Faculté Libre d'Astrologie de Paris (FLAP)

Le but de ce blog est lié à la création en 1975 du Mouvement Astrologique Universitaire (MAU) . Il sera donc question des passerelles entre Astrologie et Université mais aussi des tentatives de constituer des enseignements astrologiques.
Constatant les lacunes des astrologues dans le domaine des
sciences sociales (hommes et femmes, structures
nationales et supranationales etc), la FLAP assurera à ses
étudiants des connaissances de première main et les plus
récentes qui leur serviront de socle pour appréhender
l'astrologie et en repenser les contours.
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lundi 22 août 2016

jacques Halbronn Le statut de l'astrologie en France de 1653 à 1759. Contrevérités et anachronismes

Le statut de l’astrologie en France de 1653 à 1759. Contrevérités et anachronismes.
par  Jacques  Halbronn

Les années 1653-1656 furent marquées par la mort quasi simultanée de deux professeurs au Collége Royal  de France, fondfé par François Ier,  Pierre Gassendi (entré en 1645 ) et Jean-Baptiste Morin (de Villefranche en Beaujolais) entré dès 1629. Ils y occupèrent jusqu’à leur mort  les  deux chaires de Mathématiques. Tous deux s’intéressaient( à l’astrologie, si ce n’est que Gassendi entendait la pourfendre et Morin la défendre.
En 1666,  Colbert fonda, à la demande du roi, l ‘Académie Royale des Sciences et dès 1667 fut mis en chantier l’Observatoire de Paris lequel ne fut achevé qu’autour de 1672. Ce n’est qu’en  janvier 1699,, que fut instauré le premier règlement de l’Académie, où l’on trouve la liste des professions jugées scientifiques et dont l’astrologie ne faisait pas partie mais il n’y a rien  d’indiqué (index) explicitement à son encontre.  Son article IV stipule simplement  que. - » Les pensionnaires seront tous établis à Paris : trois géomètres, trois astronomes, trois mécaniciens, trois anatomistes, trois chimistes, trois botanistes, un secrétaire et un trésorier. » On notera  par ailleurs l’absence des historiens. Cela dit,  ces trois astronomes  mentionnés  n’étaient pas nécessairement tout à fait étrangers à l’astrologie.
On lit souvent dans les ouvrages d’astrologie que 1666 fut une année fatale pour l’astrologie. Il n’y a rien de fondé dans une telle affirmation et nous avons montré que pendant les premières années de son existence, l’Académie eut bel bien à entendre des exposés relatifs à l’astrologie judiciaire (cf  notre postface à notre édition du comemntaire du Centiloque de Nicoals Bourdin, Paris, Trédaniel, 1993).
On a cru également que la fondation de l’Observatoire avait eu pour effet de libérer les astronomes de l’emprise alimentaire de l’astrologie, dès lors qu’ils étaient pris en charge par l’Etat. Or, il semble que le métier d’astronome continua pendant  au moins une cinquantaine d’années à ne pas permettre de gagner sa vie. C’est ainsi qu’en mai   1718, un candidat à la chaire d’astronomie du Collége de France – jusqu’à présent, il n’y avait pas eu d’astronome à proprement parler au dit Collége- Joseph Nicolas Delisle, appuyait sa requéte – il y fut effectivement intégré en cette même année, par l’argument suivant, dans une lettre à Réaumur:;
« je me trouve réduit, si j’ose le dire, à calculer pour l’astrologie judiciaire et ainsi à prostituer l’Astronomie à des recherches pour lesquelles j’ai un souverain mépris ».
50 ans après ce prétendu arrêt de mort de l’astrologie de 1666- qui fait très injustement de Colbert une sorte de fossoyeur de l’astrologie- l’astrologie continue à faire partie du bagage des astronomes français auxquels on s’adresse en ce sens.
Au demeurant, la production astrologique français après 1666 prospéra comme en témoigne l’œuvre d’un Eustache Lenoble, baron de Saint Georges (cf notre étude  en postface de l’Astrologie du Livre de Toth, d’Etteilla, reprint  Ed  Trédaniel, 1993) et auquel Patrice Guinard consacré (dans Astralis 1987) une étude, à la suite des données que nous lui fournîmes dans le cadre de la Bibliotheca Astrologica. L’Uranie ou les Tableaux des Philosophes parut à Paris, édité par l’auteur et  diffusé par plusieurs libraires, en 1694.. Cela comporte une véritable défense et illustration de l’astrologie/ Des rééditions posthumes (Lenoble étant mort en 1711) se firent en 1718  et 1726 dans le cadre des. « Œuvres de Mr Le Noble « , en 19 volumes.-cette fois en Hollande.  Philippe Hourcade. (Entre Pic et Rétif Eustache Lenoble (1643-1711) Paris, Aux amateurs de livre, 1990 ,pp. 313  et  seq) résume l’Uranie sous le sous titre de   »Astrologie tempérée », et il y apparait clairement qu’une telle apologie de l’Astrologie -que l’auteur coudrait certes  »restreinte »  dans certaines bornes – ce qui sous entend qu’il y eut des excés - pouvait parfaitement être imprimée dans les années 90 du XVIIe siècle. Hourcade souligne que Lenoble fut aussi un « faiseur d’horoscopes » Il en aurait tiré plus de 4000.  Ajoutons que Pierre Bayle - dans ses Pensées sur la Cométe,  citait Lenoble comme un digne représentant de l’Astrologie de l’époque - et c’est d’ailleurs cet hommage qui nous conduisit à nous intéresser au dit Lenoble. Le cas de l’astrologie n’était donc pas complétement réglé à l’aube du siècle suivant et ce n’est que  rétroactivement que l’on  se permet d’affirmer que son sort avait été tranché par un Colbert dès 1666, ce qui  est proprement anachronique.
Que donc  penser de l’affirmation qui suit  figurant à l’article Jean-Baptiste Morin de Villefrance ( rédigé en fait par Claude Thébault)  à propos de la parution en 1661 à La Hayé de l’Astrologia Gallica :: « En effet, l’Eglise et le pouvoir royal interdisaient l’astrologie judiciaire dans le royaume de France, alors que les Pays Bas protestants la toléraient. » L’étude de la production astrologique en France dans les années qui suivirent la mort de Morin na valide absolument pas une telle assertion et si l’ouvrage parait en Hollande, ce n’est nullement en raison d’une quelconque interdiction. On notera que dans ce cas,  cela aurait été avant la date fatidique de 1666 que la censure contre les ouvrages d’astrologie se serait exercée. On sait par ailleurs que Morin fournit dans ses Remarques Astrologiques de 1654,  une description très détaillée de son Astrologia Gallica dont il est probable qu’il y eut une précédente édition chez l’auteur et en tout cas certainement une diffusion manuscrite dès 1650.
Bien pis,  Thébault   conclut que ce sont les hériitiers de Morin qui seraient les auteurs de l’Astrologia Gallica:Morin n’est pas l’auteur du livre Astrologia Gallica paru à la Haye en 1661.  Il écrit dans Wikipédia : » Les auteurs sont ses héritiers, ainsi qu’il en est fait mention dans le Privilège Royal d’exploitation de mai 1658, figurant dans l’édition française de Vie de Morin parue en 1660. » Or,  il est simplement indiqué  (cf l’exemplaire numérisé de la Vie du Sieur Morin, à la BNF, en ligne):  qu’il ‘est permis aux héritiers du défunt Maistre Jean-Baptiste Morin de faire imprimer, vendre et débiter quelques ouvrages et traités  de mathématiques (sic) intitulés  Astrologia Gallica, ensemble la vie du sieur Morin «    une telle mention ne concerne en aucune façon l’identité de l’auteur des ouvrages et il est parfaitement normal que le privillége d’une œuvre soit accordé aux héritiers d’un auteur ». Par ailleurs, un tel privilége montre qu’il n’y avait en principe aucun obstacle, contrairement à ce qu’affirme Thébault, à ce que l’Astrologia Gallica parût dans le royaume de France! D’ailleurs la vie de Motin paraitra à Paris en 1660 (à distinguer d’ailleurs de la « Vita Morini », figurant dans l’Astrologia Gallica)
. On connait le cas du comte Henry de Boulainvillers dont les traités manuscrits (1711-et 1717) circulèrent  certainement mais ne furent pas imprimés . Les éditions sont du milieu du XXe siècle.
  • Traité d’astrologie. Pratique abrégée des jugemens astronomiques sur les natiuités [1717], Éd. Renée Simon, Garches, Éditions du Nouvel Humanisme, 1947.
  • Astrologie mondiale. Histoire du mouvement de l’apogée du Soleil ou pratique des règles d’astrologie pour juger des événements généraux [1711], Éd. Renée Simon, Garches, Éditions du Nouvel Humanisme, 1949.
La production astrologique française   ne fléchit point dans la seconde moitié du XVIIe siècle mais on pourrait dire dans celle du siècle suivant, baptisé Siècle des Lumières. En touit état de cause, l’astrologie ne fut pas prohibée en France mais souffrit de l’indifférence de la part des élites, et cela n’a guère changé d’ailleurs depuis. En laissant croire que l’Astrologie n’avait plus droit de cité en France – on est bien loin ici de la situation des Protestants au lendemain de la Révocation en 1685  de l’Edit de Nantes qui les fit notamment partir aux Pays Bas!-  on minimise  un processus de discrédit scientifique à l’œuvre qui n’a rien à voir avec la décision du pouvoir politique d’un Colbert ou de l’un de ses successeurs.  On ajoutera que le fait de parvenir à prévoir le retour de la Cométe de Halley, fit sauter un des derniers bastions de l’Astrologie, En effet, l’Eglise resta longtemps impressionnée par le passage des cométes, du fait même de l’incpacité prolongée des astronomes à en prévoir le cours. En 1757,  l’astronome  Lalande se mit en tête de prévoir son retour et  lorsque le 13 mars 1759  la comète (qui revient tous les 76 ans)  réapparut en décembre 1759  avec un passage au périhélie, ce fut un triomphe. Désormais, le ciel se trouvait totalement démythifié. Et ce n’est pas la découverte d’Uranus en 1781 qui allait rien y changer. Bien au contraire, c’est tout l’édifice de l’astrologie ptoléméenne  (Tétrabiblos)- construit autour du « septénaire »  qui s’en trouvait atteint  bien plus que les effets des travaux de Copernic sur l’héliocentrisme.  Et ce ne sont pas les efforts d’intégration de ces nouvelles planétes (inconnues et invisibles dans l’Antiquité)  qui furent en mesure de réhabiliter  l’Astrologie aux yeux des astronomes, même quand il s’agit de soutenir que ces nouvelles planétes avaient en quelque sorte été prévues dans le systéme du zodiaque à 12 signes, supposé correspondre à 12 planétes.



JHB
22 08 16

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