhender
l'astrologie et en repenser les contours.
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dimanche 31 mai 2026

Nouvelles recherches sur les origines de l’exposé des maitrises planétaires dans la Tétrabible de Prolémée

Nouvelles recherches sur les origines de l’exposé des maitrises planétaires dans la Tétrabible de Prolémée par Jacques Halbronn Nous avons traité cette question depuis une bonne cinqantaine d’années, puisque l’on peut remonter dans nos archives jusqu’en 1969. C’est en 1976 que nous avons, autant que nous nous en souvenions, publié nos travaux (Clefs pour l’astrologie, Paris, Seghers 1976 cf « L’évolution de la pensée astrologique face aux découvertes des nouvelles planètes du système solaire ( 1781-1930) communication au Congrès des Sociétés Savantes, Nancy, 1978, sciences, fasc. V, pp/ 145-156) Mathématiques divinatoires, Paris, Trédaniel, pp. 79 et seq) ) pour la première fois mais nous en avions fait la base de notre enseignement dès les années 1970-71, notamment auprès de certains membres de l »association des Amis de Dom Néroman (Jacques Moine, Max Duval, Maurice Béquart notamment), sujet qui les intéressait en raison du travail de leur maître dès les années trente.(cf Grandeur et pitié de l »astrologie, Paris Sorlot 1940 pp 75 et seq » Les dieux du zodiaque ». Durant l’Eté 1971, nous nous étions entretenus avec l’Italienne Lisa Morpurgo, lors d’un Colloque international de l’ISAR, à Aalen(RFA) laquelle avait développé des études de son coté, ce qui donnera en 1972 son Introduzione all’astrologia e decifrazione dello Zodiaco. Longanese, pp. 31 et seq. L’ouvrage parut en français, en 1974 sous le titre Introduction à la Nouvelle Astrologie. En 1975, nous donnerons un exposé sur ce sujet, au séminaire de Bernard Jaulin (Jussieu, Paris VII). Sautons 25 ans : en 2000, les Congrès d’Hermés publient leurs Actes de leur rencontre parisienne sous le titre « Les maitrises planétaires » avec des contributions de Yves Lenoble, Denis Labouré, Danièle Jay, Gilles Verrier, Solange de Mailly Nesle Marie Noelle Baudron, Fanchon Pradalier Roy, Jean de Larche. On ne nous y avait pas invité à intervenir. D’ailleurs, c’est peu après que nous reprendrons notre travail sur ce sujet, nous étant longtemps consacré au prophétisme (cf notre thèse d’Etat 1999, Le texte prophétique en France. Formation et fortune. Presses Universitaires du Septentrion) mais nos Clefs étaient reparues en 1993. Toutefois, dans l’article « Astrologie » paru dans l’Encyclopaedia Universalis, à la même époque, nous avions consacré un développement à la question (p. 288 vol. 1) Nous avions signalé la possibilité d’une discordance entre les attributions planétaires et la symbolique des signes proposée: » C’est ainsi que les deux signes de Vénus, tels qu’ils avaient été conçus à une période pré-ptoléméenne , correspondent bien à deux signes représentés par un couple et par une vierge, souvent accompagnée d’une licorne aux valeurs phalliques. Car dans l’iconographie astrologique, les Gémeaux sont souvent campés comme un couple qui s’enlace (..) Dès lors, les deux signes de Mercure auraient d’abord été le taureau et la Balance » Plus loin, nous évoquions la permutation soleil et lune dans le dispositif des exaltations : » Cela aurait tenu à la prise en compte de la précession des équinoxes qui aurait amené à constater que le point vernal se trouvait plutôt dans la constellation du bélier que dans celle du taureau » En 2001 et 2002, nous ferons deux commmnications dans des Colloques espagnols sur ces sujets. On trouvera ces textes dans la revue Beroso n°5 (Primeras jornadas de Historia de la astrologia en la antiguedad, Barcelone) « Ptolomeo y las astrologias del « Tetrabiblos » et dans le volume « Homo Mathematicus » Actos del Congreso Internacional sobre Astrologis griegos y romanos, Malaga 2002 « Comparaison du Tétrabible attribué à Ptolémée de la Mathesis de Firmicus Maternus » Dans le premier exposé l’on trouve un texte « Las exaltationes, estructura verdadera o fictitia? » nous signalions l’étrange opposition entre Mercure exalté en Vierge et Vénus en poissons », ce qui était une impossibilité astronomique, du fait de leurs élongations limitées respectivement à 28° et 48° du soleil! Dans le second exposé, quelques mois plus tard, nous constations que les explications fournies par les auteurs sur les rapports planètes-signes montraient que les dits dispositifs étaient transmis sans leurs clefs.(p. 151) On en arrivait à la conclusion que le Tétrabible pouvait ne pas avoir été l’oeuvre de Ptolémée » Cette astronomie fictive ne semble pas correspondre aux intentions affichées dans le premier livre et qui dénonce de tels procédés pseudo-astronomiques qui ne pouvaient que choquer un astronome comme l’auteur de l’Almageste » Rappelons que nous avons consacré une étude à Nicolas Bourdin, l’auteur de la traduction française du Tétrabible ainsi que du Centiloque (Trédaniel, 1993): Etudes autour des éditions ptolémaiques de Nicolas de Bourdin (1640-1651) in Le Centilogue de Ptolémée ou la seconde partie de l’Uranie. et plutôt encore rappelons, dès 1976, notre édition des « Remarques Astrologiques sur le commentaire du Centiloque par Nicolas de Bourdin » de Jean-Baptiste Morin ou le Fanal de l’astrologie »(Ed Retz) Avant d’aborder notre nouvelle description des « Maitrises planétaires » selon une tradition certainement antérieure à Ptolémée, il nous semble opportun, en effet, de nous intéresser quant à l’intérêt d’un tel dispositif pour l’astrologie et en ce sens, l’on comprend que Jean-Pierre Nicola ne l’ait point retenu dans son oeuvre. Bien des facteurs nous conduisent à penser que nous sommes en face d’une construction mathématique d’astronomes, désireux d’intégrer dans une théorie générale de leur métalangage les signes et les planètes, sans se préoccuper aucunement du symbolisme zodiacal ou mythologique (cf ce que nous avons signalé plus haut sur les domiciles de la déesse Vénus) Cela pose toute la question des rapports entre astronomie et astrologie et à n’en pas douter, ce petit jeu aura continué à partir de la fin du XVIIIe siècle lorsqu’il s’agira de nommer les astres nouvellement découverts : Uranus, Cérés et autres astéroides, Neptune – et à un certain moment l’ihtramercurielle Vulcain, Pluton et consorts en les intégrant dans un certain tissu mythologique, ce qui sera tout autant adopté avec enthousiasme par les astrologues, heureux de bénéficier d’une réelle complicité de fait Cela dit, il nous semble assez évident que les maitrises planétaires, telles qu’elles furent élaborées au départ, devaient observer une certaine cohèrence structurelle laquelle se sera altérée au fil des age tant et si bien qu’un Ptolémée, si tant est que ce soit lui, transmet sans rien y comprendre ou chercher à y comprendre grand chose. A ce propos, rappelons le traité d’Abraham Ibn Ezra (XIIe siècle) « le livres des raisons » (cf notre traduction, Retz 1977) et son chapitre II commentant le chapitre correspondant de son premier traité, Le Commencement de la Sapience (pp 238 et seq) « J’ai déjà cherché, écrit-il, dans les oeuvres des astrologues la raison des domiciles et je n’ai rien trouvé de correct si ce n’est qu’ils disent « Ainsi veut l’expérience le résultat auquel nous sommes arrivés (..) Hénoch dit que le Cancer est le signe du monde, c’est à dire qu’il culminait quand celui-ci fut créé » Ce qui nous renvoie à l’idée de « thema mundi » (cf R. Gleadow sur les exaltations, in Les origines du zodiaque, trad. de l’anglais, Paris, Stock, 1971; pp. 251 et seq) Selon nous, la meilleure approche est celle consistant à restituer une vraisemblance astronomique minimale, si l’on admet justement qu’un tel dispositif émane du milieu astronomique lequel ne saurait se confondre avec le milieu astrologique, même si à certaines époques, des confusions auront pu se produire. On admettra que l’on aura respecté a minima le phénomène des élongations évoqué plus haut mais alors comment expliquer que l’on puisse dans l’exposé des domiciles du Tétrabible (cf W .J Tucker, L’ astrologie de Ptolémée, commentaire du Tetrabiblos de Ptolémée, trad. de l’anglais, Paris, Payot, 1981 pp 73 et seq) avoir Mercure à la fois en gémeaux et en vierge, alors que le soleil est domicilié en lion, ce qui va pour Mercure en Vierge mais non en Gémeaux, car alors il serait trop éloigné du Soleil? De même Vénus ne peut elle avoir domicile en Taureau car la planète serait trop éloignée du dit soleil en Lion. La clef du problème tient au fait que l’on a affaire à deux référentiels et non à un seul à savoir qu’aux luminaires en cancer et en lion, il faut joindre les luminaires en bélier et taureau. Pourquoi cette autre position des luminaires ne figure pas dans le tableau du Tetrabiblos? Réponse:parce qu’on les en a ôtés. Question: et pourquoi? Réponse: pour faire de la place à Saturne! En effet, si l’on enlève Saturne, on peut réintégrer une autre position des luminaires et alors Mercure en Gémeaux et Vénus en Poissons respectent les distances à condition toutefois, comme on l’a signalé plus haut, de placer la Lune en bélier et le soleil en taureau, ce qui s’inscrit dans le tétramorphe des signes « fixes » avec le lion. On obtient ainsi le dispositif suivant: Lune- Mercure -Soleil deux fois du Bélier à la Vierge et en face Vénus Mars Jupiter puis Jupiter Mars Vénus, de la Balance aux Poissons. On est donc en présence d’une division en 4 puisque le sénaire est lui composé de deux ternaires, ce qui sous tend une division en 12 à caractère jupitérien (cycle de 12 ans). Mais il importe de souligner que les attributions des planètes aux signes ne sont que nominales. Il s’agit de préciser la signification du signe en le reliant à telle ou telle dénomination planétaire mais le bon mode d’emploi ne consiste pas à justifier un quelconque pluriplanétarisme. C’est la planète élue qui va ainsi se décliner et paradoxalement, nous pensons que la diversité des facteurs associés aux signes est la contrepartie de l’usage d’un seul et unique paramétre, tout comme un même verbe sera traité au prisme de la conjugaison . Chaque planète dispose d’un signe masculin et d’un signe féminin, ce qui n’est pas le cas si l’on garde Soleil en bélier et lion, deux signes masculins, Lune en taureau et en cancer, deux signes féminins Soit un double sénaire en rapport avec le duodénaire zodiacal CQFD. L’ajout de Saturne aura conduit à déstructurer complément le système et le décrocher de la réalité astronomique à laquelle Ptolémée substitue une logique symétrique factice du dédoublement des domiciles autour de l’axe Cancer-Lion Autrement dit, le dispositif dit des domiciles du Tétrabible est en réalité un double dispositif des domiciles et des exaltations avec un référentiel solsticial pour les uns et équinoxial pour les autres ..Selon nous, le dispositif en question reléve de l’astrologie rotationnelle, laquelle aura emprunté à l’astrologie zodiacale son découpage en 12 signes qui seront associés aux planètes. Mais pour actionner le dit agencement, il n’était pas question de traiter des planètes circulant réellement dans les signes mais de mouvoir l’Ascendant de naissance s’imprègnant ce faisant de la symbolique planétaire correspondant à chaque signe. On notera que la solution exposée dans l’Astronomicon par Manilius visait le même but mais en ne se limitant nullement aux dieux ayant donné leur nom aux planètes. Ainsi la Tétrabible aurait entériné le rapprochement entre les deux formes d’astrologies pour n’en faire plus qu’une. On notera que les maitrises jouent le role des aspects en astrologie rotationnelle du fait qu’elles servent à connecter les maisons entre elles et donc les planètes qui s’y trouvent. Le projet Hindsight substitue à l’exigence de cohèrence celui de l’ancienneté. Reste la question de Saturne. Notons que Saturne est le seul dieu- planéte qui n’appartient pas à l’Olympe. Il a du exister une tradition qui mettait cet astre à part et d’ailleurs de nos jours, les astronomes placent une frontière entre Jupiter et Saturne quant à leurs fonctions respectives au sein du système solaire. Au fond Saturne ouvrirait au monde « transjupitérien » avec Uranus, Neptune etc. et il faudrait renoncer à la formule » transsaturnien » car Saturne est déjà dans un autre champ.. A propos d’exemples de tentatives de faire correspondre le premier groupe au 7 au lieu du 6, nous renvoyons au Sefer Yetsira ou Livre de la Création où le classement des 22 lettres en trois groupes : 4 plus 6 plus 12 a laissé la place à 3 plus 7 ¨plus 12 (cf Clefs pour l’astrologie, 1976 p. 191) et ce aux dépends de la réalité grammaticale puisqu’en hébreu, il n’y a que six lettres qui ont une double prononciation (en abrégé : bagadkaphat) JHB 05 02 21

jeudi 12 janvier 2023

jacques Halbronn La question du septénaiire;; luminares plus Saturne versus le quatuor Mercure, Vénus, Mars et Jupiter au prisme de Manilius et de Ptolémée

jacques Halbronn La question du septénaire: luminaires plus Saturne versus le quatuor Mercure, Vénus, Mars, et Jupiter au prisme de Manilius et de Ptolémée; La lecture de l’Astronomicon nous permet de remettre certaines notions à leur juste place. C’est ainsi qu’au Livre V, il est question de l’ascendant en rapport avec les constellations, ce qui montre que l’on reliait les saisons aux étoiles pour leur conférer une dimension cosmique. On peut lire ainsi » Le Taureau fait lever les pléiades (…) Les gémeaux présentent ensuite (…) leues étoiles (..à Le septième degré de ce signe amène le lièvre (…) Passons aux astérismes voisins de l’écrevisse (cancer)à sa gauche, se lévent les étoiles du baudrier d’Orion. Ceux qui les ont pour ascendant (..) Procyon parait lorsque le 27e degrés de l’écrevisse sort de l’onde (…)Lorsque le Lion commence à nous montrer sa terrible gueule, le chien se léve, la canicule vomit des flammes » On pourrait continuer mais la preuve est faite que la notion d’Ascendant est indissociable de celle d’étoiles. Manilius distingue les « cinq étoiles errantes » (luminaires à patt) à savoir les planétes des étoiles fixes. . Par ailleurs, Maniilius considére que les signes « tropiques » liés aux équinoxes sont en analogie car ils correspondent à des situatiions symétriques comparables, ils s’interposent avec le parcours du capricorne vers le cancer ou l’inverse » Il n’y a pas une contrariété totale entre le bélier er la balance (..) Ces deux signes onr un rapport qui les rapproche l’égalité des jours et des nuits, ils nous procurent deux saisons qui se ressemblent par leur température, c’est une suite nécessaire de la position de ces deux signes à des distances égales des deux solstices. De tels astres be peuvent avoir l’un contre l’autre une antipathie bien décidée » En revanche les signes correspondant aux solstices sont trop différents, en raison des saisons, au niveau météorologique, signale notre auteur.. Manilius insiste sur l’importance de la division en 4: » ces 4 signes sont de la plus grande importance en astrologie » (p. 212-214 Livre III ) Manilius. nous expose ensuite quels sont les signes que la nature a mis plus particulièrement sous la protection de chaque dieu (..) Pallas protége le Bélier, la deéése de Cythère le taureau, Apollon, les aimables gémeaux etc (p. 137) Il y est question de Neptune qui n’a pas sa place au niveau des planétes(cf tableau, p. 136) On aura compris que Manilius s’intéresse aux signes, aux étoiles mais quid des planétes? Certes, Manimis (p. 275) mentionne-t-il les planétes selon leur nom mythologique: « Saturne, Jupiter, Vénus, Mars, Mercure » mais il ne semble pas qu’il fasse le lien avec ce qu’il expose quant aux rapports des dieux aux signes. En fait, pour Manilius, les noms mythologiques des planétes en usage en astronomie n’impactent pas les signes zodiacaux. Si Manilius relie les signes aux saisons, aux dieux et aux constellations, il ne les connecte pas, comme le fera Ptolémée, aux planétes (« astres errants ») Toutefois, quand Maniulus aborde la division en 5 des signes en rapport avec les cinq planétes et Manilius se garde bien d’assimiler les luminaires à des planétes, ce qui, selon nous, signifie que les 2 luminaires sont des facteurs moteurs qui activent les divisions en cinq. Il ressort que le septénaire doit être divisé en deux groupes alors que dans la Tétrabible, le septénaire est d’un seul tenant, avec des signes attribués aux luminaires et pas seulement aux planétes.cf tableau des termes où les luminaires ne figurent point, p. 243 (cf notre édition des traités d’Abraham Ibn Ezra, Bibliotheca Hermetica, Ed Retz, 1977) Mais Ptolémée consacre également (au Livre Premier) des développements aux 5 termes dans chaque signe correspondant aux 5 astres « errants », ce qui suppose donc de mettre à part les luminaires. ( Tetrabiblos, Chiron Verlag, (tr. allemande d’après Mélanchton (1555) 2000, p. 65) Or, dans son dispositif des domiciles, la Tétrabible prend également en compte les luminaires, soleil et lune, à la différence de Manilius qui prend bien soin de distinguer luminaires et planétes (cf Ptolémée sur les termes au Livre Ier qui traite des différents dispositifs des planétes (Ed 1970 René Alleau, Bibliotheca Hermetica), René Alleau ne signale pas dans son édition, ce hiatus entre la présentation des domiciles avec le septénaire et celle des termes avec les seuls 5 astres errants. Tétrabible Livre Ier 18 — Des Maisons (ici des Domiciles) « De plus, il y a sympathie des planètes avec les parties du Zodiaque en raison des maisons trigones, exaltations, termes et de quelques autres propriétés semblables. Or les maisons (ici les domiciles) sont distribuées selon une raison naturelle. En effet, comme des douze signes, deux septentrionaux sont plus près que les autres de notre zénith, et produisent le plus de chaleurs et d’ardeurs immodérées, à savoir le Cancer et le Lion, on a jugé que ces deux signes sont les maisons des deux plus grands et plus puissants luminaires, le Lion du Soleil, parce qu’il est signe masculin, et le Cancer de la Lune, 43 parce qu’elle est féminine ; et en continuant, le demicercle qui va du Lion au Capricorne ; est à bon droit estimé solaire ainsi que lunaire l’autre demi-cercle qui va du Verseau au Cancer afin qu’en chaque demicercle, on puisse donner à chaque planète un signe qui lui soit familier (soit qu’il soit de la nature du Soleil, ou soit qu’il s’accorde à celle de la Lune) selon la disposition de leurs orbes et les particularités de leurs natures. De fait à Saturne, parce qu’il est extrêmement froid et qu’il combat la chaleur, et qu’aussi sa sphère est la plus haute et la plus éloignée des luminaires, ont été attribués les signes opposés au Cancer et au Lion, à savoir le Capricorne et le Verseau, lesquels sont, et froids et jumeaux et, en raison de cette opposition, maléfiques. À Jupiter qui est de nature tempérée, et soumis à la sphère de Saturne, ont été donnés les signes proches de ceux-là, venteux et féconds, qui sont le Sagittaire et les Poissons, lesquels d’un trine aspect qui convient à la bienfaisance, regardent les signes des luminaires. Ensuite à Mars desséchant et placé sous l’orbe de Jupiter, ont été donnés les signes voisins des maisons de Jupiter, à savoir le Scorpion et le Bélier, lesquels à cause du regard qu’ils ont de carré avec les domiciles des luminaires, conviennent à une nature nuisible et qui engendre la corruption. Mais à Vénus, dont la nature est tempérée et qui est placée sous l’orbe de Mars, ont été attribués les signes proches de ceux-là et très féconds, la Balance 44 et le Taureau, qui à cause du sextile53 sont plus doux, et parce qu’aussi cette planète ne précède ou ne suit le Soleil de plus loin que de deux signes. À Mercure, qui est le dernier et qui n’est jamais plus éloigné du Soleil que d’un signe, et qui est placé sous les orbes des autres planètes, comme étant aussi le plus proche des luminaires, ont été attribués les signes plus proches de ces mêmes luminaires, à savoir les Gémeaux et la Vierge. » — 21 — Des termes « On admet une double doctrine des termes59 : l’une, égyptienne, qui est basée sur l’autorité des maisons ; l’autre, chaldéenne, ajustée au gouvernement des trigones. 59 Ou « confins » ( ). Cf. Bouché-Leclercq, p. 206 : « On entend par Öria des fractions de signes séparés par des bornes intérieures et distribuées dans chaque signe entre les cinq (sic) planètes, à titre de propriété domaniale représentant leur influence spécifique et équivalant à leur présence réelle. » On voit à quel point il est abusif de qualifier de « planétes » le soleil et la lune comme cela se pratique usuellement’ Or, toujours au Livre I de la Tétrabible, il est traité des exaltations 20 — La théorie des exaltations des planètes est la suivante : Vu que le Soleil en entrant au Bélier opère sa transition vers le medi-cercle le plus haut et septentrional, et que dans la Balance il passe dans le plus bas et austral, on lui a fort à propos attribué son exaltation au Bélier puisque, quand il passe, les jours croissent et qu’il commence à échauffer davantage les corps. Au contraire, la dépression du Soleil a lieu dans la Balance pour les raisons opposées. Quant à Saturne, afin qu’il ait une position opposée au Soleil, comme aussi à cause de ses maisons (domiciles), il prend à l’inverse la Balance pour exaltation et le Bélier pour dépression. En effet, là où la chaleur augmente, il est nécessaire que le froid diminue et au contraire où la chaleur diminue, que le froid augmente » On observe que tant pour les domiciles que pour les exaltations, Saturne s’oppose aux luminaires, ce qui met selon nous cette planéte dans une position comparable à celle des luminaires, tout comme l’aspect d’opposition est assimilable à une conjonction.(cf la notion de syzygie); Selon nous, par voie de conséquence, l’on doit placer d’un coté les luminaires et Saturne et de l’autre les 4 planétes qui correspondent à une division en 4 de l’écliptique ce qui donne les Saisons. jacques Halbronn La question du septénaire: luminaires plus Saturne versus le quatuor Mercure, Vénus, Mars, et Jupiter au prisme de Manilius et de Ptolémée BIBLIOGRAPHIE A. Bouche Leclecrcq Astrologie Grecque, Paris, 1899 Journal d’un Astrologue Journal d’un Astrologue: Claude Ptolémée Retour au fascicule L’astrologie à Rome : les Astronomiques de Manilius sem-linkJosèphe-Henriette Abry Pallas. Revue d’études antiques Année 1983 30 pp. 49-61 Fait partie d’un numéro thématique : Astres, astrologie, religions astrales dans l’Antiquité JOURNAL ARTICLE Note à Manilius, Astronomica, 1, 311 Florian Barrière Museum Helveticum Museum Helveticum Vol. 76, No. 1 (JUNI 2019), pp. 96-104 (9 pages) Published by: Schwabe Verlagsgruppe AG Previous Item|Next Item Stable URL https://www.jstor.org/stable/26832007 Beiträge | Articles | Contributi Abstract This paper focuses on a passage of Manilius’ Astronomica which has been often debated among Manilius’ editors, from Scaliger to the latest, G.P. Goold and E. Flores. Through a study of every solution proposed by editors, it seems possible to make two hypotheses to enhance understanding of the Manilian verse. The Five Books of Manilius, Londres, 1697 (reedition National Astrological Library, Washington, 1953). les Astronomiques ou la Science sacrée du Ciel: Traité complet d’astrologie sur les noms et les figures du zodiaque, l’influence des astres, météores et comètes, et la symbolique astrale (astronomicon) Afficher le titre complet Par Marcus Manilius Évaluation : 0 sur 5 étoiles (0 notation) Marcus Manilius est un poète et astrologue latin d’origine berbère probablement né en Afrique du Nord qui, vers l’an 10 (dans les dernières années du règne de l’empereur Auguste), et qui écrivit un poème didactique en cinq livres sur l’astronomie ancienne et l’astrologie, Les Astronomiques (Astronomica en latin), s’inspirant des Phénomènes du poète grec Aratos. Il est le premier écrivain de langue latine de Berbérie. Les Astronomiques est devenu un grand classique dans l’étude de la science des astres chez les Anciens.Le premier livre traite de la sphère céleste, des premiers auteurs de l’astronomie et des progrès des sciences humaines, des opinions des philosophes, des éléments de la terre, du ciel et des astres, des signes du zodiaque et des constellations extrazodiacales.Les second, troisième et quatrième livres sont désignés comme Isagogiques, c’est-à-dire, introducteurs ou préparatoires, parce qu’ils contiennent les définitions des différents sujets traités par Homère, Hésiode et d’autres poètes.Le cinquième livre contient une énumération des constellations extra-zodiacales et des degrés des douze signes avec lesquels elles se lèvent.Tels sont donc les objets traités par Manilius dans les cinq livres de ses Astronomiques. Il s’était proposé d’en traiter beaucoup d’autres; mais la mort ne lui en a pas probablement laissé le temps.La présente édition est illustrée d’une suite complète des gravures du Livre des fables astronomiques de C. Julius Hyginus, selon l’édition de 1578.

jeudi 4 août 2022

jacques Halbronn Le dispositif de la Tétrabible sur les domicoles/maitrises comme Pierre de Rosette de l'Astrologie

acques Halbronn Le dispositif de la Tétrabible sur les domiciles/maitrises comme Pierre de Rosette de l’Astrologie Depuis la fin des années soixante, nous nous penchons sur la clef des domiciles des planétes,(en anglais, rulerships) dont le dispositif figure notamment dans la Tétrabible de Claude Ptolémée (d’Alexandrie), soit depuis plus d’un demi-siècle et ce n’est qu’à présent, nous pensons être parvenus à en comprendre enfin le véritable mode d’emploi.Cela fait donc des siècles, voire des millénaires que ce dispositif est utilisé par les astrologues de façon aussi constante qu’ erronée. Quel en est l’usage ordinaire? Pour la plupart des astrologues, il s’agirait d’indiquer les « dignités » des planétes du Septénaire, ce qui permettrait de savoir dans quel secteur du Zodiaque une planéte est forte. Un autre usage est celui des maitrises , ce qui est censé permettre de relier les maisons astrologiques entre elles : si la cuspide de la maison III est en sagittaire, et si Jupiter le maitre de ce signe est en main VIII, on dira que la maison VIII est reliée à la maison III et ainsi de suite, à l’instar des aspects qui relient les planétes entre elles. Objections 1 En fait, le fait que des noms de divinités soient mis en rapport avec des signes est-il la preuve qu’il s’agit de planétes portant le nom des dites divinités? 2 Est ce que le Soleil et la Lune doivent être traités comme des planétes? Si l’on met de côté les luminaires, il reste 5 planétes à proprement parler: Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne. Saturne est le cinquiéme facteur de cet ensemble, et cela pose la question du rapport du 4 au 5, le 5 étant la quintessence, le cinquiéme élément, l’Ether. notice Wikipedia Quintessence « Nom que les anciens philosophes donnaient à l’éther, élément plus subtil que la terre, l’eau, l’air et le feu (voir l’article sur les quatre éléments). Quintessence (cosmologie) : les cosmologistes contemporains appellent également ainsi un champ analogue à celui décrit par la constante cosmologique, mais variable dans le temps. Les alchimistes se désignaient souvent eux-mêmes comme des « abstracteurs de quintessence ». Voir l’étude de la Quinte essence de Jean de Roquetaillade dans De consideratione quintae essentiae rerum omnium. » Dans la main humaine; le pouce se connecte aux quatre doigts. 3 Il importe de respecter la dialectique des prometteurs et des significateurs. Les prometteurs sont les facteurs mobiles et les significateurs, les facteurs fixes. Or, selon nous, le dispositif en question distingue deux groupes: aux extrémités, les prometteurs (luminaires plus Saturne, luminaire « noir ») et au centre les 4 significateurs, représentant les 4 saisons. 4 Les prometteurs-curseurs ne sont pas porteurs de significations, à l’instar du Soleil qui détermine le « signe » d’une personne et c’est ce signe qui est le significateur et renvoie à une des 4 saisons. Saturne est le prometteur le plus intéressant en ce qu’il reste environ 7 ans dans chaque quartier alors que le Soleil ne reste que 3 mois et la Lune, une semaine, soit des passages très brefs dans chaque secteur. 5 De nos jours, la plupart des astrologues ne distinguent plus entre prometteurs et significateurs, ce qui génére une pléthore de prometteurs, surtout si l’on ajoute les planétes au delà de Saturne. En fait, il faudrait n’utiliser qu’un prometteur à la fois, passant d’un significateur à un autre 6 Les travaux statistiques de Michel Gauquelin ont ajouté à la confusion en ce qu’ils prétendent valider les « significations » associées aux planétes (dotées d’un surnom mythologique), alors que les planétes (en dehors des luminaires et de Saturne) n’ont pas vocation à être des significateurs. 7 Une cyclicité implique la connexion entre un facteur fixe et un facteur mobile. Un cycle comportant deux facteurs fixes ne fait pas sens et un cycle comportant deux facteurs mobiles, pas davantage. Les étoiles (fixes) peuvent servir comme facteurs fixes face aux planétes (ce terme grec signifiant « astres errants »), ce qui pourrait renvoyer aux constellations. 8 la connexion entre étoiles fixes et saisons aura permis de faire apparaitre la précession des équinoxes, dès lors que l’on connectait le point vernal avec l’étoile fixe correspondant, à un instant T, au début du printemps, ce qui impliquait de changer régulièrement d’étoile fixe de référence. Dès lors, une planéte pouvait se conjoindre à une étoile elle meme associée aux axes saisonniers .(« équinoxiaux, solsticiaux) Il faudrait faire l’historique des tentatives de décryptage du tableau des domiciles, l’ouvrage de Lisa Morpurgo annonçait ainsi le déchiffrement du Zodiaque (Hachette, 1974) mais passait à côté de la dualité interne au dispositif de la Tétrabible. 9 La Tétrabible véhicule un dispositif dont le sens a été perdu par l’auteur, Ptolémée qui n’a pas compris que les noms associés aux 8 secteurs du centre ne sont pas liés aux planétes mais aux signes. En effet, les astronomes s’étaient emparés du dispositif pour baptiser les planétes, ce qui aura entretenu la confusion. Patrice Guinard n’aura pas compris que les intérêts,les enjeux des astronomes ne sont pas ceux des astrologues. ( Fondements logiques des Maîtrises. La Matrice astrale II). JHB 04 08 22

lundi 18 juillet 2022

Richard Pellard Critique de la doctrine des Maitrises planétaires

Critique de la doctrine des Maîtrises planétaires par Richard Pellard* Avec la doctrine Élémentaire (attribution des quatre Éléments aux grands trigones zodiacaux et aux Planètes), celle des Maîtrises planétaires (Domicile, Exaltation, Chute, Exil) constitue l’un des fondements essentiels de ce qu’il est convenu d’appeler, en cette fin de XXe siècle, l’astrologie « traditionnelle », qu’il serait d’ailleurs plus juste de qualifier de « symboliste ». Sommaire Les trônes des vieux astres « On » et « les Anciens » Aux sources des maîtrises Le Soleil maître du Cancer ? Le Thème du Monde Le sexe à domicile est-il logique ? Quand la Lune gouverne le jour et le Soleil la nuit Des exaltations pas très exaltantes… L’analogie contre la logique ? L’odyssée zodiacale des transsaturniennes Quand Pluton dissout la Tradition… Le zodiaque est-il d’essence solaire ? Le point de vue astronomique. Pluton/Scorpion est Balance ! Définition rationnelle du rapport astre/Signe Y a-t-il des affinités Astre/Signe ? Bélier mous et Cancer bagarreurs Citation d’André Barbault tirée de son livre L’Univers astrologique des quatre Éléments : Les trônes des vieux astres L’idée que chaque Signe du zodiaque est « naturellement » associé à un astre qui le gouverne est pour la plupart des astrologues une telle évidence que pratiquement aucun d’entre eux ne songe même à en préciser ou en rappeler les fondements. Ainsi, quelles que soient les différences d’approche qui les caractérisent et les philosophies parfois antagonistes qui les sous-tendent, la quasi-totalité des écoles d’astrologie est-elle d’accord sur au moins deux dogmes : la nature Élémentaire des Signes et l’intangibilité des Maîtrises planétaires. Le postulat selon lequel chaque astre du système solaire gouvernerait une portion de zodiaque n’a pourtant rien d’évident. Un astrologue du XXe siècle, à l’esprit critique et rationnel, soucieux de fonder l’astrologie sur de sérieuses bases astronomiques, est en donc en droit de s’interroger sur la nature de la relation astre-Signe en général et sur la pertinence du système des Maîtrises traditionnelles en particulier. C’est ce que cet article se propose de faire. Dans un premier temps, il m’a paru nécessaire d’effectuer un retour dans le passé, afin de retrouver les sources de la théorie des Maîtrises ; dans un deuxième temps, d’exposer les arguments astronomiques qui plaident contre la réalité des Maîtrises ; et dans un troisième temps, de démontrer à quel point l’utilisation de ce système peut être pernicieux, tant dans la théorie que dans la pratique astrologique. « On » et « les Anciens » Pour illustrer notre propos, citons les écrits de trois auteurs du XXe siècle, qui représentent assez bien quelques-unes des principales tendances de l’astrologie symboliste. Selon A. Barbault, « les anciens n’ont pas manqué d’établir des relations précises entre ces deux valeurs accouplées (Signe et Astre). Leurs premières constatations les ont amenés à placer chaque Signe sous la tutelle d’une planète ». Pour Hadès, « on dit que la planète se trouve « en domicile » dans son signe ». Pour Dane Rudhyar enfin, « Il est dit de chaque planète qu’elle « gouverne » un, voire deux Signes, et qu’elle est « exaltée » dans un autre ». « On » (pronom tout à fait indéfini) a bon dos, et la référence aux anciens, avec ou sans majuscules et tout le respect que nous devons à ceux d’entre eux qui le méritent, ne suffit certainement pas à justifier le dogme des Maîtrises. À moins bien entendu de postuler que l’antériorité d’une théorie quelconque est un critère absolu de validité. On sait que l’histoire des connaissances, dans de très nombreux domaines, nous a largement démontré le contraire. Astrologues de la fin du deuxième millénaire, nous sommes tributaires de l’héritage que nous ont légués les anciens. À nous de le faire fructifier… mais ce serait un bien mauvais service à rendre à l’astrologie que de reproduire et laisser perdurer les erreurs de nos ancêtres. Aux sources des maîtrises D’après les documents historiques dont nous disposons, c’est lors de la rencontre de l’astrologie babylonienne avec la civilisation grecque que la doctrine des Maîtrises planétaires, telle que nous la connaissons aujourd’hui, s’est systématisée. Deux grandes traditions ont nourri l’astrologie grecque : la chaldéenne, plus « physique » et l’égyptienne, plus métaphysique. Il semble que ce soient les astrologues chaldéens qui, les premiers, ont commencé à attribuer des domiciles aux planètes. Rappelons que, lors de la constitution de l’astrologie babylonienne, le phénomène de précession des équinoxes était encore inconnu ; aussi les Chaldéens, et à leur suite les Égyptiens, avaient-ils attribué aux constellations qui se trouvaient en arrière-plan de la bande écliptique les qualités des Signes. Pour les Grecs donc, comme le note Bouché-Leclercq, « c’était une question philosophique à débattre que de savoir si, dans la collaboration des Signes et des planètes, l’harmonie venait de ce que les planètes répartissent l’influence des étoiles, ou au contraire, de ce que les étoiles participent de la nature des planètes et s’accommodent à leur tempérament. Les astrologues avaient tranché la question de pratique en faveur des planètes ». Pourquoi ce choix ? Probablement parce que les plus perspicaces d’entre eux avaient remarqué que les influences planétaires étaient plus fortes et plus significatives que les zodiacales (confondues avec les stellaires avant la découverte de la précession des équinoxes), ce que des siècles d’observation ont largement confirmé depuis. De la primauté des astres sur les Signes, ils ont ensuite inféré qu’existait entre astre et Signe une relation d’ordre hiérarchique : ainsi, d’une manière générale, les astres « commandaient » aux Signes. Le Soleil maître du Cancer ? La pensée analogique, qui à cette époque dominait quasiment sans partage, a alors pris le relais. On peut imaginer les raisonnements de nos lointains ancêtres chaldéens : le Soleil est l’astre le plus important et le plus chaud ; or c’est au moment du solstice d’été qu’il est le plus haut dans le ciel et que commencent les époques de plus grande chaleur sous les latitudes mésopotamo-égyptiennes. Le Soleil ne gouvernerait-il pas la période aux plus longues durées d’ensoleillement et la saison la plus chaude de l’année ? Quant à Saturne, c’est l’astre le plus éloigné du Soleil, donc le plus éloigné de sa chaleur, donc le plus froid… Le solstice d’hiver ne serait-il pas son domaine, et surtout la saison hivernale, au cours de laquelle il fait le plus froid ? Dans cette optique, il pouvait sembler logique de penser que le Signe le plus en affinité avec le Soleil était le Cancer. Un certain Nigidius Figulus, hermétisant égyptien disciple d’Hermès Trismégiste, avait d’ailleurs fait du Soleil le gouverneur du Cancer, situant le domicile de la Lune dans le Lion ! C’est vous dire si le système des maîtrises n’est pas sorti tout construit de la cuisse de Jupiter… Ceci dit, pourquoi la domiciliation du Soleil dans le Lion ? Peut-être faut-il en chercher l’origine dans l’astrologie égyptienne. Essentiellement zodiacale, elle accordait la plus grande importance aux étoiles fixes, tout en vouant un véritable culte au Soleil (Ra). Or il se trouve que de nombreux papyrus mentionnent qu’à l’époque où se constituait la « religion zodiacale » égyptienne, le lever héliaque de Sirius (Sothis), étoile à laquelle les Égyptiens accordaient une importante influence, se produisait dans la direction de la constellation du Lion. En attribuant au Soleil un domicile en Lion, les Égyptiens faisaient d’une pierre deux coups, rendant hommage à la fois à Sothis et à Ra. Ceci explique peut-être cela, et cela d’autant plus que c’est au cœur de l’été, dont les torrides chaleurs étaient analogues à celle de l’astre du jour, que les inondations du Nil battaient leur plein, amenant avec elles richesse et fertilité… Mais, en ce qui concerne la distribution des autres Maîtrises planétaires, il semble bien qu’il faille quitter l’école égyptienne pour les comprendre. Les Égyptiens, plus métaphysiciens que physiciens, à rebours des Chaldéens et plus tard des Grecs, se souciaient peu des planètes concrètes, leur préférant, en exceptant le Soleil et la Lune, leurs dieux imaginaires. Les papyrus datés de 90 à 190 après J.-C. faisant état du système des Maîtrises planétaires montrent clairement une influence pythagoricienne, et donc grecque. En ces temps reculés, les Grecs n’avaient pas encore greffé leur théorie des quatre Éléments sur l’astrologie babylonienne. Nos confrères astrologues, qui pratiquaient alors une astrologie d’origine largement météorologique, pouvaient alors pratiquement observer que juste après le solstice d’été, pendant que le Soleil traversait le Cancer, le temps était chaud et sec. Ce n’est que beaucoup plus tard, à l’époque hellène, qu’il est devenu, par décret Élémentalo-abstrait, un Signe d’Eau froid et humide. Le Thème du Monde Admettons donc que les Égyptiens aient la paternité de la domiciliation du Soleil en Lion par l’intermédiaire du lever héliaque de Sirius. Pourquoi la Lune serait-elle alors domiciliée en Cancer ? Aucune raison naturelle ne légitime a priori cette attribution : la Lune, astre des nuits froides, antithèse du chaud Soleil, n’a apparemment rien à faire dans ce Signe équinoxial où les nuits sont les plus courtes et les jours les plus longs. La tradition pythagoricienne vient alors à notre secours, qui donnait aux planètes l’ordre suivant : Lune, Soleil, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne. En conservant au Soleil sa maîtrise du Lion, en adoptant l’ordre pythagoricien et en respectant le sens des Signes, on aboutit inévitablement aux maîtrises suivantes : C’est ce qu’une tradition gnostique, prétendument égyptienne et en fait issue de spéculations hellénistiques, a appelé le Thème du monde. D’après cette tradition, ce thème décrirait les positions qu’occupaient les planètes dans le zodiaque à la naissance de l’univers, chacune étant idéalement en domicile, la Lune en Cancer à l’AS et le MC en Bélier au moment du big-bang ou de ce qui en tenait lieu à l’époque… On pense ce qu’on veut de telles divagations mais, grâce à ce système, les sept astres errants, SDF antiques de la sphère des fixes, avaient enfin un domicile fixe. Ouf ! Mais que faire des cinq autres Signes ? Pourquoi n’auraient-ils pas droit, eux aussi, à des Maîtrises planétaires ? Nos confrères astrologues finirent par trouver une solution simple et élégante. Le Soleil et la Lune, par un privilège dû à leur condition de luminaires, n’auraient qu’un seul domicile et régneraient chacun sur deux hémisphères : un hémisphère de maîtrises « diurnes » régi par le Soleil (Mercure-Vierge, Vénus-Balance, Mars-Scorpion, Jupiter-Sagittaire et Saturne/Capricorne, la Lune n’ayant pas de domicile diurne puisqu’elle est l’astre des nuits) et un hémisphère de maîtrises nocturnes régi par la Lune (Mercure-Gémeaux, Vénus-Taureau, Mars-Bélier, Jupiter-Poissons et Saturne-Verseau, le Soleil n’ayant pas de domicile nocturne puisqu’il est l’astre du jour). Le sexe à domicile est-il logique ? Tout est alors pour le mieux dans le meilleur des mondes : avec sept astres, on est arrivé à distribuer douze Maîtrises harmonieusement réparties. Certes, le système manque totalement de logique symbolico-naturelle. S’il en avait une, le Soleil, astre du jour, gouvernerait analogiquement les Signes environnant le solstice d’été (Gémeaux-Cancer), période la plus ensoleillée de l’année, et la Lune, astre des nuits, pourrait par exemple être en domicile dans les Signes avoisinant le solstice d’hiver (Sagittaire-Capricorne), époque des plus longues nuits. Mais foin de logique externe ! La majorité de nos ancêtres astrologues semblait se satisfaire de la logique interne de ce système de Maîtrises planétaires… même si cette logique interne était plus que douteuse : en effet, les planètes étaient censées avoir un sexe. Lune et Vénus étaient réputées féminines, Soleil, Mars, Jupiter et Saturne masculins et Mercure androgyne. Ces derniers étaient-ils « dévirilisés » lorsqu’ils étaient sous la coupe des Signes nocturnes de l’hémisphère des Maîtrises lunaires ? Et vice-versa : Lune et Vénus devenaient-elles plus masculines dans leurs domiciles diurnes en Cancer et Balance ? Nos lointains confrères ne semblent pas s’être posé la question. Toujours du point de vue de l’étrange logique interne de ce système, le problème fut résolu, puisque les Signes aussi avaient un sexe : la Lune féminine ne pouvait gouverner qu’un Signe féminin comme le Cancer et le Soleil, Masculin, qu’un Signe masculin comme le Lion. Très bien, mais alors pourquoi Vénus, planète féminine, a-t-elle son domicile diurne dans le Signe masculin de la Balance, et Mars, masculin, dans le Signe féminin du Scorpion ? Ptolémée, pas plus qu’aucun autre, n’a cru bon de nous expliquer le pourquoi du comment d’aussi grossiers illogismes. Mars en Bélier dans son domicile nocturne situé dans un hémisphère gouverné par un astre féminin, la Lune, est-il plus ou moins « masculin » que Mars en Scorpion, masculin dans un Signe féminin mais dans un hémisphère gouverné par le Soleil masculin ? Rassurez-vous, les astrologues grecs avaient réponse à tout, et si vous leur demandiez lequel de ses deux domiciles préférait la planète qui en avait deux, il vous répondaient : celui qui correspond à son sexe… ce qui contredit formellement la primauté des domiciles diurnes sur les nocturnes. Quand la Lune gouverne le jour et le Soleil la nuit Un tel système est parfaitement aberrant. Et ce n’est pas tout. L’hémisphère diurne et masculin (Solaire) et le nocturne et féminin (Lunaire) sont séparés par un diamètre qui passe entre, d’un côté Cancer et Lion, de l’autre Capricorne et Verseau. La logique demanderait que les Signes appartenant à l’hémisphère des domiciles nocturnes (du Verseau au Cancer compris) aient des durées de nuit supérieures à celle des jours, et vice-versa pour domiciles diurnes (du Lion au Capricorne compris). Or, c’est exactement le contraire qui se produit ; pire encore, l’hémisphère des domiciles diurnes contient les deux Signes aux durées nocturnes les plus longues (Sagittaire-Capricorne), et l’hémisphère nocturne les deux Signes aux durées diurnes maximales (Gémeaux-Cancer). Et tant pis si la Lune, astre de la nuit selon la légende, est aussi l’astre du jour lors des nouvelles Lunes, lorsqu’elle accomplit toute sa trajectoire au-dessus de l’horizon en compagnie du Soleil. Il y a là de quoi, non seulement y perdre son latin, mais aussi rejeter l’astrologie grecque et son système de maîtrises planétaires… Des exaltations pas très exaltantes… Le système des domiciliations planétaires est, vous le voyez, passablement absurde. Que dire alors de celui des exaltations ? Dans l’esprit des astrologues grecs, l’exaltation (ou altitude) était le Signe où la planète acquiert ou commence à acquérir son maximum de puissance. Cette définition est totalement floue et équivoque, et mélange plusieurs phénomènes astronomiques : tantôt il s’agit des déclinaisons australes et boréales des planètes (l’astre est alors exalté lorsqu’il commence à s’élever en altitude dans le ciel. Ex : le Soleil est « exalté » en Bélier parce que ses déclinaisons Nord augmentent et qu’il est donc de plus en plus haut dans le ciel), tantôt il s’agit des apogées et périgées des astres (un astre au point de sa course sur l’écliptique le plus éloigné de la Terre étant censé être exalté). C’est n’importe quoi. Et si vous vous demandez pourquoi Saturne est exalté en Balance, ne cherchez aucune raison astronomique : c’est tout simplement parce que, son domicile nocturne (Verseau) étant opposé au domicile du Soleil (Lion), il est nécessairement (?!) exalté dans le Signe diamétralement opposé au Signe d’exaltation du Soleil, ce dernier se trouvant en « dépression » (c’est l’expression désignant la chute) dans la Balance, CQFD ! Dans la même veine et en suivant la même logique délirante, étant donné que la Lune est exaltée en Taureau, Saturne (dont le domicile en Capricorne est opposé à celui de la Lune en Cancer) devrait être exalté en Scorpion… mais Ptolémée, ni aucun autre astrologue de l’époque hellénistique n’en souffle mot. L’analogie contre la logique ? Tous ces illogismes, ces absurdités, sont dans une large mesure le produit d’un analogisme débridé. Mais qu’est-ce que l’analogie, dont la plupart des astrologues pensent qu’elle est une voie royale pour accéder aux mystères de la relation entre l’Homme et le Ciel ? Donnons la parole à un astrologue, Henri Gouchon : ’Deux phénomènes sont, par définition, en analogie lorsqu’on retrouve dans le second des caractères déjà rencontrés dans le premier… la question préjudicielle restant de savoir si, du premier au second des éléments considérés, l’analogie joue en vertu d’un simple parallélisme, d’une corrélation ou d’un rapport de cause à effet ». La pensée analogique est donc une pensée qui cherche et établit des relations de ressemblance ou de correspondance entre différents êtres, objets ou situations, sans se soucier de savoir si ces relations relèvent de causes physiques objectives. C’est une pensée magique, animiste, purement symboliste, commune au primitif et à l’enfant. Faut-il en faire le procès, au prétexte que nos lointains ancêtres astrologues en ont usé et abusé, entre autre dans leur théorie des maîtrises planétaires ? Il est évident que non. Ce serait aussi stupide que de reprocher à un enfant de n’être pas un adulte logique et rationnel. La pensée analogique est le savoir de l’enfance en même temps que l’enfance de tout savoir, y compris le savoir astrologique. Elle représente également « toute démarche initiale d’un esprit, fut-il adulte, placé devant un problème dont le caractère insolite ou complexe le renvoie à l’usage de sa fonction primordiale. Bien intégrée aux autres fonctions psychologiques, la tendance animiste a des vertus créatrices dont on ne saurait priver le genre humain. Par ailleurs, elle correspond à un stade de développement qu’il paraît difficile de supprimer si l’on tient à l’apparition et à l’accomplissement du stade suivant ! » (2). L’analogisme a permis à nos lointains ancêtres astrologues, dans l’enfance de l’astrologie, de saisir les correspondances entre l’Homme et le Ciel. Ils n’avaient d’ailleurs pas le choix d’un autre mode de pensée. C’est au cœur de ce terreau analogique dont elle s’est nourrie qu’a progressivement émergé la pensée logique, exigeant que les correspondances entre les éléments du réel, quand elles existent, soient fondées sur des causes physiques objectives et mesurables, tel un petit d’homme sortant de l’enfance et s’apercevant que les étoiles de sont pas de poétiques lucioles, mais des masses de gaz en fusion thermonucléaire. Il n’est donc pas question de rejeter en bloc la pensée analogique, et encore moins d’instruire le procès. Mais il est indispensable de la dépasser et de démêler, dans l’écheveau touffu des correspondances qu’elle a établi, ce qui relève de ressemblances apparentes et souvent illusoires, et ce qui relève de corrélations objectives. Or, il paraît aujourd’hui évident, grâce au progrès de nos connaissances, que la théorie des maîtrises planétaires ressort davantage de la première catégorie que de la seconde… L’odyssée zodiacale des transsaturniennes Au cours des siècles qui suivirent la parution du Tetrabible de Ptolémée, ce système absurde s’imposa et fut adopté par des générations d’astrologues. Rares furent ceux qui osèrent le critiquer, voire le rejeter. Seul Kepler, semble-t-il, le fit explicitement dans son Harmonia Mundi. À tel point que lui qui était non seulement fortement marqué par le Capricorne (conjonction Soleil-Mercure-Vénus dans ce Signe, plus Uranus dont il ne pouvait connaître l’existence à son époque), mais aussi un savant rigoureux, refusa dans son autoportrait astrologique de se définir comme saturnien, au prétexte, fallacieux selon lui, que Saturne serait le maître du Capricorne. Et d’ailleurs, Saturne n’est pas angulaire dans son thème. C’est dire ! En 1781, on découvre l’existence d’une première transsaturnienne : Uranus. Aussitôt, c’est la panique chez les astrologues : le bel édifice multicentenaire des maîtrises planétaires vient de subir une première lézarde. Il faut derechef lui trouver un domicile ! Explicitement ou implicitement, la logique des « domiciles diurnes » a prévalu : en suivant le sens des Signes et à la suite de Saturne en Capricorne, Uranus se retrouve promu maître du Verseau, signe d’Air (car depuis les débuts du premier millénaire après J.-C., le zodiaque élémental s’est mis à régner sans partage… alors que Ptolémée n’y faisait pas allusion !). Bizarre, pour un astre-mythe assimilé à Prométhée, qui vola le feu (Feu) des dieux. L’Air serait-il ennemi du Feu ? Grave question… Quant à Saturne, qui occupait auparavant le trône, il doit se contenter désormais d’une fonction de vice-roi… et la belle logique interne « traditionnelle » qui présidait aux domiciles a bel et bien volé en éclats. Moins d’un siècle plus tard, en 1846, Neptune est découvert à son tour. Re-panique, mais un peu moindre : en suivant toujours la logique des domiciles diurnes et le sens des Signes, on lui attribue un domicile en Poissons. Ça tombe bien, le dieu des mers dans un Signe d’Eau, et qui plus est nommé Poissons ! C’est la liesse chez les astrologues symbolistes, et Kepler se retourne dans sa tombe. Les deux figures ci-dessus représentent les Maîtrises planétaires sur les Signes, les Éléments étant représentés par des couleurs : rouge pour le Feu, brun pour la Terre, bleu pour l’Air et vert pour l’Eau. La figure de gauche représente les Maîtrises « traditionnelles », celles d’avant la découverte des transsaturniennes, et celle de droite les néo-Maîtrises. Quand Pluton dissout la Tradition… Quatre-vingt quatre ans passent, et Pluton est aperçu au bout de la lunette d’un télescope en 1930. La même logique, issue rappelons-le de la tradition astrologique grecque, qui a présidé aux attributions domiciliaires d’Uranus et Neptune voudrait qu’on fasse de Pluton le maître du Bélier. Ce ne sera pas pourtant pas le cas. Quelques rares astrologues lui attribuent certes le Bélier, mais d’autres en pincent pour le Sagittaire (Volguine) ou les Poissons (Vouga). Finalement, c’est le Scorpion qui gagne au finish, et le système traditionnel des maîtrises est désormais bel et bien pulvérisé : avec Pluton maître du Scorpion, il n’a plus, ni logique interne, ni logique externe. Les astrologues qui croient à la maîtrise de Pluton sur le Scorpion sont en totale rupture avec la Tradition… alors même que, paradoxalement, c’est parmi eux que l’on trouve les plus ardents défenseurs du patrimoine astrologique grec ! Pour plaider leur cause, ils mettent en avant les ressemblances entre les caractéristiques astro-psychologiques plutoniennes et celles du huitième Signe, et la dissemblance évidente entre le sombre et étrange Pluton et le Bélier franc et clair. On sait pourtant à quel point les Anciens tenaient à la logique (?) interne de leurs maîtrises planétaires. Pour la légitimer, ils n’ont en aucun cas procédé à une évaluation systématique des « ressemblances » ou « dissemblances » astro-psychologiques entre astres et Signes. Une fois postulé, a partir d’une prétendue « raison naturelle » soutenue par une démarche tautologique que les deux luminaires étaient domiciliés en Cancer et Lion, et que la répartition des domiciles devait suivre impérativement l’ordre planétaire pythagoricien, c’est avec un froid et abstrait esprit de système, exempt de toute considération astro-psychologique, qu’ils ont distribué les maîtrises. Et ce n’est qu’une fois cette opération accomplie qu’ils ont commencé à s’intéresser aux analogies entre les domiciles et leurs maîtres : une attitude qui est très exactement l’inverse de ceux qui plaident en faveur des similitudes astro-psy entre Pluton et le Scorpion. Le zodiaque est-il d’essence solaire ? Quels sont les phénomènes objectifs qui peuvent rationnellement fonder la relation astre-signe ? Par-delà les symboles et les analogies dont l’homme habille et parfois travestit le réel, c’est sans doute vers les réalités astronomiques qu’il faut se tourner pour trouver des éléments de réponse. Dans le passé, tous les astrologues sérieux (Ptolémée, Kepler, Cardan pour ne citer qu’eux) étaient en même temps astronomes : même lorsqu’ils se trompaient, ils savaient en général de quoi ils parlaient. De nos jours, trop nombreux sont les astrologues qui ignorent tout ou presque du réel astronomique, lequel fonde pourtant le réel astrologique. Le zodiaque et les planètes sont ainsi devenus de pures abstractions langagières avec lesquelles on peut jongler intellectuellement, comme s’ils n’avaient pas de réalité en soi. À l’époque de la naissance de l’astrologie hellénistique, il faut bien reconnaître que, comme aujourd’hui, les astrologues-fumistes, ignares des choses de l’astronomie, étaient déjà légion. Ainsi est-il d’usage d’imaginer le zodiaque comme une espèce de ruban circulaire mythique, large d’environ 17° et de rayon indéfini, qui tournerait autour de la Terre et sur lequel circuleraient de non moins mythiques astres du système solaire et toutes sortes de points fictifs (Lune noire, planètes imaginaires, Parts diverses, etc). Ce ruban serait subdivisé en douze parties égales et aurait une « essence solaire ». Chacun de ces douze secteurs zodiacaux aurait une qualité Élémentaire (Feu-Terre-Air-Eau) et serait gouverné par un ou deux astres. Le point de vue astronomique. La réalité astronomique est toute différente. En fait, astronomiquement, le zodiaque n’a pas d’autre réalité que géocentrique : il est l’inclinaison de la Terre sur son orbite. Il est donc d’essence terrestre, et non solaire. Si l’axe de la Terre n’était pas incliné sur son orbite, la rotation solaire apparente s’effectuerait dans le plan équatorial et il n’y aurait donc pas d’intersection entre plan écliptique et plan équatorial, pas de déclinaisons boréales ou australes, ni solstices ni équinoxes et par conséquent pas de variation des durées diurnes et nocturnes, et en définitive pas de zodiaque. Le zodiaque photopériodique pour une latitude nord moyenne de +45° Les Signes du zodiaque ne tirent, au fond, leur réalité objective et leurs significations concrètes que de leurs déclinaisons et du rapport de leurs durées diurnes et nocturnes, leur équilibre, leur caractère croissant ou décroissant. Et ces variations des durées diurne-nocturne (pour le Soleil) et des temps de présence-absence par rapport au plan de l’horizon (pour la Lune et les planètes) sont elles-mêmes induites par les déclinaisons, lesquelles sont dues à l’inclinaison de la Terre sur son orbite… Le zodiaque n’est donc nullement d’essence solaire. Il s’en suit qu’il n’est pas non plus saisonnier, les saisons terrestres étant déterminées par la croissance et la décroissance annuelle des durées d’ensoleillement. La conception saisonnière, et donc solaire du zodiaque, produit d’ailleurs des résultats absurdes : imaginez un individu ayant le Soleil en Lion, Mars en Balance, la Lune en Capricorne et Jupiter en Taureau. Il est donc né en été, saison « chaude et sèche ». Si l’on s’en tient à la conception solaro-saisonnière du zodiaque, les feuilles mortes devraient commencer à recouvrir Mars en Balance (il est en automne « sec et froid »), la neige devrait tomber sur la Lune en Capricorne (elle est en hiver « froid et humide ») tandis que les marguerites seraient censées s’épanouir dans l’herbe verdoyante du milieu de printemps pour Jupiter en Taureau (il est en printemps « chaud et humide »). Le zodiaque des déclinaisons Que se passe-t-il dans la réalité ? Rien de tout cela. C’est l’été pour toutes les planètes, et il ne neige dans aucun coin du thème natal de notre sujet : tant mieux pour lui, il risquerait un chaud-et-froid ! Plus sérieusement, considérons le cas de la Lune : elle ne se trouve pas « en hiver » et il ne fait pas froid sur les 30° de zodiaque du Capricorne : elle occupe tout simplement une position comprise entre −23° 45 et −20° 16 de déclinaison sud, donc dans le Signe du Capricorne, ce qui lui vaut une durée de présence au-dessus de l’horizon comprise entre 8 h 03 et 8 h 43 pour la latitude de Paris. Pluton/Scorpion est Balance ! L’écliptique, trajectoire apparente du Soleil autour de la Terre, sert de plan de référence zodiacal : les longitudes zodiacales des planètes, que l’on trouve dans nos éphémérides, sont calculées à partir de la projection de leur position réelle sur le plan écliptique. Il ne faut pourtant pas oublier que les orbites planétaires sont toutes inclinées par rapport au plan écliptique, et que les planètes ne suivent donc pas fidèlement la trajectoire solaire. Cette hauteur, positive ou négative, par rapport au plan écliptique s’appelle la latitude céleste. C’est à cause de ces latitudes célestes que la bande zodiacale a été conventionnellement élargie d’environ 8° 30 de part et d’autre de l’écliptique. Vous me direz : « Mais qu’est-ce que cela a à voir avec les maîtrises ? ». J’y viens. Prenons le cas de Pluton, dont le domicile est censé être le Scorpion. Son périhélie (distance minimale au Soleil) se situe dans la direction du 21° Scorpion. À son périhélie, Pluton, dont le plan orbital est incliné d’environ 17° sur l’écliptique, a une forte latitude céleste Nord (+ 14°28’), et donc une déclinaison supérieure à celle du Soleil à 21° Scorpion. Pour le vérifier, prenons nos éphémérides à la date du 1/12/1991, date à laquelle la position de Pluton, projetée sur le plan écliptique, est précisément 21° Scorpion, et notons sa déclinaison : elle est de −4° 01 sud. Cherchons maintenant à quelle date le Soleil a la même déclinaison : c’est le 04/10/1991, et le Soleil se trouve alors à 10° Balance. Pluton à 21° Scorpion a donc les mêmes caractéristiques zodiacales (déclinaison, temps de présence-absence au-dessus de l’horizon) que le Soleil à 10° Balance. Généralisons : lorsque Pluton est dans le premier décan du Scorpion, il a des rythmes Vierge, et dans les deux derniers décans du Scorpion, des rythmes Balance. La logique demanderait alors d’interpréter un Pluton en longitude écliptique fin Scorpion comme un Pluton-Balance. Vous voyez sans doute maintenant où je veux en venir à travers cet exemple : Pluton est actuellement en Scorpion, donc apparemment « en dignité » dans son domicile. Ceux qui croient aux maîtrises planétaires en ont tiré et en tirent encore toutes sortes de conjectures sur le plan individuel et collectif, alors qu’en réalité Pluton se comporte comme un astre en Balance… Avis à la population friande de Maîtrises : ce n’est qu’à partir du 17/10/2000 que Pluton commencera à avoir de vrais rythmes Scorpion, jusqu’au 15/02/2014. Il passera alors, en longitude écliptique, du 11° Sagittaire au 13° Capricorne. Le cas de Pluton est extrême : en effet, il est l’astre dont le plan orbital est le plus incliné par rapport à celui de l’écliptique. Mais les plans orbitaux de toutes les planètes étant plus ou moins inclinés sur l’écliptique, on pourrait en déduire, en toute rigueur astronomico-astrologique, que chaque planète a son zodiaque à elle, qu’elle en est la « maîtresse », et qu’elle seule s’y trouve « en domicile ». Définition rationnelle du rapport astre/Signe Pour mieux évaluer l’absurdité profonde du système des maîtrises planétaires, prenons l’exemple de Pluton à 21° Cancer le 03/12/1930 et décrivons quelques-uns des aspects de ce phénomène céleste : ▶ 1. La planète Pluton, dont la durée de révolution sidérale est de 247,7 ans et qui se trouve en moyenne à une distance d’environ 4276 000 km de la Terre… ▶ 2. … a une déclinaison de + 21° 58 nord (référentiel géocentrique dû à l’inclinaison de la Terre sur son orbite) et une latitude écliptique de + 0°06, ce qui est une déclinaison Gémeaux... ▶ 3. … et à la latitude de Paris, son arc diurne (temps de présence au-dessus de l’horizon) est de 15 h 20 (référentiel topocentrique, propre à la latitude du lieu d’observation terrestre). Cette description rationnelle montre que le Signe n’est jamais qu’une fréquence géocentrique de l’astre. Le Signe n’a aucun existence en soi. Si l’on enlève Pluton et ses caractéristiques astronomiques de cette description, il ne reste plus que la déclinaison et l’arc diurne d’un objet céleste inexistant : « Un Signe sans planète est une abstraction astronomique ». Ce rapport astre-Signe étant rationnellement établi, on peut alors, comme le dit par exemple André Barbault, penser qu’« un jeu d’interférences s’établit où la planète se trouve tonalisée par les valeurs du Signe, en même temps que le signe se trouve en quelque sorte coloré par les tendances de la planète », sachant toutefois que la planète ne va pas changer de nature en changeant de Signe : l’astrologie est planétaire avant d’être zodiacale. Prenons un nouvel exemple : Mars en Bélier. L’astre est alors « en domicile » dans un de « ses » Signes : ▶ 1. La planète Mars, dont la durée de révolution sidérale est de 1 an 322 jours et qui se trouve à une distance comprise entre 55 et 400 millions de km de la Terre… ▶ 2. … a une déclinaison comprise entre + 0° et + 11° 48 nord s’il n’a pas de latitude écliptique… ▶ 3. … et à la latitude de Paris, son arc diurne est compris entre 12 h et 13 h 48. Par quel prodige la planète Mars, qui se trouve en moyenne à des centaines de millions de kilomètres de la Terre, serait-elle le « maître » d’une section d’écliptique, le « propriétaire » d’une portion de zodiaque, bref le « gouverneur », dignifié et réjoui, d’une fraction de l’inclinaison de la Terre sur son orbite ? Vous imaginez-vous l’énormité, l’absurdité de cette affirmation ? Pour quelles raisons logiques Mars serait-il « en dignité » lorsque sa déclinaison est de 5° nord (Bélier) et « en débilité » lorsqu’elle est de 15° nord (Taureau) ? Et que se passe-t-il lorsque Mars, sans latitude céleste, se trouve exactement à 11° 48 de déclinaison nord, c’est à dire exactement à la frontière entre Bélier et Taureau ? Est-il digne ou débile ? Débilodigne ? Dignodébile ? Domicilié ou SDF ? Et si l’AS se trouve exactement à 0° Taureau, c’est à dire à 11° 48 de déclinaison nord, le maître d’AS — lequel concourt, selon l’astrologie à maîtrises, au titre de la dominante —, est-il Mars ou Vénus ? Inutile de préciser que de tels délires réjouissent nos adversaires, les anti-astrologues rationalistes. Ils y puisent d’excellentes et légitimes raisons de penser que l’astrologie ne peut en aucun cas prétendre au statut de science. Y a-t-il des affinités Astre/Signe ? Certaines fréquences géocentriques des astres (certains Signes donc) favorisent-elles une mise en valeur de leurs caractéristiques intrinsèques ? Certaines autres fréquences sont-elles à même de les contrarier ? Mars est-il plus à son aise lorsqu’il se trouve à 5° de déclinaison nord (Bélier), avec un temps de présence au-dessus de l’horizon compris, pour la latitude de Paris, entre 12 h 00 et 13 h 48 ? Si c’est bien le cas, cela signifie que la fonction marsienne a une « préférence » pour les déclinaisons nord croissantes et pour les durée diurnes presque égales mais sensiblement supérieures aux nocturnes, qui lui « correspondent » mieux que d’autres. Pourquoi pas ? Mais alors, comment se fait-il que le même Mars a une affinité, une préférence (un « domicile » dans la terminologie des maîtrises) pour le Scorpion, Signe qui se caractérise par une déclinaison sud croissante de −11° 48 à −20° 16, ce qui induit pour la latitude de Paris un arc diurne compris entre 10 h 12 et 8 h 42, ce qui signifie que les déclinaisons sud croissantes et les durées nocturnes nettement supérieures aux diurnes ont cette fois sa préférence ? Le seul point commun astronomique entre Bélier et Scorpion est la croissance de leurs déclinaisons, caractéristique qu’ils partagent avec Taureau, Gémeaux, Balance et Sagittaire. Si l’on veut être (astro)logique, Mars devrait donc être en domicile dans tous les Signes de Printemps et d’Automne. Mais Mars a également une « préférence » pour le Capricorne, puisque c’est son Signe d’exaltation. Or un astre en Capricorne sans latitude céleste a une déclinaison sud décroissante comprise entre 23° 45 et 20° 16, ce qui correspond pour la latitude de Paris à un arc diurne compris entre 8 h 03 et 8 h 43… Mars aurait donc également une affinité avec de très courtes durées de présence au-dessus de l’horizon… Notons au passage un autre effet absurde de la théorie des maîtrises et exaltations lorsqu’on la combine avec celle des aspects : Mars est maître du Bélier et exalté en Capricorne, Signe qui se trouve à 90° du Bélier. Ce qui signifie que lorsque Mars forme son carré décroissant (aspect réputé « maléfique ») à son domicile, il est en pleine exaltation. Ce concept d’« exaltation maléfique » n’a pas été assez creusé par ceux qui défendent les maîtrises planétaires. Par contre, le domicile Solaire (Lion) est à 120° (trigone) de son Signe d’exaltation (Bélier)… Quant à Saturne, maître du Capricorne et du Verseau, il est à la fois au carré et au trigone de son lieu d’exaltation (Balance). Faut-il pour cette raison forger le concept d’« exaltation bénéfico-maléfique » ? Et ou est la logique dans tout ça ? Les mêmes considérations valent pour les maîtrises et exaltations des autres planètes. Il n’y a strictement aucun logique naturelle dans la distribution des domiciles, et donc pas plus dans celle des chutes et exils. Les prétendues « affinités » n’ont aucun fondement objectif. Il y a donc lieu de douter de leur existence. « Une fonction planétaire s’exprime en tant que telle dans le Signe (rythme géocentrique) où elle se trouve à un moment donné de son cycle. Il ne saurait donc y avoir aucune contradiction dans la relation astre-Signe… Une planète exprime dans n’importe quel Signe les richesses et carences propres à sa nature et à sa fonction. En soi, la présence dans un Signe plutôt que dans un autre ne saurait en aucun cas faire préjuger de ses forces et faiblesses, de ses tendances adaptées ou inadaptées ». Bélier mous et Cancer bagarreurs Qu’il y ait une « relation précise » entre astre et Signe est évident. Que cette relation soit d’ordre strictement hiérarchique (vertical), ce qu’implique le concept de « tutelle », ne l’est pas. Il existe pourtant d’autres types de relations possibles, basées sur l’égalité et la coopération (relations horizontales). Certes, A. Barbault, par exemple, ne néglige pas de constater que « la terminologie naïve des Anciens (Trine, Chute) choque l’esprit moderne […] mais rajeunir le vocabulaire, substituer à ces termes magiques des mots savants, moins poétiques, ne change rien à l’affaire ». L’astro-psychologie d’André Barbault fait donc sienne la théorie de la « tutelle » de chaque astre sur un signe précis, sans la justifier autrement que par la référence, purement historique et culturelle, aux « Anciens ». Ce rapport hiérarchique astre-Signe est d’ailleurs pour lui si évident que, dans son avant-dernier ouvrage paru, dans lequel il remet par ailleurs en question les qualités Élémentaires traditionnelles des Signes, il ne songe pas à le redéfinir ou le préciser. Et c’est sans aucune explication sur les causes objectives de cette relation de « tutelle » qu’il affirme, p. 77, que « le zodiaque des éléments est le zodiaque planétaire » et qu’en conséquence, « chaque Signe est doté de l’élément de la planète rectrice ». Dans la pratique, l’utilisation systématique des Maîtrises planétaires peut aboutir à de grossiers contresens, à de profondes erreurs d’interprétation. On peut avoir une dominante zodiacale Bélier et n’être pas marsien… et même avoir une fonction marsienne très faible et très dévalorisée. N’avez-vous jamais rencontré des Bélier mous, affligés par une fonction lunaire dominante et dissonante ? De même, une dominante Cancer n’implique pas une dominante planétaire lunaire : avec un Mars angulaire, notre Cancérien n’aura rien d’un rêveur, et vous avez certainement déjà croisé le chemin d’un Cancer réaliste et combatif qui se soucie comme d’une guigne du confort de son home, sweet home lunaire… En guise de conclusion, un exemple, celui de Raymond Peynet, né le 16/11/1908 à 7 h 50 à Paris, Scorpion ascendant Scorpion de son état. Le créateur et dessinateur des célèbres, tendres, romantiques et mièvres « amoureux » devrait, si l’on en croit la doctrine des maîtrises planétaires, être un sombre, obsédé sexuel et agressif marso-plutonien… cherchez l’erreur ! Citation d’André Barbault tirée de son livre L’Univers astrologique des quatre Éléments : « Le zodiaque des Éléments est le zodiaque planétaire. Chaque signe est doté de l’Élément de la planète rectrice. Ainsi, le Feu règne dans les signes marsiens du Bélier et du Scorpion, comme dans le signe solaire du Lion ; la Terre dans les signes mercuriens des Gémeaux et de la Vierge, ainsi que dans les signes saturniens du Capricorne et du Verseau ; l’Air dans les signes vénusiens du Taureau et de la Balance, ainsi que dans le signe jupitérien du Sagittaire ; et l’Eau dans le signe lunaire du Cancer et le signe neptunien des Poissons. C’est le planétarisme que nous retrouvons ici, prolongé dans une reconstitution zodiacale, et c’est lui qui doit servir de référence pour nos interprétations de type tempéramental. » Les figures ci-contre représentent, à gauche, les Éléments traditionnels des Signes zodiaque et les Maîtrises planétaires correspondantes, et à droite les nouveaux Éléments affectés aux Signes par Barbault. On remarquera la redoutable logique et la parfaite cohérence d’André Barbault : tous les Signes sauf les Poissons (pourquoi ?) héritent de l’Élément de leur planète « Maîtresse » traditionnelle (avant la découverte des transsaturniennes). Le « Maître » traditionnel du Poissons étant Jupiter, le Poissons aurait dû être un Signe d’Air. Mais André Barbault en a décidé autrement, sans doute parce que cela le gênait qu’il n’y ait qu’un seul Signe d’Eau, le Cancer. Il a donc décidé arbitrairement d’inclure Neptune dans la Tradition et d’exclure Uranus et Pluton… tout en continuant à utiliser les Maîtrises de ces deux Planètes non-traditionnelles sur le Verseau et le Scorpion dans sa pratique. Admirez la rigueur… Article paru dans les n° 4 & 5 du Fil d’ARIANA (octobre 1995 & avril 1996) et dans L’Astrologue (4e trimestre 1996). Cet article vous a été proposé par Richard Pellard Article suivant — Critique de la doctrine des quatre Éléments en astrologie traditionnelle Voir aussi :

mercredi 9 mars 2022

Jacques Halbronn Le dispositif héliocentrique des maitrises planétaires dans la Tétrabible de Ptolémée

Jacques Halbronn Le dispositif héliocentrique des maitrises planétaires dans la Tétrabible de Ptolémée La Tétrabible comporte des éléments à caractère héliocentrique peu compatibles avec le géocentrisme de l’auteur de l’Almageste. Si l’on examine l’exposé des maitrises planétaires, outre nos précédentes remarques concernant le rajout de Saturne, on doit s’arrêter sur le statut du Soleil. Il y a plusieurs façons d’interpréter l’agencement des astres et notamment des « luminaires ». I L’on peut statuer que l’on a placé en tête, au sommet, les deux luminaires, à savoir le Soleil et la Lune. On retrouve cela avec l’ordre des jours de la semaine. II Le Soleil se trouve au point Zéro, suivi de la Lune, puis de Mercure et ainsi de suite selon les révolutions successives mais dans ce cas, ne se trouverait-on pas dans une perspective héliocentrée? Qu’est ce à dire? Y a t-il disparité, syncrétisme comme nous en avons signalé dans l’Ancien Testament, dans d’autres domaines? Normalement, le Soleil, selon le géocentrisme, devrait se trouver entre Vénus et Mars, la Lune restant à sa place avec sa révolution inferieure, en tout état de cause à celle de Merure. Il convient de se référer au dispositif des « heures planétaires » qui est, quant à lui, géocentré du fait même qu’il ne place pas le Soleil avec la Lune mais entre Vénus et Mars. Il y a donc deux présentations différentes, celle des jours de la semaine avec le Soleil et la Lune en tête -ce que nous qualifions d’héliocentrée et celle des heures planétaires, que nous relions à une astrologie « géocentrée ». L’origine de la semaine de 7 jours est probablement astronomique et liée à la Lune : 7 jours représentent en effet un quart de lunaison environ. Les noms des jours sont, eux, liés aux planètes dans la plupart des langues indoeuropéennes. Pour les astrologues, anciens et modernes, chaque heure de la journée est sous l’influence d’une des sept planètes traditionnelles : Saturne, Jupiter, Mars, Soleil, Vénus, Mercure et Lune. Cette succession a engendré l’ordre des noms des jours de la semaine. Jacques Halbronn Le dispositif héliocentrique des maitrises planétaires dans la Tétrabible de Ptolémée dans ASTROLOGIE symb_saturne symb_jupiter dans ASTROLOGIE symb_mars symb_soleil symb_venus symb_mercure symb_lune Saturne Jupiter Mars Soleil Vénus Mercure Lune Symboles astrologiques des planètes heptagramme_semaine Figure 2 joursemaines JHB 08 03 22

samedi 4 avril 2015

Copernic et Ptolémée

68 Le systeme heliocentrique Nicolas Copernic - YouTube

www.youtube.com/watch?v=2KemihYa3GQ
15 mars 2015 - Ajouté par Santana Bever
Copernic a changé notre point de vue sur l'univers en réfutant le géocentrisme décrit dans « l'Almageste » de ...